Celui qui ne savait pas faire de barbecue…

Hello tout le monde !

 

Chose promise chose dûe… il faut que je vous raconte les déboires de mon beau-père et de son barbecue. Oui, je sais, ce n’est pas bien de se moquer et pas très charitable, mais en même temps c’est tellement drôle.

 

La semaine dernière avec l’Homme, nous étions invités à dîner chez ses parents pour un barbecue. Le problème avec les invitations chez les parents de l’Homme, c’est que c’est souvent soit tout blanc soit tout noir… et je ne sais pas pourquoi là je ne le sentais pas trop. Peut être parce que pour une fois son père a spontanément proposé de faire un barbecue sans que l’on supplie, menace ou autre. Il faut savoir qu’il déteste faire des barbecues car cela demande une certaine dextérité et surtout beaucoup de patience…. or, ce mot est totalement inconnu de son vocabulaire.

 

Il faut savoir que le Père de l’Homme est à la retraite depuis quelques années déjà, n’a toujours pas compris le concept de prendre son temps. Ainsi, à peine arrivé, il faut que l’on passe à l’apéritif, qu’il avale en deux temps trois mouvements pour passer ensuite au repas et ainsi de suite. Ainsi, la fois précédente, l’Homme a finit son apéritif au moment du fromage tellement son père était pressé. Je n’ai toujours pas réussi à découvrir pourquoi il était si pressé… Il ressemble un peu au lapin blanc d’Alice au Pays des Merveilles, toujours à courir après le temps ! Il en est risible par sa dégaine de petit excité. Euh, on est pas tout à fait dans le même type d’excité que notre président toutefois… Si je devais faire un parallèle, je dirais plus dans le genre de Guy Montagné en moins drôle… c’est vous dire !

Je vous parlerais bien de la Maman de l’Homme mais j’aurai peur d’être méchante et que l’Homme qui lit de temps en temps mes billets le prenne mal. Pour résumer… elle parle fort, crie beaucoup après son mari, enfin non, crie tout le temps après son mari. C’est leur manière de fonctionner… ça semble marcher.

 

Bref, donc nous voilà partis pour un autre dîner en famille. Heureusement, le dernier avant un certain temps vu qu’ils partent en vacances et qu’ensuite c’est à notre tour de partir…. Il fait beau et même si je crains le pire quant au repas du soir, je dois admettre qu’un barbecue est une excellente idée, dîner dehors nous fera le plus grand bien ! J’aurais juste aimé qu’ils nous demandent ce qu’on avait envie de manger, histoire de savoir à quoi m’attendre ! Je crois que si j’avais su j’aurais pris le temps de dîner avant de venir.

 

Donc, nous voilà chez les Parents de l’Homme, je profite de me laver les mains pour regarder ce qui nous attend de bon. C’est une habitude que nous avons pris avec l’Homme histoire de se préparer psychologiquement.

Il faut savoir que chez ses parents, il y a toujours suffisamment à manger voir beaucoup trop mais parfois le résultat n’est pas à la hauteur des produits. Sa chère Maman est plutôt pas mauvaise cuisinière dès que l’on reste dans le classico-classique rôti de bœuf/pomme de terre/haricots verts… dès qu’elle tente l’aventure c’est souvent plus difficile… ainsi, elle n’a pas compris que le rôti de porc ne se faisait pas au four ou alors à couvert, sinon la viande est archi sèche, que l’agneau se mangeait rosé et non archi-cuit et que le thon ne nécessitait qu’un aller retour en terme de cuisson et non 1h au four. D’un point de vu diététique, là, c’est carrément la catastrophe… en fait je crois qu’elle pense que je ne nourris pas son fils chéri et essaye donc à chacune de nos venues de l’engraisser au maximum histoire qu’il prenne des réserves en attendant notre prochaine visite. L’Homme, étant bien élevé et surtout gourmand, ne se fait pas prier pour la décourager. Ainsi on se retrouve avec en repas : un soufflé au fromage et salade en entrée, rôti de bœuf et pomme de terre en repas, fromage et dessert. Autant vous dire que je serais bien passée du soufflé au dessert personnellement. Et tout refus de notre part est considéré comme un affront personnel à sa cuisine.

 

Ce soir là, elle a eu envie de nous impressionner en faisant un couscous. Oui oui, vous avez bien lu, un couscous, en plein été. Je ne sais pas si certains d’entre vous on déjà fait un couscous… moi non, car l’ampleur de la tâche m’a toujours rebuté, et puis c’est typiquement le genre de plat qui ne souffre pas la médiocrité.

Pour accompagner tout cela le Père d’Homme est donc en charge de cuire les saucisses et les merguez… au barbecue. Et c’est là que l’on a commencé à rire… il a bien fallu choisir entre rire et pleurer, on a choisit rire !!!

 

Entre les deux barbecues à sa disposition :  un tout petit qui date et un autre plus grand, plus moderne et qui a une grille hyper pratique qui permet d’enfermer la nourriture pour la retourner plus facilement, autant dire l’accessoire parfait pour faire cuire des saucisses qui nécessitent une surveillance constante. Et bien il a choisi le plus petit. Problème, c’est qu’il y avait plus de viande que de place !!! Mais au lieu de faire cuire le tout en deux fois, il a préféré tenter coûte que coûte de tout mettre.

 

Mais je vais un peu vite… j’oublie la phase démarrage du feu. Comme toujours il a eu recours à de l’alcool à brûler, ce qui comme à chaque fois me fait hurler. Non seulement ça pue et c’est une hérésie, mais c’est en plus hyper dangereux. Maintenant, c’est plus facile pour avoir rapidement des flammes… sauf qu’une fois encore, il a bien failli les étouffer en mettant tout le charbon d’un coup. L’Homme intervient pour réparer les dégâts et cela ne semble pas trop mal parti.

Alors qu’on a à peine commencé l’apéritif, il décide qu’il faut déjà mettre la viande sur le feu et à vouloir tout faire rentrer, pestant qu’il n’y avait pas assez de place. On n’a pu s’empêcher de demander pourquoi il n’avait pas pris le grand barbecue… réponse : "je ne sais pas, j’y ai pas pensé".

 

Une fois la viande sur le feu… on passe à table pour l’apéritif et l’entrée. En plein milieu, on lui rappelle quand même qu’il faudrait peut-être envisager de retourner la viande, histoire qu’elle cuise des deux côtés. Et là première prise de tête et crise de rire… il faut les retourner une à une sans se brûler et sans les faire tomber. Chose peu aisée habituellement mais carrément compliquée lorsqu’il n’y a plus de place sur la grille. Le chien lui est aux premières loges à attendre qu’une saucisse veuille bien tomber. Pas de pot pour lui, certaines sont bien tombées mais dans le feu !!! Il a cru que cela passerait inaperçue et qu’il pourrait les remettre ni vu ni connu sur la grille. Mais c’était sans compter sur sa femme chérie qui est venue contrôler les opérations à ce moment là. Et c’est parti pour une séance d’engueulade dans les règles de l’art. Mmm ça faisait longtemps… au moins 1/4h !!!

Les saucisses retournées tout le monde est de retour à table, les reproches continuent de fuser de temps à autre. Et ça ne s’arrange pas quand il décide de se servir pratiquement toute la salade restant sans vérifier que tout le monde est déjà servi. Pas de pot, ce n’était pas le cas de sa femme qui se retrouve avec juste les deux malheureuses feuilles restantes !

Une fois l’orage passé, le repas reprend son cours tranquillement, les saucisses elles continuant à cuire sans que cela n’inquiète personne !!! La Mère de l’Homme retourne en cuisine pour apporter la suite…

 

Et là c’est le début de la fin ! Elle n’avait pas assez de semoule alors elle a pris la liberté de mélanger une semoule nature et une semoule aux épices de deux marques différentes… résultat un melting pot orange et jaune pâle se dispute le plat. Elle a également oublié que la difficulté principale dans un couscous c’était justement la semoule… il faut qu’elle soit fine et aérienne, légère et bien égrenée. Sinon ça ressemble à ce qu’on avait dans nos assiettes… une espèce de plâtrée de semoule qui tient plus lieu du gâteau de semoule qu’autre chose, limite gluant et tout compact. Mmm bon appétit ! Pour accompagner cela, elle nous sert des légumes Picard destinés à faire de la ratatouille. Mais elle a rajouté du bouillon (de l’eau ?) pour pouvoir noyer la semoule ! Je ne suis pas certaine que cette dernière est besoin de plus de liquide mais pourquoi pas. Euh et les épices ? "Ah ben en fait j’aime pas les raisins dans le couscous ni la harissa…". Sans être une fan de ce qui arrache, un peu de piquant et d’arôme n’aurait pas été de trop. Ne parlons pas du sel, ingrédient totalement absent de sa cuisine. Et perdu parmi tout cela, des aubergines à la mozzarella. J’ai toujours pas compris ce qu’elles faisaient là, perdues sur cette table où elles n’avaient pas leur place !

 

Le Père de l’Homme se rappelle à ce moment là qu’il a de la viande sur le feu, et qu’il serait peut être temps de la sortir de là. Le chien toujours aux aguets surveille attentivement les maladresses de son maître. En même temps, il est un peu bête parce que son cher maître finira par lui en donner quoi qu’il arrive. Nourrir le chien à table est une tradition auquel il ne déroge jamais et qui malgré l’habitude me fait toujours autant hurler.

On voit arriver sur la table ce qu’il appelle des saucisses. Seul le nom pouvait nous renseigner sur ce que c’était. Moi j’y ai surtout vu des choses noires carbonisées, qui rendaient toute identification impossible. Je me dis qu’en la coupant je découvrirai peut-être ce qu’il en est… chipolatas ou merguez ? Ah bah non raté l’intérieur étant aussi noir, il n’est toujours pas possible de savoir ce qu’il en est quand au goût… euh joker !!! Je ne sais toujours pas ce que j’ai mangé !!!

Re dispute autour du repas… qui se conclue par un "puisque c’est ça je ne ferai plus jamais de barbecue". Euh je n’arrive pas à savoir si c’est une perte. Et là, la chère maman de l’Homme qui nous sort… "mais sinon c’était bon, n’est-ce pas ?" Euh joker, comme dirait ma Grand Mère : "il fait beau aujourd’hui ! Un peu lourd peut-être…".

 

Elle débarrasse et pendant ce temps là, le père de l’Homme décide de bouger le barbecue car le vent a tourné et la fumée arrive droit sur nous. Il commence par le tourner, seulement sans que cela ne fasse rien. L’Homme lui conseille alors de le déplacer loin de nous, sous entendu au fond du jardin… et là, grosse crise de rire, il prend le barbecue et le déplace à 30 cm de là où il était et revient tout fier de lui ! Forcément cela n’a rien changé et nous sommes toujours enfumés. Il ne comprend pas, l’Homme lui explique qu’il fallait le déplacer… et il rétorque "ben je l’ai bougé"… deuxième crise de rire !!! Il a fallu lui faire comprendre le ridicule de la chose et lui dire de le déplacer loin… il l’a déplacé à 2 mètres de là où il était. Et là avec l’Homme on riait trop pour lui dire quoique ce soit !!! Heureusement le vent a de nouveau tourné et la fumée s’en est allée ailleurs !!!

 

Le repas finit doucement et plus tranquillement et par la promesse que la prochaine fois les saucisses seraient cuites au four afin qu’on goûte ce si délicieux couscous. Avec l’Homme nous n’avons pas eu le courage de lui dire que ce n’était pas bon… autant dire que nous sommes mal barrés !

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