Il y’a un an…

Il y’a un an il faisait beau et même doux, presque trop pour un mois de mars. J’avais passé la matinée en cuisine car je ne savais pas quel était le programme du soir. D’ailleurs ça m’agaçais, je suis comme ça je n’aime pas quand tout n’est pas un minimum programmé. Maman était allée te chercher la veille et vous deviez passer à la maison en début d’après-midi pour prendre le goûter avec nous. J’avais l’espoir que vous resteriez peut-être alors j’avais prévu au cas où.

Tu revenais de 4 mois en enfer et j’étais tellement contente de te savoir rentré sain et sauf,  enfin c’est ce que je croyais. Comme à chaque fois que tu partais en mission à l’étranger je t’avais eu régulièrement au téléphone, enfin autant que le permettait le réseau. Je savais que cela avait été dur, très dur. C’était la première fois que tu regrettais presque d’être parti, la première fois que tu comptais les jours avant de rentrer. Ici aussi on comptait les jours qui te feraient quitter cet enfer.

Malgré tout j’aimais bien quand tu partais parce que j’avais de tes nouvelles. Sinon le reste de l’année on communiquait peu. La faute au manque de temps peut-être, parce qu’on n’avait pas toujours grand-chose à se raconter : nos vies était diamétralement opposées, et puis on savait que l’on s’aimait, c’était ça le plus important. Alors, tant que j’avais des nouvelles par Maman ou Elisa, je ne m’inquiétais pas plus que cela. Mais quand une année, tu as arrêté de donner des nouvelles à toute la famille, sans nous laisser de numéro ou te joindre alors là je n’étais plus d’accord… et une fois que j’ai enfin réussi à t’avoir je ne me suis pas gênée pour te le dire, je t’ai interdit de disparaitre à nouveau. Et à l’inverse quand on a L’Homme a eu ses soucis de santé, tu as pris le temps de nous appeler pour prendre de nos nouvelles. Je ne te l’ai jamais dit mais cela m’avais beaucoup touché. Pour une famille qui parle tout le temps entre frère et sœur on ne peut pas dire que nous étions de grands communicants.

Avec Maman,  vous étiez en retard ce jour-là, enfin elle était en retard, comme souvent. Son rendez-vous dans une maison spécialisée pour Grand-Mère avait duré plus longtemps que prévu et une fois encore cela m’a agacé, je suis la psychorigide de la famille ! J’avais hâte de te voir, j’avais promis à Melle C. que tu viendrais la chercher à l’école. Elle voulait te montrer son école. Cela faisait presque un an que l’on ne t’avait pas vu. Tu repartais le lendemain, je voulais que les filles aient du temps avec toi.

Finalement,  vous êtes arrivés nous sortions tout juste de l’école. Je revois  encore Melle C. courir dans tes bras pour te faire un énorme câlin. Tu étais en t-Shirt, je t’ai traité de fou. Mais tu m’as répondu qu’il faisait beau et doux. C’est vrai il faisait beau et doux mais pas au point que je me balade en t-shirt ! J’étais heureuse que tu sois là avec nous.

Nous sommes rentrés à pieds à la maison, toi tenant la main de ta nièce et elle tellement fière de marcher au côté de son Tonton. Même ma Petite L. si sauvage a voulu faire comme sa sœur et t’a spontanément donné la main. Elle ne t’a quasiment pas quitté de l’après-midi. Tu as même, par la suite, été de corvée de chaussures. Je n’en revenais pas. J’ai hésité à prendre une photo mais on traversait la rue et ensuite j’ai oublié.

C’est peut être un de mes plus grands regrets de cet après-midi-là, ne pas avoir pris de photos. Mais j’avais envie de profiter de ces instants où nous étions presque tous réunis à la maison. Et puis tu devais revenir dans 3 semaines, Maman était encore là pour un moment, on se reverrait bientôt.

Pendant que je finissais de préparer le goûter, tu as offert à tes nièces les deux jolis cadres que tu leur avais rapportés de là-bas : des papillons dans des cadres. Je n’ai jamais osé te demandé si tu avais choisi cela car tu te souvenais que leur chambre était décoré de papillons ou si ton choix c’était fait un peu par hasard. Après tout je m’en moquais, les filles étaient aux anges et moi aussi, c’était une attention tellement adorable de ta part.

Après le goûter nous sommes sortis au jardin, l’appartement était un peu petit pour tout le monde, et puis il faisait beau. Melle C. voulait te montrer son vélo. D’ailleurs j’ai profité que tu sois là pour te faire regonfler ses pneus. L’Homme ne l’avait toujours pas fait et je dois avouer que je ne suis pas douée pour ce genre de chose. En moins de deux c’était fini.

On tentait avec Maman et L’Homme d’inciter Melle C. a enlevé ses petites roues sur son vélo. Elle y était presque mais elle manquait encore un peu d’assurance. Mais voilà ses copines n’en avaient plus et elle avait le sentiment d’être moins douée qu’elles. Alors elle a voulu profité de son Tonton pour faire une nouvelle tentative. Je te revois toi le grand gaillard entrain de la tenir, et lui courir après, sans jamais t’énerver ou t’agacer. Depuis cet après-midi, elle n’a plus eu besoin des petites roues.

Et puis ça a été l’heure de partir, tu avais encore des choses à faire avant ton départ le lendemain matin, tu étais fatigué. J’étais un peu triste de ne pas te garder à la maison mais une fois encore ce n’était pas grave, on se revoyait dans 3 semaines. Cela allait vite passer. Un dernier câlin, un bisou, je n’ai pas pu m’empêcher de faire ma grande sœur en te rappelant d’être sage et ne pas faire n’importe quoi. Les filles t’ont embrassé et puis tu es parti…

C’est la dernière fois que je te verrais…

Il y a un an, il faisait beau et même doux, j’étais heureuse tu étais là, avec nous…

L.

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