Avoir le temps…

On croit toujours avoir du temps, du temps pour faire des choses sans importances, des choses importantes… Avoir du temps pour dire à ceux qui nous sont chers qu’on les aime… Rappeler à ceux qui comptent dans nos vies que nous sommes là… Avoir le temps de continuer des conversations commencées il y a si longtemps, trop longtemps.

Mais voilà parfois le temps s’arrête…  alors on n’a plus le temps pour faire les choses bien… Plus le temps de dire à ceux qui nous sont si chers qu’on les aime… Plus le temps pour passer cet appel si longtemps repoussé…

Il nous reste alors que le temps de pleurer ceux qui sont partis trop tôt… Prendre le temps de leur dire au revoir… Prendre le temps de se souvenir des bons moments passés ensemble…

Prendre le temps de dire à ceux qui sont encore là qu’on les aime… Parce que finalement on ne sait jamais combien de temps il nous reste.

L.

Mais ça c’était avant !

Hello,

Me voilà de retour ! Je me suis aperçue que cette année je n’avais publié que 9 billets, on est bien loin des 2 billets par mois que je souhaiterai écrire! Donc j’ai décidé de tenter de rattraper un peu mon retard !

 Vous connaissez probablement ces mails et ces statuts qui circulent sur le net où l’on rappelle toutes les convictions que l’on avait avant d’être parent et la réalité une fois que nos petits monstres sont là… Ils m’ont toujours fait bien rire. Bien évidement comme chacune avant d’être mère lorsque je les lisais je disais non jamais et puis finalement j’y suis venue !

Des convictions j’en avais, j’en ai toujours. Certaines on évoluée d’autre non. La première sur laquelle nous sommes très rapidement revenue avec L’Homme ça a été de laisser notre fille dormir avec nous. Gros dormeurs tous les deux (enfin surtout lui !) nous avons très vite fait le choix entre des nuits relativement paisibles avec Melle C. dans notre lit plutôt que des nuits chaotiques et infernales avec Melle C. dans son lit !

Hormis celle concession, de taille je l’admets, nous sommes restés assez fidèles à nos convictions et nous les avons notamment assumés vis-à-vis de l’extérieur. Et croyez-moi plus les années passent et plus il devient difficile d’expliquer aux gens que non notre fille ne regarde pas la télévision, que non a un an et même à deux elle n’a pas le droit de manger de bonbons. D’expliquer aux parents de L’Homme que c’est nous qui décidons et que oui Melle C. doit goûter de tout à table, que non on ne joue pas au ballon dans une maison, que ranger avant de partir n’est pas optionnel et qu’être polie est obligatoire. Mais nous avons résisté. Alors c’est vrai qu’avec l’école elle a découvert les bonbons et la télévision (oui vous avez bien lu). Il n’en reste pas moins qu’à la maison c’est non. Certaines règles s’assouplissent avec le temps mais les fondamentaux sont toujours là. Quant à dormir dans notre lit, l’arrivée de Crapouillette a mis fin à cette pratique ! J’ai bien fait de m’écouter et de ne pas écouter l’opinion publique !

Par contre ce que je n’avais imaginé c’est que les principes et les idées que nous avions sur comment s’occuper de Melle C. évolueraient avec l’arrivée de Crapouillette. Nos convictions elles ont peu changées : toujours pas de tv, probablement pas de bonbons avant très longtemps, la politesse, le respect d’autrui… Là où j’ai changé c’est finalement sur la façon de faire et les aspects pratiques.

Avant j’étais une primipare maintenant je suis une multi !

La première chose que nous avons fait différemment ça a été le mode de transport. Je ne sais pas si vous vous souvenez mais avant et à l’arrivée de Melle C. j’étais une fervente opposante du cosy. D’ailleurs, lorsque je l’ai récupéré avant l’arrivée de Crapouillette il était en parfait état. Et pour cause il n’avait pratiquement pas servi. En voiture comme en promenade nous utilisions la nacelle. Ainsi son dos était bien à plat et lorsque nous étions de sortie elle pouvait s’endormir dans sa nacelle, nous n’avions pas à la réveiller pour la transférer dans la voiture. Sauf que voilà une nacelle dans une voiture c’est un tout petit peu encombrant (vraiment juste un peu !)et du coup nous n’avions plus une 5 places mais une 3 places : nous devant et Melle C. avait la banquette arrière pour elle toute seule. Mais voilà qui dit arrivée d’un 2ème enfant dit présence d’un 1er enfant ! Et donc un siège auto déjà présent ! Il est difficile même dans une grande voiture comme la nôtre d’envisager de mettre une nacelle en plus. Je n’ai donc pas eu d’autre choix que d’utiliser le cosy et cela même pour les longs trajets. Et tout cela sans culpabilité ! Bon ok j’ai arrêté de culpabiliser lorsque j’ai vu qu’en terme de sécurité ma nacelle n’était pas au top alors que mon cosy était bien classé surtout avec une base isofix comme nous avions.

Autre changement de taille pour moi : le bain. Contrairement à ce qui est préconisé je n’ai jamais pu me résoudre à ne pas doucher Melle C. tous les jours même lorsqu’elle était petite. Pourquoi ? Euh L’Homme dirait que c’est un de mes tics et il n’aurait peut-être pas tort ! C’était viscéral pour moi qu’elle aille se coucher en étant propre. Oui je sais par moment je ne suis pas très nette comme fille ! Mais voilà Crapouillette a une peau encore plus fragile que ne l’avait sa sœur et une forte tendance à faire de l’eczéma. Et puis les premiers temps le bain relevait plus du calvaire que du plaisir alors j’ai pour un temps renoncé au bain quotidien après tout une fois tous les 2 jours c’est pas mal aussi. Bon depuis qu’elle est chez Super Nounou j’avoue nous sommes revenu au bain quotidien (question d’odeur, je déteste toujours autant sentir le parfum de quelqu’un d’autre sur mes enfants). Mais maintenant elle adore ça et c’est un moment de complicité partagé avec son père qui me semble essentiel à sa journée. Toutefois je suis désormais capable de ne pas la doucher un soir si nous ne sommes pas chez nous, si je la trouve patraque ou si nous n’avons juste pas envie !!! Et cela sans me sentir mal !

Autre exemple les fringues… Quel que soit le temps j’ai toujours mis à Melle C. un body, cela me semblait aussi essentiel que mettre une culotte pour moi (oui bon y’a des gens pour qui mettre une culotte n’est pas essentiel mais je n’en fait pas partie !). Alors même en plein été elle avait systématiquement un body et une robe. Le seul endroit où j’ai arrêté de le faire c’est lorsque nous sommes allés à Tahiti… mais là c’est surtout parce qu’elle passait ses journées en couches ! Lorsqu’il s’est enfin décidé à faire beau et chaud l’été dernier j’ai vite compris la stupidité de la chose ! Ma pauvre Crapouillette avait déjà bien assez chaud comme ça, il n’était peut-être pas nécessaire de lui rajouter une couche supplémentaire de vêtement. Elle a donc passé l’été soit en body soit en robe. Elle était aussi bien et cela faisait moins de lessives pour moi !

Des exemples comme ça sans en avoir à la pelle il y en a d’autres et il y en aura d’autre. Après tout c’est aussi ça être parent : évoluer en même temps que nos enfants, apprendre de nos erreurs, avoir le droit de changer d’avis. Et avec un autre enfant à la maison, des machines qui se sont multipliées, il me semble important de se facilité la vie et de revenir à l’essentiel : le bien-être de mes filles !

Et vous aussi avez-vous vu des changements notables dans votre façon de faire entre vos premiers et les suivants ?

 Bisous

L.

Un choix différent mais MON choix…

IMG_4687Allez, je tente un énième retour à mon clavier. Le temps passe sans que je m’en rende compte et je n’arrive pas à mettre en forme mes idées.

Est-ce parce que Melle C. vient d’avoir 4 ans ou juste suite à une lecture sur un blog d’un accouchement à domicile ou un peu tout ça j’ai eu envie de parler de mes accouchements. Non promis pas de détails gores ! Juste un récit peut-être un peu décousu !

Si j’ai eu envie d’écrire ce billet ce n’était pas tant pour raconter mes accouchements en tant que tel, que pour revendiquer mes choix. Je les assume et j’avais envie de dire à celles qui culpabilisent parfois qu’il ne faut pas. J’avais aussi envie de crier haut et fort oui j’ai accouché par césarienne et oui j’ai eu le sentiment de mettre au monde mes filles. Non on ne m’a pas volé mes accouchements et non je n’ai pas eu l’impression de faire du mal à mes bébés par mes choix.

En réalité le choix je ne l’ai fait une seule fois. Pour Melle C. le contexte était différent elle était en souffrance et elle devait sortir et vite. Mais même dans ce contexte de stress, de fatigue extrême je n’ai jamais eu le sentiment de ne pas avoir donné la vie. Ce n’était probablement pas ce que je souhaitais mais elle était là et c’était aussi grâce à moi. Après je n’avais jamais idéalisé mon accouchement ni même imaginé à vrai dire. Le jour où j’ai eu le malheur de dire à mon médecin que je ne voulais pas de césarienne il m’a regardé et m’a rétorqué que s’il devait y avoir césarienne il y aurait césarienne et que la priorité ce n’était pas moi mais mon bébé. Je sais que ce discours peut choquer, moi il m’a remis les idées en place !

Cette 1ère césarienne je l’ai donc bien vécu tellement bien que lorsque Crapouillette s’est enfin décidé à venir squatter mon bidou, assez rapidement il s’est imposé à moi qu’elle aussi naitrait comme cela. Je voulais juste cette fois que cela ne se fasse pas dans la précipitation.

Pourquoi ce choix ? Pour pleins de raisons… la principale est que je n’ai jamais réussi à oublier les 36h qui ont précédées la naissance de Melle C. et l’idée de revivre ça me semblait inimaginable. J’ai trop longtemps culpabilisé d’avoir fait souffrir inutilement ma fille. Repasser par-là était inenvisageable. Oui je sais chaque naissance est différente, chaque bébé est différent mais quand même !

En outre, les statistiques et moi nous ne sommes pas amis : pour Melle C. j’avais 30% de risque que cela se passe comme cela s’est passé, alors lorsque pour Crapouillette une sage-femme m’a gentiment annoncé qu’il y avait 75% de chances que cela se finisse par une césarienne j’ai pas eu envie de jouer ! Vu que la finalité sera la même autant le décider à l’avance.

Et enfin il y’a le côté pratique… pouvoir planifier, m’organiser, contrôler. Oui je sais je suis une maniaque du contrôle ! Savoir que Melle C. serait à l’école puis chez sa nounou, que cela ne perturberait pas totalement son quotidien était pour moi une source d’angoisse en moins.

J’ai vraiment pu vivre plus sereinement ma grossesse lorsque, après avoir demandé mon médecin dans quelle mesure il était possible d’avoir recours à une césarienne de convenance, il m’a répondu que oui c’était tout à fait envisageable si c’est ce que je souhaitais. Il m’a laissé le choix de changer d’avis tout au long de ma grossesse mais n’a jamais remis en cause m’a décision.  Ce jour-là j’ai senti un poids s’envoler, je pouvais enfin vivre cette 2ème grossesse sans avoir peur d’accoucher.

Ce 2ème accouchement a été pour moi zen et presque magique. J’ai pu profiter de mes derniers instants de femme enceinte à fond. J’ai expliqué à ma Crapouillette ce qui allait se passer, pourquoi j’avais fait ce choix. Je lui ai rappelé que c’était pour moi un geste d’amour, peut-être perçu comme égoïste pour certain mais que je voulais qu’elle vienne au monde de la manière qui pour moi me semblait la plus naturelle finalement. Je lui ai expliqué qu’elle aurait ainsi une maman sereine et tout serait plus simple.

Oui j’ai toujours été consciente des risques que j’encourrais, que mon bébé pouvait encourir. Je sais que la césarienne comporte plus de risques pour un nourrisson, je sais que ce n’est pas naturel, qu’une opération n’est jamais bégnine. Je sais aussi qu’une césarienne en urgence est toujours plus risquée qu’une césarienne programmée.

Et même si j’étais sûre de mon choix cela ne m’a pas empêché d’arriver à la maternité un peu anxieuse. Peut-être plus par peur du quand dira-t-on. Mais je savais aussi que ce 26 février allait être magique.

Ai-je regretté mon choix ? Oui l’espace d’une seconde lorsque j’attendais l’anesthésiste en salle d’op. L’espace d’une seconde je me suis dit que j’avais peut-être eu tort. Et puis je me suis rappelée de l’angoisse la dernière fois que je m’étais retrouvée dans ce bloc, la peur qui m’avait prise aux tripes en imaginant le pire, les longues minutes à attendre que l’on me dise que tout allait bien. Entre le moment de mon entrée au bloc et la sortie de Melle C. il n’avait pas dû se passer plus de 10 minutes mais cela restera probablement les plus longues minutes de ma vie. 10 minutes suspendues à attendre un cri. Non plus jamais.

Cet accouchement a été pour moi aussi magique qu’il pouvait l’être, tel que je l’avais imaginé. J’ai eu la chance d’avoir auprès de moi une équipe respectueuse de mes choix, d’avoir L’Homme. Et la rencontre avec notre Crapouillette a été tout simplement parfaite. En même temps elle est parfaite ma fille ! J’ai pu passer du temps avec elle au bloc puis L’Homme comme pour Melle C. a pris le relais auprès d’elle pour un peau à peau père fille avant que quelques minutes plus tard je les rejoigne afin que nous fassions plus amplement connaissance.

Alors voilà, mon choix n’est certainement pas celui que ferait la majorité des futures mamans, il est en total contradiction avec la tendance actuelle qui veut que l’on revienne au tout naturel. Je respecte celles qui choisissent un accouchement sans péridurale ou à domicile alors parfois j’aimerai que l’on respecte un peu plus celles qui comme moi font le choix d’un accouchement un peu différent.

L.

Moi mère fusionnelle et fière de l’être !

Bonsoir,

Me revoilà, pas avec le billet que j’avais initialement prévu de vous faire mais un autre qui me tient tout autant à cœur.

L’idée m’est venue après une discussion avec une amie sur le co-sleeping et sur l’éducation de nos enfants au sens large. D’ailleurs avez-vous remarqué cette sémantique qui veut que l’on parle de « méthodes d’éducation » ou de « méthodes éducatives », à croire qu’il existe une méthode pour élever nos enfants !

Mais mon billet n’a pas pour but de faire de la sémantique ! Il y a maintenant un peu plus de 2 ans je vous parlais de la culpabilité qui s’abattait sur nous pauvres mères (https://laetitiaeva.wordpress.com/2010/03/02/culpabilite-quand-tu-nous-tiens/). Culpabilité qui à mon sens a deux sources principales : LA norme sociétale du moment et notre éducation judéo-chrétienne.

Aujourd’hui ce billet est un peu la suite logique au premier. La culpabilité est toujours là, moindre que les premiers mois mais tapit dans l’ombre ne demandant qu’à venir me ronger à nouveau. Mon dernier sujet de préoccupation qui est à l’origine de ce billet finalement : le co-sleeping ou cododo.

Comme son nom l’indique le cododo est le fait de faire dormi son bébé dans sa chambre ! C’est aujourd’hui quelque chose qui commence tout juste à être admis dans notre société. On l’accepte, on le tolère pour un nouveau-né. Je me suis notamment aperçue de ce changement lors de la naissance du fils de Meilleure Amie. Nous avons accouché à 1ans ½ d’intervalle dans le même hôpital. A la naissance de ma fille, alors que je tentais d’expliquer aux puéricultrices que ma puce ne voulait dormir que sur moi et que peut-être, la solution pour que je dorme également était de répondre à sa demande, j’ai eu l’impression d’être une horrible mère : préférer mon sommeil à la vie de ma fille, oui rien que ça la vie de ma fille ! En effet, je pourrais malencontreusement écraser ma fille, l’étouffer ou la faire tomber… 1 ans ½ plus tard, l’hôpital s’est équipé d’écharpe de portage et préconise le co-sleeping !

Personnellement, après une nuit d’enfer à essayer de poser et re-poser Petite Puce dans son berceau et qui hurlait à chaque fois, j’ai vite compris que dormir avec elle serait la meilleure solution pour elle et moi ! Autant vous dire que mon choix a été vite vu ! Et alors qu’avec L’Homme nous avions dit avant l’arrivée de notre merveille : jamais dans notre lit nous avons vite revu notre copie ! Nous avons continué comme cela quelque temps, jusqu’à ce que Petite Puce accepte d’elle-même de faire ses nuits dans son berceau puis dans son lit. Nous avons fait le choix de la garder près de nous lorsqu’elle est malade car cela la rassure et moi cela me permet de garder un œil sur elle tout en ayant quelques heures de sommeil nécessaire ! Mais voilà depuis quelques semaines, les cauchemars sont venus nous rendre visite, désormais les réveils à 4h du matin par une Petite Puce pleurant sont devenus notre quotidien. Et là que faire quand Petite Puce ne veut plus se rendormir dans son lit ? La facilité a été de la prendre avec nous : pas l’envie de batailler alors que la seule chose à laquelle j’aspire est de retrouver la chaleur de ma couette. Et puis sentir le corps de Petite Puce se lover contre moi tout en se rendormant c’est un moment magique. Bon en contrepartie j’ai le droit à un concours de ronflements avec son père mais je m’y suis faite !

Sauf qu’à un moment donné, ma culpabilité a profité d’un moment de faiblesse pour venir me submerger… Est-ce que je ne donne pas de mauvaises habitudes à ma Puce ? N’est-elle pas trop vieille pour finir ses nuits entre nous ? Est-ce que, sous couvert de cauchemars, tout cela ne serait pas juste un caprice ? Alors j’ai voulu mettre à terme à cette habitude en me disant que c’était mieux ainsi… ouais sauf que nous avons passé une des pires nuits depuis sa naissance : réveil toutes les heures, impossible d’éteindre la lumière du couloir… à 6h du mat’ j’ai craqué je l’ai rapatrié avec nous et nous avons tous dormi pour une super grasse mat’.

Nous avons donc décidé que notre qualité de sommeil à tous prévalait sur les normes et les diktats. Et si Petite Puce éprouvait le besoin de finir ses nuits avec nous, alors c’est ce qu’il y a de mieux pour elle. Après tout après un cauchemar pour me rendormir sereinement rien de telle que de me retrouver dans les bras de L’Homme alors pourquoi exiger que Petite Puce se rendorme seule ?

Aujourd’hui je trouve qu’il existe un certain nombre de poncifs véhiculé en partie par les médias et qui reflètent assez bien les normes sociétales en vigueur : ne pas dormir avec son enfant en est un. Choisir de porter, de chouchouter son enfant, de répondre à sens attentes nous catalogue alors en mère fusionnelle d’un enfant roi qui sera forcément mal élevé, égoïste et un inadapté de la vie en société.

Mais est ce que mère fusionnelle signifie forcément mère totalement folle ? Le stéréotype est la mère qui se prend pour la meilleure amie de sa fille, qui lit son journal intime, qui s’habille comme sa fille, qui ne vit que par ou pour sa fille avec un père totalement absent, totalement écrasé par ce couple « mère/fille ».Est-ce que vouloir par-dessus tout le bonheur de ma fille signifie que je vais en faire une inadaptée de la vie ?

Je ne me retrouve pas dans ses stéréotypes que certains média décrivent. Et pourtant je sais au fond de moi que je suis fusionnelle avec ma fille. Elle fait partie de moi, de ma chair, son absence me prend aux tripes et rien ne me rend plus heureuse que de l’avoir contre moi, de la câliner. Je n’ai pas le sentiment que cette relation « mère/fille » soit à l’encontre d’une relation « père/fille ». Ce n’est pas trop faible que de dire que L’Homme adore sa fille, que son absence lui est tout autant difficile qu’à moi et il est le premier à répondre à ses envies de câlins ! Notre vie de famille est une vie de famille à trois où mon couple est tout aussi important que les relations que nous avons avec notre fille.

Dire que nous sommes à sa disposition serait faux mais nous essayons d’être à son écoute et de répondre au mieux à ses attentes, ses besoins sans pour autant en faire une petite fille capricieuse, sans pour autant lui donner l’impression que nous sommes à sa disposition. Elle sait et comprend qu’il y a des moments où nous ne donnerons pas suite à ses demandes car nous sommes occupés. . Je ne suis pas adepte de cette philosophie post soixante-huitarde qui voulait qu’il soit interdit d’interdire. Je ne pense pas qu’il soit bon de faire croire à l’enfant qu’il peut obtenir tout ce qu’il veut, quand il le veut en l’exigeant. Et à l’inverse je ne crois pas non plus à l’éducation basée sur l’autorité absolue d’une figure paternelle qui impose un point de vu auquel l’enfant doit se conformer sans en comprendre les raisons sous peine d’être puni.

Des limites nous en posons, elle les connait et les respecte car elle les comprend. Elle sait qu’elle n’a pas le droit de les dépasser.

Nous lui apprenons l’autonomie, le respect des autres et notamment des adultes, la politesse : des valeurs auxquelles nous croyons. Nous lui apprenons aussi à s’interroger, à nous interroger pour savoir et comprendre. Nous essayons de répondre au mieux à ses questions et croyez-moi au bout du 150ème « pourquoi ? » de la journée j’ai par moment l’envie de lui répondre « parce que ! » !

Je reste persuadée que lui expliquer les choses, communiquer avec elle, lui permettra de mieux appréhender les attentes d’une société toujours plus exigeante et d’y évoluer en toute confiance.Nous sommes là pour elle, nous avons fait le choix de lui apporter un environnement sécurisant qui lui permette de s’épanouir à son rythme sans pour autant lui faire croire que la vie est simple et facile.

Je ne crois pas que faire le choix d’une éducation non violente basée sur la communication et l’échange, vouloir que notre maison soit un lieu d’échange, de tendresse et d’amour soit néfaste à l’équilibre de notre fille.

Alors oui je suis une mère fusionnelle, je le revendique haut et fort et j’en suis fière ! Non mais !

Bisous

L.