Ma Petite L.

Voilà un moment que je veux écrire ce billet mais j’ai eu du mal à trouver les mots…

Ma Petite L. mon bébé d’amour, ma presque grande fille chérie, mon petit miracle…

Parfois j’essaye de me souvenir comment était la vie avant que tu ne sois dans notre vie et un peu comme j’ai du mal à imaginer la vie que nous avions avant ta sœur, j’ai du mal à me rappeler comment c’était avant toi.

Tu es tellement toi, à la fois si différente et si semblable à ta grande sœur.

Tu es cette petite fille qui depuis toujours sait ce qu’elle veut, ce qu’elle ne veut pas. J’ai l’impression que même ta conception a répondu à cette logique : c’est quand tu as voulu ! Tu nous imposes tes idées, tes volontés et à nous de faire avec ! Avec toi je dois réapprendre chaque jour à être ta maman, à être patiente. Tant que tu n’as pas décidé ce n’est pas la peine, et tu décides quand tu as envie et pas avant ! Tu sais depuis toujours ce que tu aimes, ce que tu veux, ce que tu ne veux pas. Tu déteste avoir tort, et tu es prête à  accuser un fantôme plutôt que reconnaître tes bêtises. Tu es ma petite gauchère dans une famille de droitier !

Tu es aussi cette petite fille qui, instinctivement sais quand il te faut être discrète, et cela avant même que je ne te le demande. Est-ce que parce que depuis que tu es là, notre famille n’a pas été épargné par les épreuves et le chagrin ? Ou parce que tu arrives à sentir plus finement qu’un autre enfant les changements ? Tu es cette petite fille qui attend avec moi patiemment des heures pour inscrire ta sœur au Conservatoire en comptant les minutes et en observant les escargots, qui lors d’un rendez-vous important demandera juste un feutre ou livre pour s’occuper, qui s’endormira tranquillement sur un canapé pendant un déménagement éprouvant, qui se fera oublier car elle comprend que ce n’est pas son tour…

Tu es cette petite fille qui veut toujours aller plus vite, comme si tu cherchais à rattraper ta grande sœur afin de te montrer à sa hauteur. Depuis toujours tu veux toujours faire comme une grande : manger à table et pas sur une chaise haute, t’habiller seule, faire du vélo de grande, grimper, apprendre à compter, grandir… Aujourd’hui, tu brûles d’apprendre à lire et à écrire pour faire comme ta sœur. Tu veux tellement être grande que parfois j’oublie que tu n’es pas encore vraiment une grande, que tu as le temps de grandir et que c’est à moi de m’assurer que tu prennes ce temps.

Tu es cette petite fille qui est si bien dans ton corps et si timide en même temps. Tu n’accordes que difficilement ta confiance, surtout si ta grande sœur est loin de toi. Je sais que parfois les autres, les inconnus se demandent si tu as un problème : pourquoi une si grande fille refuse de parler, de les regarder. Moi je sais que cela est ta manière de faire, je sais que ce n’est pas de l’impolitesse, ou autre chose, c’est juste que tu as besoin d’observer et d’analyser avant de savoir si tes interlocuteurs sont dignes de ta confiance. Et pourtant lorsque l’on te connait, on sait que tu te laisses facilement apprivoiser !

Tu es cette petite fille réservée, que certains trouvent trop sérieuses mais qui a un sens de l’humour déjà bien marqué. Qui n’aime rien d’autre que rire avec sa sœur et nous faire rire.

Parfois j’ai l’impression que tu es passée trop vite à la grande fille sans passer par la case bébé. Et puis tu m’expliques doctement qu’à la maison tu es bébé d’amour et à l’école tu es Petite L. Alors je suis un peu rassurée, je te prends dans mes bras pour faire le câlin du matin et cela quel que soit l’heure, je respire ton odeur et j’espère que ces moments dureront le plus longtemps possible.

Ma Petite L. mon bébé d’amour, ma presque grande fille chérie, mon petit miracle… je t’aime.

L.

Avoir le temps…

On croit toujours avoir du temps, du temps pour faire des choses sans importances, des choses importantes… Avoir du temps pour dire à ceux qui nous sont chers qu’on les aime… Rappeler à ceux qui comptent dans nos vies que nous sommes là… Avoir le temps de continuer des conversations commencées il y a si longtemps, trop longtemps.

Mais voilà parfois le temps s’arrête…  alors on n’a plus le temps pour faire les choses bien… Plus le temps de dire à ceux qui nous sont si chers qu’on les aime… Plus le temps pour passer cet appel si longtemps repoussé…

Il nous reste alors que le temps de pleurer ceux qui sont partis trop tôt… Prendre le temps de leur dire au revoir… Prendre le temps de se souvenir des bons moments passés ensemble…

Prendre le temps de dire à ceux qui sont encore là qu’on les aime… Parce que finalement on ne sait jamais combien de temps il nous reste.

L.

Etre forte…

Ces derniers temps c’est ce qu’il revient le plus : il faut que tu sois forte, tu es forte. J’ai parfois du mal à savoir si cela est un compliment ou pas mais par les temps qui courent j’avoue je prends tout ce qui est à prendre.

Mais qu’est-ce que cela signifie ? Etre forte pour quoi ? Pour gérer le quotidien ? Pour gérer nos filles ? Pour gérer la maladie ? Et être forte signifierai que je le fais ?

Est-ce parce que je donne l’impression de tout gérer ? C’est tellement facile pour moi de me plonger dans les choses du quotidien afin d’oublier, c’est ma façon à moi de fuir. Est-ce que je suis forte parce que je n’ai pas craqué en public ? Ou est-ce parce que l’on a décidé de rire de tout et surtout de la maladie ?

Seule je ne suis pas aussi forte que l’on pourrait le croire, je sais que c’est une façade que je me suis construite au fil des ans pour être à la hauteur de mon histoire familiale. Je passe ma vie à me battre pour ne pas reproduire les schémas des femmes de ma famille et en même temps à tenter de me montrer à leur hauteur.

Toutefois, la maladie m’a fait comprendre que oui j’étais forte. Cette force je la puise dans le regard de mes filles et de mon mari. Pour eux je suis prête à déplacer les montagnes et à me battre contre vents et marées. Sans eux, je ne suis pas grand-chose, juste une coquille vide. Depuis toujours on m’a appris à ne compter que sur moi-même pour ne pas être déçue. Aujourd’hui j’apprends, avec beaucoup de difficultés, à demander de l’aide car c’est aussi ça être forte : savoir s’entourer des bonnes personnes, connaître ses limites et se permettre de craquer.

Je ne suis pas forte, nous sommes forts et c’est aussi grâce à vous.

L.

Billet perdu dans les méandres de mon PC et que je viens de retrouver. Même si la maladie n’est plus là, je trouve qu’il n’en reste pas moins vrai.

Une sortie en namoureux…

Bonjour,

Hier L’Homme m’a proposé de faire une balade romantique et de découvrir un lieu encore inconnu : le service de radiothérapie situé au 2ème sous-sol de l’IGR. Je suis vraiment une petite chanceuse je trouve !

Je vais presque finir par me sentir comme chez moi à l’IGR. Nous commençons à prendre nos marques. Comme nous sommes des chanceux, nous avons maintenant le droit d’accéder au parking patients. Il y a du monde en effet, parfois certains essayent de resquiller et pense pouvoir s’y garer alors qu’ils n’ont ni convocation ni carte orange. Les petits malins ! Mais raté le factotum leur rappel rapidement les règles : pas de cancer pas de places.

Bref, tout ça pour dire qu’hier nous étions une fois de plus à l’IGR. Cette fois consultation avec le radiothérapeute. J’ai l’espoir d’avoir un peu plus d’informations sur les semaines à venir et le déroulement du protocole, parce que pour le moment j’ai un peu le sentiment que l’on nous balade de salle d’attente en salle d’attente. Bon j’exagère, depuis le Dr Moumoute nous n’avons plus eu à patienter. L’anesthésiste était quasiment à l’heure et pareil hier.

Nous avons donc rencontré Gentil Docteur. C’est lui qui assurera le suivi post-traitement de L’Homme. Par contre ce n’est pas une évidence que ce soit lui que L’Homme voit pour ses séances de rayons. C’est dommage car soyons clair : lui je l’aime bien. C’est le 1er qui a montré de la compassion et qui s’est intéressé à nous et pas qu’à la maladie.

Gentil Docteur a enfin pris le temps de nous expliquer ce qui allait nous arriver dans les prochaines semaines (mois), 7 semaines pour être exacte et croyez moi nous allons les compter ses semaines.

 C’est la première fois que l’on me demandait qui j’étais, que l’on s’intéressait à nos filles, que l’on m’expliquait spontanément que je pourrais avoir de l’aide pour elles si nous en ressentions le besoin. C’est probablement la première fois depuis début septembre que je ressors d’une consultation avec des réponses à mes questions et non pas encore plus de questions !

Pour faire simple L’Homme commencera le protocole le 14 octobre avec une fin prévue le 27 novembre. 3 cures de chimio avec hospitalisation pendant 2/3 jours et des rayons tous les jours en ambulatoire. Ah non pas tous les jours, nous avons nos week-end pour nous, la classe n’est-ce pas !

Cela va être éprouvant, difficile, long et épuisant pour toute la famille. Mais Gentil Docteur s’est voulu plus que rassurant : nous allons gagner cette guerre. Coup de bol, les effets de la 2ème chimio devraient avoir disparu pour l’anniversaire de Melle C. Bon il sera quand même loin d’être au top de sa forme mais il ne sera pas à l’hôpital au moins. Mais surtout, sans être totalement opérationnel et rétabli, il sera presque d’attaque pour Noël.

Moi je dis pour un après-midi romantique L’Homme a fait les choses bien ! Nous avons même pu rentrer à temps pour goûter avec nos filles !

Bisous

L.

Je vous promets…

Bonjour,

Enfin de retour ! Ce n’était pas le prochain billet que j’avais prévu de publier mais actualité oblige les autres attendront.

Ce billet il faut que je l’écrive pour le bien de ma santé morale, pour le bien de ma famille car à ressasser je vais devenir non seulement folle mais également aigrie. Tout tourne en boucle dans ma tête et je n’arrive pas à passer outre alors peut-être que jeter tout cela sur mon clavier cela m’aidera.

Maintenant toute la question est de savoir comment mettre tout ça en forme ! Peut-être en commençant par le commencement ! Pour planter rapidement le décor ce week-end nous étions « invités » chez les parents de L’Homme. Ils ont déménagé il y a 3 mois aux Sables d’Olonne (depuis le temps que j’en rêvais). C’était donc notre première visite (et s’il ne tenait qu’à nous la seule). Nous sommes arrivés samedi midi retour mardi matin.

Je crois que raconter de manière linéaire et temporelle notre week-end n’a pas grand-chose d’intéressant et je pourrais toujours raconter les bons moments (oui il y en a eu car j’ai des amies géniales) et les moments drôles dans un autre billet. Quand à vous raconter dans les moindres détails, ou même sans rentrer dans les détails d’ailleurs, ce qui me mets dans un tel état serait une prose pleine de méchanceté et d’immondices totalement indigeste à lire. Alors je vais tenter de trouver un autre moyen d’exorciser tant de méchanceté gratuite.

Lettre à mes filles adorées et à leurs futur(e)s conjoint(e)s

Je vous aime. Vous êtes les amours de ma vie. Je vous le répète tous les matins au lever et tous les soirs avant de vous coucher et à chaque fois que je le peux. Dans quelques années vous trouverez sûrement que je suis soûlante mais il me semble essentiel que vous le sachiez, que vous ne perdiez jamais de vu que quoiqu’il arrive dans nos vies vous êtes et vous serez toujours mes filles chéries, mes amours.

Cette lettre est ma façon de vous promettre que je ne serais jamais une Maman parfaite, que je n’ai pas la prétention de le devenir mais que je serai toujours une Maman aimante et tolérante.

Depuis quelques temps déjà, je t’explique Melle C. (et Petite L. je te dirais la même chose dans quelques années) que tu es libre de choisir ta vie, d’aimer qui tu le souhaites, de fonder ou non une famille, de choisir le métier que tu souhaites, de te tromper et de recommencer. Je le pense sincèrement. La seule chose que je rêve pour vous c’est que vous soyez heureuses et épanouies. Le reste n’a que peu d’importance on fera face ensemble.

Je vous promets que nous vous aiderons du mieux que nous pourrons, notre porte sera toujours ouverte pour vous, vos amis, ceux qui vous sont chers. Nous respecterons vos choix car ce sont les vôtres, et si vous vous trompez nous serons là et j’espère ne jamais prononcer ses phrases si blessantes et méchantes.

Je vous promets que celui ou celle que vous choisirez pour faire votre vie sera toujours le bienvenu chez nous. Je ne m’arrogerais jamais le droit de juger qui que ce soit en fonction de sa couleur de peau, de religion, de conviction politique, d’origine sociale, de genre ou autre critère à la noix. La seule chose que je lui demande c’est de vous aimer au moins autant que je vous aime, de vous traiter avec amour et bienveillance, de vous faire rire et de vous rendre heureuse. Riche ou pauvre, fille ou garçon, de droite ou de gauche je m’en fous (oui Melle C. je sais c’est un gros mot !).

Je vous promets de ne pas intervenir dans l’éducation de vos enfants si vous souhaitez en avoir. Juste de les aimer comme ils le méritent et cela que vous en ayez un, deux, trois ou dix.

Je vous promets d’être la grand-mère gâteau que je n’ai pas pu vous donner, de les chouchouter, câliner, écouter et cela quel que soit leur âge.

Je vous promets de connaitre leurs prénoms, date de naissance… cela peut paraître évident mais cela ne l’est pas toujours.

Je vous promets d’investir dans un minimum d’équipement afin de rendre votre vie juste un peu plus simple.

Je vous promets de ne pas les promener comme des trophées, de ne pas les exhiber pour mon plaisir, de les respecter en tant qu’individus et non comme des choses.

Je vous promets de me rappeler que ce sont des enfants et qu’ils ont le droit de faire du bruit, de  tâcher, de toucher ce qu’ils souhaitent, de jouer avec leurs amis. J’ai confiance en vous, en l’éducation que vous leur donnerez pour ne pas me soucier de tout cela. Je veux qu’ils se sentent comme chez eux.

Je vous promets que notre maison sera toujours la vôtre. Je veux que vous vous y sentiez comme chez vous et cela même lorsque vous aurez votre propre chez vous.

Je vous promets tout simplement de respecter vos choix, vos vies et cela même si ce n’est pas les choix que j’aurais pu faire pour vous. Je veux que vous vous sentiez libre de mener votre vie comme vous en avez envie sans jamais avoir la peur de me décevoir, sans que vous puissiez imaginer un instant que je vous aimerai moins.

Je n’imagine pas vraiment votre avenir car ce n’est pas à moi de l’écrire. La seule chose que j’arrive à imaginer c’est vous heureuses, belles, une maison remplie de vos rires, des rires de vos proches et de vos enfants et moi avec L’Homme vous regardant en me disant que j’ai accomplie ce pour quoi je suis faite : vous aimer. Vous êtes et vous serez toujours les personnes les plus importantes de ma vie.

Je vous promets que cela ne changera jamais.

Je vous aime fort fort fort mes grandes filles chéries.

Fête des familles

photo (2)Bonjour,

Voilà un moment que je me dis qu’il faudrait que je me remette à mon clavier mais comme toujours je manque de temps, de courage et d’inspiration !

Vendredi en récupérant Melle C. à l’école la maîtresse me confie son cahier de liaison avec un l’intérieur un petit mot au sujet de la fête des mères et pères. Cela tombe bien je viens enfin de me décider à accrocher les œuvres de l’année dernière en prévision de celle à venir ! Oui je sais je ne suis pas super en avance sur ce coup ! Comme d’hab me dirait Melle C. !

Sauf que ce petit mot est pour nous informer que cette année, il a été décidé en conseil des maîtres, de ne pas fêter la fête des mères et des pères mais de faire une fête des familles qui aura lieu entre les deux.

Dans l’absolu je trouve cette idée très bien mais comme je ne suis pas à une contradiction prêt cela ne m’arrange pas du tout moi !

Cette question du bien fondé de faire faire aux enfants à l’école un cadeau pour la fête des mères puis des pères je me la suis déjà posée l’année dernière et je n’ai jamais été à l’aise avec cela. Parce que soyons franc, j’adore recevoir des cadeaux et cela m’arrange de ne pas avoir à me prendre la tête pour la fête des pères. En plus l’année dernière Melle C. nous avait offert de très jolis cadeaux. Je ne sais pas si ma mère a eu le droit un jour à un collier de pâtes ou un cendrier en béton mais ici cela a été une très jolie peinture qui va parfaitement dans mon salon et un miroir customisé qui va à merveille dans mon entrée !

Toutefois, si je mets de côté ses considérations totalement égoïstes et futiles je dois admettre qu’il n’en reste pas moins une vraie question de fond. Dans quelle mesure l’école doit-elle intervenir dans les fêtes familiales ? Est-ce le rôle de l’école ? Et dans ces cas là pourquoi ne fête-t-elle pas la fête des Grands-Mères, la St Valentin, Pâques, la Petite Souris… Parce que la fête des mères/pères est une fête totalement familiale (certain diront mercantile mais moi je m’y refuse) qui dépend des traditions de chacun mais également et surtout de la composition de la famille.

Et n’en déplaise aux abrutis qui voudraient qu’une famille ce soit une maman et un papa ce n’est pas toujours le cas. Et cela depuis bien longtemps. J’ai le souvenir d’avoir toujours été gênée lorsqu’il fallait que je fasse un cadeau pour la fête des pères. A qui allais-je l’offrir ? Aujourd’hui avec plus de recul je me dis que c’était un manque total de tact que de me faire faire un cadeau pour un père inexistant. Sauf que voilà en théorie mes institutrices n’étaient pas sensées savoir quelle était ma situation familiale. Retour donc à la case départ… pourquoi l’école serait obligée de célébrer des fêtes purement familiales ?

Alors même si maintenant je suis obligée de trouver une idée de cadeau pour L’Homme je trouve que  cette idée de fête des familles est un bon compromis pour respecter les sensibilités de chacun et surtout celles de nos enfants, parce qu’aujourd’hui une famille c’est un lieu où l’on s’aime et peu importe la configuration de celle-ci.

A très vite

Pourquoi…

Bonjour,

Déjà de retour. Promis je vous poste très vite le dernier billet sur l’école. Pour tout vous dire il est enregistré sur le blog mais comme je n’en suis pas totalement satisfaite je ne l’ai pas encore mis ligne ! En attendant encore un billet sur Melle C.

La période des pourquoi tout parent y passe un jour, chez nous cela a commencé vers les 2 ans de Melle C.. Elle ne parlait pas super bien qu’elle nous posait pleins de questions. Trop de questions. Tout le monde m’avait dit que cela ne durerait pas. Cela fait juste 3 ans que cela dure ! Et contrairement à une publicité pour une marque de pomme numérique il ne suffit pas d’avoir une tablette pour avoir toutes les réponses !

Ici il y a un pourquoi pour tout. Pourquoi le ciel est bleu, pourquoi elle doit manger, pourquoi les nuages ne sont pas tous pareil, pourquoi elle doit se laver les mains avant de manger, pourquoi il pleut, pourquoi il est l’heure d’aller au lit…

Alors parfois il est simple de répondre, parfois elle veut juste qu’on lui réponde qu’on ne sait pas afin qu’elle puisse nous expliquer ce qu’elle elle sait. Et puis parfois je me sens très seule ! Qu’il est tentant de répondre « parce que » ! Mais dans la mesure du possible nous évitons, surtout que soyons honnête ça ne fonctionne pas et amène immanquablement un « parce que quoi ? »

Ses derniers temps quand je sèche je botte en touche et lui dit qu’elle n’a qu’à demander à Super Maîtresse. Oui je sais ce n’est pas super cool pour Super Maîtresse mais je sais qu’en général le lendemain elle a oublié sa question (jusqu’à la prochaine fois !) ! Toutefois, au cas où, j’ai avoué à Super Maîtresse que cela m’arrivait « occasionnellement » de lui renvoyer la patate chaude. Et avant de me jeter la pierre essayez de me dire comment on fabrique un os ou pourquoi une main s’appelle une main ou encore qui a décidé que 2+2 cela faisait 4.

Et puis il y a des questions plus personnelles, plus délicates auxquelles seule moi peux répondre. Sa dernière question porte sur mon père… Cette question je savais qu’un jour elle me la poserait, je ne m’attendais peut-être pas à ce qu’elle arrive si tôt.

Jusque-là elle trouvait normal d’avoir d’un côté un papy et une mamie et de l’autre juste une mamie. Mais voilà aujourd’hui elle a envie de savoir pourquoi je n’ai pas de papa et il faut bien l’avouer c’est son droit. Dans un monde idéal j’aurais préféré qu’elle ne se pose pas la question, voir qu’elle n’ait pas de raison de se poser la question mais nous ne sommes pas dans un monde idéal. Dans mon monde j’ai une famille différente de la norme avec seulement une maman.

Savoir comment répondre à cette question cela fait 5 ans que je me la pose et je n’ai jamais trouvé la réponse. Pendant longtemps je me suis dit on verra quand on y sera. Voilà on y est… et maintenant je dis quoi moi ? La vérité. C’est la seule certitude que j’ai toujours eu. Sauf que la vérité n’est pas si simple et déjà difficile à comprendre pour moi alors pour une enfant de 4 ans.

Je lui ai donc expliqué que tout le monde n’avait pas la chance d’avoir un papa aussi formidable que le sien qui l’aime de tout son cœur et probablement plus encore, que le mien n’était pas comme cela justement. Et que c’est pour cela qu’il ne fait pas partie de nos vies. Alors elle m’a juste répondu en me faisant un gros câlin, qu’elle était triste pour moi et que si je voulais elle me prêtais son papa !

Je sais que cette réponse ne la satisfera pas longtemps, d’ailleurs elle a tenté de revenir sur le sujet mais nous étions sur le trajet de l’école et ce n’était définitivement pas le bon moment pour approfondir cette discussion. Je redoute ce moment, non pas parce que je veux lui cacher quelque chose, mais parce qu’il va falloir que je lui explique qu’il y a dans notre monde des gens qui ne sont pas gentils, des gens qui ne savent pas aimer les autres et que ces personnes-là il faut les fuir pour éviter d’être blessée. Et à sa très probable question « pourquoi il existe des gens comme cela », je n’aurai pas de réponse cette fois.

L.

5 ans !

imageIl y a 5 ans aujourd’hui j’apprenais que nous allions être 3. Cette journée un peu particulière je m’en souviendrais probablement toute ma vie, ce mélange de joie, de peur, d’appréhension, cette envie de crier notre bonheur à tout le monde et cette envie de garder ce joli secret rien que pour nous.  

En 5 ans il s’en est passé des choses…

Nous sommes passés de 2 à 3 puis à 4, nous nous sommes mariés, je t’ai regardé grandir, devenir cette jolie petite fille pleine de vie et de joie. J’ai accumulé un déficit de sommeil presque aussi énorme que la dette française ! J’ai eu le droit à des tonnes de bisous et de câlins qui compensent largement le manque de sommeil. Il y a eu des pleurs et beaucoup de rires, des colères et des fous-rires, des larmes de joie et tristesse, des petits bobos et de grosses frayeurs, de la vie…. Tu m’as fait le plus beau des cadeaux, grâce à toi je suis devenue une maman, ta Maman.

Ces 5 années je ne les ai pas vues passer, elles ont été merveilleuses, parfois un peu difficiles mais tellement belles ! Alors je nous souhaite encore pleins d’années aussi belles, toujours pleines de rires, de bonheur, de câlins à 4 ou à plus mais ensemble, toujours ensemble.

Bonne fête ma Melle C. chérie.

Je t’aime fort fort fort.

L.

Une nouvelle Crapouillette est attendue !

Bonsoir,

Voilà un moment que j’ai déserté le clavier mais je ne trouvais pas de sujet inspirant. Euh ce n’est pas que j’en ai trouvé un ce soir mais j’avais juste envie de retrouver le plaisir de taper sur mon clavier en espérant que cela ne parte pas dans tous les sens !

Ce soir j’avais envie de vous parler de cette 2ème grossesse car finalement j’ai assez peu abordé le sujet sur ce blog. Seuls 3 petits articles consacrés dont 2 qui sont passés inaperçus car je n’en ai pas fait la promotion sur un célèbre réseau social (vous n’avez plus qu’à chercher !) !

En même temps moins de choses à raconter et oui pas de poussette à acheter, ni de chambre à commander, pas même besoin de vêtements (bon j’ai quand même pas pu résister à l’envie d’acheter 2/3 petites choses). Pas même de nounou à chercher puisque nous avons la chance de garder Super Nounou pour Crapouillette ! Les seules choses qui nous manquaient ne nécessitaient pas de faire des articles ! Quoiqu’en y réfléchissant je ferais peut-être un appel au secours pour choisir un nouveau tapis d’éveil ! Et oui pour un 2ème enfant on a déjà beaucoup de choses voir quasiment tout et surtout si, comme nous, vous attendez une 2ème petite fille ! Et je ne vous cache pas que mon banquier a été plutôt soulagé d’apprendre qu’il s’agissait d’une Crapouillette : il n’a pas eu besoin de me demander de calmer une éventuelle fièvre acheteuse liée aux hormones de grossesse !

Mais du coup c’est un peu frustrant. J’ai eu l’impression de consacrer moins de temps à cette nouvelle grossesse, de lui donner moins d’importance et je me suis immanquablement posée la question de mes sentiments vis à vis de ce bébé : est-ce que je serais capable de l’aimer autant que mon aînée. Bon question stupide, je vous l’accorde mais parfois avec les hormones on déraille un peu ! Et en même temps qu’elle future Maman, que ce soit pour le 1er, le 2ème ou même j’en suis persuadée les suivants, ne se posent pas la question ! Allez, je vais être joueuse que la 1ère qui ne s’est pas posée la question me jette la 1ère pierre virtuelle (je vous laisse trouver un émoticône en forme de pierre !).

Cette 2ème grossesse est à la fois un recommencement de ce que l’on connait déjà et en même temps totalement différente de la 1ère.  Une sage-femme a gentiment tenté de m’expliquer c’était une nouvelle grossesse donc une nouvelle aventure et qu’il fallait faire table rase du passé : dans l’absolu je suis d’accord avec elle : nouveau bébé, contexte différent etc… Mais en réalité on ne peut pas faire abstraction de notre vécu,  cela n’est pas possible, ou tout du moins moi je n’y suis pas arrivée. Les petits bobos ne sont pas forcément les mêmes mais ils n’en sont pas moins là, mais surtout les angoisses sont toujours belles et bien présentes voir encore plus présentes. Par contre elles sont différentes. J’ai traversé ma 1ère grossesse sur un nuage, je planais littéralement sans me rendre compte des dangers que nous courrions avec Melle C.. Sauf que cette fois je n’ai pas décollée, entre temps j’avais pris conscience des risques auxquels nous avions échappé et j’ai donc passé une partie de mon temps à appréhender que cela n’arrive à nouveau. Pas vraiment facile d’être sereine dans ses conditions.

Cette 2ème grossesse me permet déjà d’appréhender ce qui finalement me fait le plus peur : apprendre à partager mon temps entre mes filles. Comment leur apporter tout ce dont elles ont besoin sans en léser une et sans me perdre. Je suis issue d’une fratrie un peu particulière qui fait de moi une « quasi » fille unique en raison de la grosse différence d’âge entre mes frères et sœurs et moi, et mon homme lui est totalement fils unique (pour mon plus grand malheur !)… alors tout cela est nouveau pour moi. Il s’agit probablement d’une angoisse pré-natale car quelque chose me dit qu’une fois Crapouillette là, je n’aurais pas trop le temps de me poser des questions ! Mais ça n’en reste pas moins une source de stress… surtout que cette année n’ayant plus d’activité professionnelle j’ai consacré plus de temps à Melle C., alors comment lui en consacrer moins sans que cela ne la blesse ? Partager mon temps de manière comptable : il y a longtemps que je sais que la vie ne fonctionne pas comme cela ! Je n’ai pas encore trouvé la solution et je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’intuition qu’il n’existe pas de solution parfaite !

Mais cette 2ème grossesse est aussi magique, magique car tellement désirée et surtout magique car je la partage avec L’Homme mais cette fois également avec Melle C. et ça c’est le meilleur remède à mes angoisses. Nous avons fait le choix de la laisser libre de s’y impliquer ou non. La seule chose à laquelle j’ai tenu c’est qu’elle soit la 1ère informée. Je ne voulais pas qu’elle l’apprenne autrement que par nous et qu’elle n’ait pas l’impression qu’on la laissait de côté. Sur le coup à part nous dire « je veux une petite sœur » on a eu le sentiment que ça lui passait largement au-dessus de la tête ! Au moins je n’ai pas eu l’impression de l’avoir perturbée. Puis petit à petit l’idée a du faire son chemin et elle a commencé à en parler : c’est finalement elle qui l’a annoncé à nos amis les plus proches. Au fur et à mesure que mon ventre s’arrondissait elle a fini par s’intéresser à ce qu’il pouvait bien y avoir dedans. Elle n’a d’ailleurs jamais voulu démordre que c’était une petite fille ! Enfin sauf le jour où nous avons pu lui annoncer qu’elle avait raison et qu’elle allait bien avoir une petite sœur, j’étais tellement heureuse de pouvoir le lui annoncer que sa réaction m’a laissé sans voix ! Nous avons eu le droit a : « mais moi je veux un petit frère ! ». Chipie va !

Les mois passant elle s’est mise à vouloir communiquer avec cette petite sœur : elle lui parle, chaque matin ou presque elle lui explique le déroulement de nos journées, elle lui fait des bisous et notamment des « bisous-prout ». Parfois elle nous raconte ce que sa petite sœur fait dans mon ventre (j’ai parait-il une véritable bibliothèque en moi !). Et puis quand elle n’est pas d’humeur elle m’explique que sa sœur elle n’en veut pas alors charge à nous de lui expliquer qu’elle n’est pas forcée de l’aimer, de la vouloir mais qu’elle est là et que c’est comme ça. Et même si cela changera son quotidien cela ne changera jamais l’amour que nous avons pour elle. Cette petite sœur elle l’attend avec beaucoup d’impatience, peut-être encore plus que nous ! Et ça c’est génial !

Cette 2ème grossesse est vraiment différente je n’ai peut-être pas autant de temps à lui consacrer mais elle est déjà entourée de beaucoup d’amour et finalement c’est ça le plus important non ?

A très vite

Bisous

L.

Quand la vie prend une direction un peu différente…

Bonjour,

Voilà un moment que je traîne l’idée de faire se billet sans vraiment y arriver.

En fin d’année dernière, nous sommes rentrés chez moi. Voilà 8 ans que je n’étais pas retournée dans mon île. Pendant longtemps cela ne m’a pas manqué, mais avec la naissance de Petite Puce le mal du pays s’est fait de plus en plus sentir. Il devenait important et viscérale que ma fille connaisse mon île, une partie de mon histoire, mes amis. Je voulais qu’elle sache qui je suis. Alors lorsque l’opportunité s’est présentée nous n’avons pas hésité : il était temps de rentrer au pays.

Petite Puce et moi avons passé un mois au Fenua, un mois qui m’a permis de prendre conscience de ce que j’avais volontairement occulté, ce que ces dernières années j’avais tenté, non pas de renier, mais de minimiser : je ne suis peut-être pas née là-bas mais ça n’en reste pas moins mon pays. Ma famille y habite, mes amis y habitent, mes souvenirs y sont liés et je suis viscéralement attachée à cette terre, à cette île. Pendant longtemps sous prétexte que je n’étais pas née là-bas je me suis cru interdite de penser, de croire que c’était chez moi. Cela peut paraître stupide mais je pensais n’avoir pas la légitimité pour dire que cette île était aussi la mienne alors adolescente je l’ai détestée autant que je l’ai aimé et j’ai choisi de la fuir pour apprendre et comprendre combien elle faisait partie de moi.

Pour la première fois je me suis permise d’y croire et de le penser. Pour la première fois depuis des années je me suis sentie à ma place, je n’avais plus l’impression d’être un imposteur. J’étais enfin rentrée chez moi.

Mais voilà il a fallu repartir en métropole car nos vies étaient là-bas. Le retour a été plus que difficile pour tout le monde. Melle C. ne comprenait pas pourquoi sa Grand-mère n’était plus auprès d’elle, pourquoi elle devait s’habiller, pourquoi il faisait froid. L’Homme et moi nous ne comprenions pas l’agressivité des gens autour de nous, pourquoi nous devions supporter ce froid. Je n’arrêtais pas de me demander ce que je faisais là. Je me sentais comme une étrangère dans cette ville, dans cette vie. J’ai pris conscience que ce n’était pas, ce n’était plus la vie que je voulais. Alors après en avoir longuement discuté avec L’Homme nous avons décidé qu’il était temps pour notre bien être à tous de rentrer chez moi. Nous nous sommes laissé l’année pour organiser le déménagement, trouver des boulots avec l’objectif de passer Noël en famille à la maison.

J’ai enfin pu rêver d’une autre vie, d’une vie pas forcément plus facile mais entourée des gens que j’aime dans un environnement où je me sens bien. Mais voilà, parfois la vie ne va pas dans la même direction que celle que vous aviez imaginée et elle nous amène à faire des choix. Et alors que ce projet mûrissait et se dessinait doucement il a fallu que je fasse un choix.

En fait ce n’est pas totalement comme cela que cela s’est passé. Peut-être que cela aurait été moins douloureux si j’avais vraiment eu le choix. Mais cela s’est imposé à moi comme une évidence et la conséquence a été de devoir renoncer, au moins temporairement à partir.

Renoncer à un rêve, à un plan de vie c’est faire le deuil d’un futur idéalisé. Peut-être que partir était une mauvaise idée, peut-être que cela se serait soldé par un échec. Je ne le sais pas, je ne le saurais pas. Nous étions préparés à un échec possible mais je me disais qu’au moins j’aurais essayé. Cela aurait été difficile et douloureux mais certainement moins que de devoir y renoncer sans même avoir tenté.

On pourrait croire que renoncer à un rêve pour un autre rend les choses plus faciles, mais ce n’est pas le cas. Il m’a fallu du temps pour le digérer et l’accepter.

Aujourd’hui c’est un peu plus facile, toujours un peu douloureux mais moins. Les difficultés à traverser se sont finalement envolée pour ne laisser place qu’un joli bonheur et cela a beaucoup aidé.

Je me suis rattachée à des évidences et des bonheurs. Le contexte économique n’est certainement pas favorable à un déménagement, quitter un job et un appartement pour un rêve c’est facile lorsqu’on est seul ou deux, plus compliqué et peu raisonnable à quatre. Et cette famille à quatre je l’ai tellement désirée, souhaitée, rêvée qu’elle est plus importante que de rentrer à la maison.

Un jour nous partirons tous ensemble pour nous installer définitivement au Fenua, ce n’est que partie remise ! Ce jour-là sera le bon moment et nous y serons heureux en famille.

L.

P.S : promis mes prochains billets seront plus légers !