Ma jolie sirène… et prise de tête maternelle !

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Bonjour,

Voilà un moment que je me dis qu’il faudrait que je retrouve le chemin de mon clavier car j’ai pas mal de choses à raconter… mais le temps passe sans que je ne comprenne comment et pas une ligne d’écrite depuis… pffff je ne veux même pas savoir, cela achèverait de me déprimer !

Je voulais vous parler de l’opération de Petite L. mais actualité oblige j’ai changé d’idée. Non je ne parlerais pas politique mais natation ! Oui c’est ça notre actualité du moment !

Melle C. a commencé la natation en grande section, il y a déjà 3 ans… Mais avant cela elle a fait 2 ans de bébés nageurs. J’ai suivi à la lettre les recommandations pour jeunes parents primipares : les bébés nageurs c’est essentiel au développement de bébé, qu’il disait. Ô joie de se lever les samedis matins pour être à 9h dans un bassin de piscine. Mon homme détestait, moi j’aimais bien même si 9h un samedi quoi ! Melle C. elle adorait, une vrai casse-cou qui n’avait peur de rien ! Elle si craintive sur terre, se révélait dans l’eau et nous donnait des sueurs froides ! Du genre : Maman je saute. Oui ma chérie mais attend que nous soyons à côté de toi pour te rattraper ! Trop tard elle a sauté ! Deux ans plus tard et quelques crises cardiaques, on a fini par arrêter avec l’arrivée de Petite L. (c’est dingue comment en passant de primipare à multipare il y a des choses qu’on ne trouve plus si essentiel que ça pour nos enfants !).

Bref, tout cela pour dire qu’en grande section j’ai inscrite Melle C. à la natation. Je voulais qu’elle apprenne à nager car cela me semblait essentiel. L’idée de base c’était qu’elle en fasse 1 an et puis après on verrait ! Vous vous doutez bien qu’on n’en est pas resté là !

Après un premier cours un peu chaotique elle a pris plaisir à aller chaque semaine nager et à la fin de l’année elle ne voulait pas arrêter. J’ai dit ok pour une 2ème année même si c’était désormais 2 entrainements par semaine. Son enthousiasme pour la natation n’a quasiment pas faibli dans l’année, même si elle appréciait moins l’entraineur et le cours du mardi. Quand en juin nous avons reçu les documents pour une réinscription, elle n’a pas hésité un instant et cela même si cela signifiait arrêter la danse.

Et là 1ère surprise au moment de la réinscription, le club lui proposait de passer soit en ENF1 soit chez les rouges (couleurs du bonnet). Au choix donc soit 3 entrainements par semaine c’est à dire 4h de natation, soit rester à 2 entrainements par semaine (et donc 2h/sem). Euh, comment dire… le choix est vite fait : 2 entrainements par semaine c’est suffisant à son âge sans compter qu’il faut aussi caser le solfège, la chorale et son cours de clarinette. En outre, passer en ENF1 , signifie participer à quelques compétitions dans l’année et elle ne veut pas en entendre parler. Elle a fait sa 1ère compétition peu de temps avant et a détesté. Elle a trouvé particulièrement injuste que le gagnant soit celui arrive le 1er et pas celui qui nageait techniquement le mieux (personne et pas même moi, avions pensé à lui expliquer que le but d’une compétition c’était d’arriver 1er !). Melle C. ira chez les rouges !

Nous voilà en septembre (de cette année scolaire pour ceux que j’aurais perdu en cours de route), Melle C. reprend le chemin des bassins avec le sourire. Son entraineur du mardi est trop gentil et celle du vendredi également ! Tout est parfait et ainsi aurait pu se finir mon billet !

Sauf que vers janvier Melle C. commence à trainer des pieds pour y aller, elle est frustrée de ne pas pouvoir passer plus de temps à la maison pour lire, puis elle a froid, elle ne passe pas assez de temps dans l’eau à son goût  et puis elle en a marre de recevoir des coups dans l’eau. Je sens qu’elle se lasse de la piscine et que c’est peut-être l’année de trop. Pas de soucis, elle arrêtera l’année prochaine, j’exige juste qu’elle finisse l’année scolaire. Elle est d’accord et en profite pour me demander de venir plus souvent la voir nager parce que je viens jamais selon elle, enfin je ne reste pas quoi !

Je profite d’un mardi, où sa copine ne va pas à la piscine (c’est sa maman qui les amène le mardi), pour l’accompagner et regarder son entrainement. Voilà bien trop longtemps que je ne l’avais pas fait et je suis impressionnée par sa progression. L’eau c’est vraiment son élément. Je comprends mieux les coups de pieds, elle va plus vite que certains de ses camarades et se retrouve bloquée derrière eux.

Je trouve cela dommage qu’elle arrête mais c’est son choix et je le respecte, même si c’est dommage. Je profite d’être là pour faire le point avec son entraineur et lui dire qu’elle envisage sérieusement d’arrêter. Il tombe des nues, et il fait mine de pas l’entendre. Il m’explique que pour lui elle n’a pas vraiment sa place dans ce cours et qu’elle aurait vraiment du aller en ENF1… elle y trouverait ce qui lui manque dans son groupe : un esprit d’équipe et passer plus de temps dans l’eau. Euh oui mais 4h par semaine… il comprend mais… vraiment elle y serait mieux. Je lui dis clairement que j’entends ses arguments mais que je n’obligerai pas ma fille à poursuivre si elle ne veut pas, cela ne servirait à rien.

On en reste là. Je raconte à Melle C. ce que m’a dit son entraineur. Elle pleure en croyant que nous l’allons l’obliger à poursuivre. La discussion est close, je commence à réfléchir à ce qu’elle pourrait faire l’année prochaine comme sport (ça mériterait presque un billet !).

Et puis il y a 3 semaines, nous recevons un mail proposant aux élèves de son groupe de faire une compétition inter-écoles et contre toute attente Melle C. est partante pour y participer. Si j’avais du parier sur sa participation j’aurais perdu, surtout après le désastre de l’année dernière.

Jour J. nous lui rappelons les 2 règles fondamentales qu’elle doit garder en tête : se faire plaisir et être fière de soi. Et si, elle peut aussi nager le plus vite possible, c’est pas mal ! Résultat  une médaille en 25m nage libre. Elle est aux anges, elle a adoré ce moment si particulier qu’est la compétition, l’adrénaline, l’esprit de groupe et le goût de la victoire.

Et moi j’ai vu débarquer son entraineur (avant même la publication des résultats) dans les gradins pour me parler. Il est super fière d’elle, elle s’est super bien débrouillée et… tiens je l’avais pas vu venir avec ses gros sabots… il m’explique que c’est lui qui reprend les entrainements du samedi après-midi et il aimerait beaucoup que Melle C. y participe. L’idée est de la préparer à l’année prochaine ! C’est fou, il a zappé la partie où elle lui disait qu’elle souhaite arrêter ! Etonnant n’est-ce pas !

Je lui dis pourquoi pas si elle est partante. Après avoir refait la course toute la nuit en rêve, elle ne rêve plus que d’une chose : la prochaine compétition ! Elle est partante pour les entrainements du samedi et commence à parler de continuer l’année prochaine !

Et moi dans tout ça je stresse… comment concilier la piscine avec le reste, je ne veux pas qu’elle arrête la musique. Rien que d’imaginer son agenda de l’année prochaine j’en suis déjà malade… sa prof de clarinette parle de lui faire intégrer l’orchestre dès septembre alors qu’on n’était pas sensé en entendre parler avec 2-3 ans. Et Petite L. veut commencer la musique et la piscine. Et il parait que l’école est encore obligatoire à son âge et que dormir n’est pas optionnel !

Mais sans parler de ses considérations matérielles je me demande quel est mon rôle dans tout ça. Est-ce que je dois l’encourager et la pousser pour qu’elle continue ? Y mettre le holà car c’est beaucoup pour son âge ? Dans qu’elle mesure est-elle assez grande pour choisir par elle-même ce qui est le mieux pour elle ? Je suis consciente que son entraîneur n’est pas objectif sur la question, il a repéré un potentiel en elle et veut « l’exploiter ».  Je sais depuis le début que son club a pour but de former des champions et que s’ils permettent d’inscrire nos enfants en école de natation dès l’âge de 4 ans c’est qu’il y a une raison. Ai-je envie que ma fille rentre dans cette boîte à champion ? Je ne veux pas devenir cette mère qui pousse ses enfants à être des champions à tout prix sans prendre en compte leurs envies. Mais je ne veux pas non plus la brider si c’est ce qu’elle veut faire. Comment trouver le juste équilibre ? Depuis dimanche cela tourne en boucle dans ma tête…

Melle C. est pour le moment partante pour le samedi, elle va donc y aller et je crois que je vais laisser le soin à son entraineur de la motiver pour l’année prochaine. Si elle veut poursuivre alors ok si elle ne veut pas alors tant pis, il devra se trouver une nouvelle future championne !

L.

P.S : son entraineur m’a fait un des plus beaux compliments pour une maman à son sens : Melle C. est toujours souriante, pleine de joie de vivre que c’est un bonheur pour lui de l’avoir dans son groupe. Je me pose beaucoup de question mais au moins j’ai réussi l’essentiel ma fille est heureuse !

Le Parc ou cette jungle pour enfants

Bonjour,IMG_1156

Voilà un moment que j’avais envie de faire ce billet, j’en avais même commencé une ébauche et puis… et puis sur le coup j’ai dû manquer d’inspiration et voilà un long moment que le début végète sur mon PC ! En fait, ce billet j’avais commencé à l’écrire quand je fréquentais le Parc principalement pour Melle C. car Petite L. était trop petite… résultat aujourd’hui on y va à la demande de Melle C. mais aussi de Petite L.

S’il y a bien une chose que je n’aime pas dans mon rôle de Maman c’est bien aller au Parc. J’ai fini par m’y faire et c’est moins désagréable maintenant que les filles sont plus grandes mais franchement ce n’est pas ma tasse de thé. Il y a encore un an je n’aurais pas hésité à vous dire que je haïssais le Parc. Si ce n’est plus de la haine ce n’est toujours pas l’amour fou loin de là. Mais il faut admettre qu’au Parc on a apprend plein de choses sur la nature humaine ! Je crois que les sociologues pourraient en tirer de grandes études comportementales !

Commençons par définir ce qu’est le Parc. Mamie Tahiti croyait que c’était un espace vert avec de arbres où les enfants s’ébattaient en toute tranquillité. Non un endroit comme cela n’existe pas lorsqu’on habite comme nous en ville ! Ici ce qu’on appelle Parc est une aire de jeux destinées aux enfants avec des structures de type toboggan, balançoires, cheval à bascule… le tout recouvert d’un sol plastifié devant amortir les chocs. Nous avons la malchance d’en avoir deux à proximité de chez nous : le Grand Parc et le Petit Parc. Pendant longtemps nous allions au Petit Parc mais Melle C. a grandit et nous sommes désormais des habitués du Grand Parc. Rien que d’écrire que nous sommes des habitués cela me déprime ! Je dois admettre que pour moi le Grand Parc est à la fois mieux car je suis sûre de trouver une place pour m’assoir et plus stressant car les structures sont plus grandes et l’espace de jeux plus important à scanner du regard !

Le Parc c’est un peu mon enfer sur terre. Pourquoi je n’aime pas cela ? Au choix et sans mention inutile à rayer : je m’y ennuie, j’ai l’impression de faire potiche, y’a souvent trop de monde à mon goût, cela fait ressortir mes plus vilains instincts, et parfois cela m’oblige même à être sociable ! Et on y croise souvent les mêmes personnes : certaines agréables, d’autres insupportables.

Ainsi selon les heures, la fréquentation n’est pas la même mais on y trouve une certaine récurrence. Déjà la majorité des adultes sont des femmes, je ne dis pas qu’il n’y a pas de papas mais il faut l’admettre ils sont souvent sous-représentés. Pour les papas célibataires il y a probablement un vivier à explorer ! On retrouvera ensuite 3 grands groupes d’accompagnants : les nounous, les Grands-Parents et les Parents.

En général les nounous sont entre elles, elles forment un gang soudé. Pour les reconnaitre facile : elles ont des poussettes doubles et elles semblent aussi à l’aise que des poissons dans l’eau. Elles papotent, jettent un coup d’œil de temps en temps sur la progéniture qu’elles sont censée garder. De temps en temps on entend un rappel à l’ordre. Et si l’on tend l’oreille pour écouter leurs conversations cela tourne souvent sur leurs employeurs c’est-à-dire les parents des dits enfants qui jouent. Au début cela me choquait de les entendre casser du sucre sur le dos des parents. Probablement parce que je suis moi-même maman et employeur. Mais je me suis aussi rappelée que lorsque l’on travaille en entreprise on se prive pas de critiquer les chefs… c’est le jeu ! Pas très juste, pas très cool mais c’est comme cela je crois. Bon là où ça m’agace c’est que la relation assistante maternelle/employeur n’est pas du tout une relation conventionnelle de patron/employé. Mais cela pourrait faire l’objet d’un billet ! Bref, les nounous du Grand Parc sont loin d’être les plus désagréables et gênantes. Il est par contre assez difficile d’intégrer ce gang. Lorsqu’on connait quelques nounous on est admis du bout des lèvres mais il faut montrer pattes blanches. Cela permet parfois de faire passer le temps plus vite en apprenant des ragots d’autres parents !

Les Grands-Parents sont assez drôles. Ils ne sont clairement pas dans leur univers. On aura deux sortes de Grands Parents d’ailleurs : ceux qui gardent régulièrement leurs petits-enfants et les autres. Les premiers sont un peu plus habitués à être là, ils connaissent les jeux, savent qu’il faut prendre son mal en patience. Ils s’assoient et attendent en regardant la progéniture de leur progéniture s’amuser. Et puis il y a les autres. Là c’est un peu plus drôle. Déjà ils se demandent ce qu’ils sont venus faire dans cette galère.  Ils me font penser à des moutons égarés dans un enclot de loups. Déjà ils sont souvent venus à deux afin, peut-être, d’être plus fort dans l’adversité. Ils n’ont pas compris que leurs petits-enfants veulent juste jouer tranquillement avec leurs amis. Ils sont donc derrières leurs dos. Si par hasard ils sont en charge de petits, ils les surveillent comme du lait sur le feu. On les sent en stress et ils prennent le premier prétexte pour fuir !

Enfin nous avons les parents ! Là encore on pourrait sous diviser les groupes :

  • Les jeunes parents sont touchants. Pour les repérer facile : ils suivent leur petit bout à la culotte. Souvent d’ailleurs celui-ci ne marche pas encore très bien. Ils ont avec eux un sac contenant tout leur appartement. Chacun d’entre nous est passé par cette étape-là, certains étant juste un peu plus stressé que d’autre (et non ce n’était pas mon cas mais par contre c’est celui de L’Homme) ! Ils n’ont pas encore intégrer les règles tacites qui s’appliquent au Parc : le Parc c’est la jungle et non un état de droit. Ils tentent de faire respecter l’ordre et la discipline et réglementer le temps de passage à la balançoire, l’ordre au toboggan. Comme ils ne comprennent pas encore la notion de communautarisme qui y règne. C’est d’ailleurs assez drôle de les voir catastrophés quand leur chérubin emprunte une trottinette, une poussette, un ballon et outré lorsqu’un enfant fait mine d’emprunter un jeu de leur cher petit. Ils apprendront assez vite que ce qu’on apporte au Parc peut être susceptible d’être manipuler par tous, si on ne le veut pas alors cela reste à la maison. Malgré tout ce ne sont pas les plus désagréables, ce sont des justes primipares qui ne peuvent pas s’empêcher de juger les autres parents, ceux qui comme moi laisse leurs enfants en paix ! Au fil des années ils comprendront et changeront de catégories !
  • Les plus enquiquinants ce sont ceux qui viennent pour retrouver leurs copains : déjà ils squattent les bancs comme un troupeau et si possible les meilleures places ! Vous savez celle qui permettent d’avoir une vue d’ensemble du Parc sans avoir à se lever et qui sont au soleil l’hiver et à l’ombre l’été. Ceux-là m’agacent car ils ne viennent pas pour leurs enfants mais pour eux-mêmes et laisse aux autres parents le soin de s’occuper de leurs enfants. Pour eux le Parc est finalement une halte-garderie avec pleins d’adultes chargés de veiller, amuser leurs enfants sans que cela ne leur coûte un sous. Et je les soupçonne de briefer leurs enfants avant car au moindre souci ils viennent te voir toi et pas leurs mères. Tu es foutue si ton enfant a le malheur d’avoir un/une copin(e) dont la mère appartient à cette catégorie. L’extrême vu pendant les vacances : la maman a laissé ses filles pour aller faire quelques courses. Comment je m’en suis aperçue : la petite s’est fait mal et personne pour la consoler.
  • Enfin on aura les autres. Parmi celles-là, il y aura la maman qui veut se faire des amis et qui t’abordera en te flattant le plus souvent, la maman flippée qui ne laisse pas son môme faire un pas, celles qui flippent mais laisse leurs enfants tenter leurs expériences en se rongeant les ongles jusqu’au sang, celles qui passent leur temps à crier, à encourager, à menacer, celles qui se demandent ce qu’elles font dans cette galère et qui regardent l’heure pour calculer quand elles pourront donner le signal du départ… Je me retrouve dans toutes ses mamans car selon mon humeur, l’humeur de mes filles je suis tour à tour toutes ces mamans à la fois.

Au Parc j’y vais par obligation et rarement par plaisir mais après quelques années j’ai appris à ne plus le détester autant. Je pourrais presque prendre du plaisir à voir mon petit ouistiti s’éclater quitte à me faire quelques cheveux blancs au passage. Mais ce que j’aime le plus c’est le retour des beaux jours qui me permettent de ne plus y aller car on peut réinvestir le jardin de la résidence !

L.

Les parents à l’école…

Hello !

Bon je vais tenter de finir ce 2ème billet sur Melle C. et l’école. J’ai finalement décidé de scinder ce billet en deux pour plus de lisibilité et de faire de cette chronique sur l’école un triptyque correspondant assez bien aux acteurs en présence : l’état, les parents et l’équipe pédagogique.

Cette fois je m’attaque aux parents !

Cette année et demi dans le système scolaire m’a permis à moi de voir l’envers du décor. Jusque-là je n’avais été qu’élève, maintenant je suis de l’autre côté de la barrière je fais partie des parents. Vous savez ces gens souvent décriés car très pénibles pour les enseignants ! Mais attention moi je ne suis pas pareil ! Enfin j’espère…

Ah les parents… avant de les côtoyer je ne comprenais pas pourquoi les enseignants avait tendance à les trouver pénibles, désagréables, vindicatifs et même stupide. Je commence à comprendre un peu mieux même si je nuancerai le tableau. Moi je les trouve surtout « je m’en foutiste ». Enfin certains le sont, et c’est d’eux que je voulais parler aujourd’hui !

Je n’ai pas l’impression que les parents remettent en cause la parole de l’enseignant, soit du genre à se plaindre que l’une d’elle a puni un enfant ou ce genre de chose. Il n’éprouve juste pas le besoin de s’impliquer dans la vie de la classe et cela même lorsque notre aide est requise.

L’année dernière Super Maîtresse a eu beaucoup de mal à trouver des parents accompagnants pour les sorties. Alors il est vrai il ne s’agissait pas de super sortie super fun mais il n’empêche que sans au moins un parent c’est sorties ne pouvait avoir lieu. Et surtout des sorties il y en a eu 3 dans l’année, 3 matinées en une année scolaire, on pourrait donc s’attendre que sur 27 élèves il ne soit pas si compliqué de trouver 3 fois 2/3 parents ? Et bien si ! En fin d’année elle a voulu nous faire un cadeau et a proposé aux enfants de faire un petit recueil de leurs recettes favorites. Elle nous a donc sollicité pour que chacun d’entre nous lui transmette une recette, salé ou sucré, que notre enfant aime manger ou même mieux faire avec nous (ici Melle C. a voulu partager la recette des Guizadas, Super Maîtresse qui aime ça était ravie !). J’ai trouvé l’idée géniale ! Elle nous a relancés encore et encore et au final seul la moitié des parents a répondu à sa demande. Je trouve ça nul.

Pareil pour la fête de l’école, elle avait prévu de faire chanter les élèves devant les parents, nous étions donc prié d’être à l’heure afin que les enfants puissent répéter une dernière fois tous ensemble. A peine une moitié était là à l’heure dite, les autres sont arrivés ensuite pour juste profiter de la kermesse.

Cette année, à notre demande, Super Super Maîtresse nous envoie régulièrement des mails avec des photos des enfants prises pendant les ateliers ou des informations sur la vie en classe. A chaque fin de période nous recevons un long mail nous expliquant ce qui a été fait et avec plusieurs albums photos retraçant en image le travail accompli. Personnellement j’adore ! J’ai l’impression d’être une petite souris qui se glisse dans la classe. J’ai découvert avec stupeur que les autres parents ne prenaient pas toujours le temps de lire ses mails et encore moins de la remercier. Pourtant lorsqu’on voir l’heure à laquelle les mails sont parfois envoyé, je trouve qu’un merci est la moindre des politesses.

Je trouve cela tellement dommage. Surtout que pour avoir déjà discuté avec quelques parents, on est tous unanime sur le fait qu’elle est géniale. Alors pourquoi ne pas lui dire de temps en temps ? Et si les parents se sentent déjà si peu investit en maternelle qu’est-ce que cela va donner en primaire ? Et quel message est véhiculé auprès de nos enfants ?

L.

Décidément le mammouth va mal

Hello

 Et oui déjà de retour ! J’avais oublié quel plaisir j’avais de me mettre à mon clavier pour écrire, et tant pis si au vu des stats personne ne me lit !

Aujourd’hui je voulais vous parler de l’école, l’Education Nationale et tutti quanti. Un vaste sujet n’est-ce pas ! Tellement vaste que c’est ma 3ème ébauche de billet sur le sujet. Le 1er que j’ai commencé à rédiger en fin d’année dernière était censé être un bilan de la première année d’école de Melle C. sauf que voilà je n’ai jamais eu le temps de le finir et je trouve que faire le bilan de la petite section alors que le milieu de la moyenne section est déjà passé ça n’a plus que peu d’intérêt ! Le 2ème je l’ai commencé hier mais je n’ai pas eu le temps de le finir qu’il a fallu aller chercher Melle C. à l’école justement (et puis entre temps je dois avouer j’ai écrit sur un autre sujet un peu plus facile !). Et voilà que dans le cahier de liaison je trouve un gentil mot d’information des fédérations de parents d’élèves. Et au vu du mot je me suis dit que j’allais finalement changer un peu la ligne directrice de mon billet. Enfin non je vais en faire un 3ème billet et je tenterai de terminer la semaine prochaine le 2ème. Donc le 2ème paraitra après le 3ème qui finalement sera  le 1er vu que le 1er restera inachevé. Je vous ai perdu peut-être ?! Comme ça cela m’évitera de tout mélanger.

Avant toutes et afin que nous soyons claire aujourd’hui je ne compte pas parler des maîtresses (oui je sais professeur des écoles, mais convenez avec moi que maîtresse reste plus couramment utilisé.) ni des ATSEMS ni même du travail scolaire. Aujourd’hui ce qui m’interpelle, me hérisse, m’agace pour ne pas dire me fait sortir de mes gonds c’est plus l’administration qui régit l’école, que ce soit d’un point de vu national ou local.

On va partir du local et on parlera ensuite du national !

Donc voici le mot reçu qui m’a rendu passablement folle (disons plus que je ne le suis dans mon état normal) :

« Information sur l’évolution du groupe scolaire Moreau-Joliot-Curie

 L’ouverture d’une 4ème classe dans l’école maternelle Joliot-Curie [celle de Melle C.] est envisagée pour la rentrée de 2014, à la place du centre de loisirs actuel.

Le soir et le mercredi, la vingtaine d’enfants qui fréquentent aujourd’hui le centre de loisirs Joliot-Curie rejoindraient les quatre-vingts enfants du centre de loisirs de la maternelle Moreau.

Il n’est pas prévu de dortoir supplémentaire.

A plus long terme (probablement dès 2015), il sera sans doute nécessaire d’ajouter d’autres classes aux 11 classes de maternelles et 18 classes d’élémentaires du groupe scolaire.

L’équipe municipale propose d’agrandir la cantine (au mieux pour la rentrée 2015) et de construire un de centre de loisir élémentaire indépendant dans l’ouest de la ville (au mieux pour la rentrée 2016).

Les associations des parents d’élèves regrettent le manque d’anticipation de l’équipe municipale et demandent la création d’un nouveau groupe scolaire à l’ouest du RER. »

Quelques petites précisions s’imposent pour ceux qui ne connaissent pas notre école.

L’école de Melle C.  est une petite école puisqu’il n’y a que 3 classes. Elle est accolée à un groupe scolaire plus ancien et monstrueux qui comprend une autre école maternelle (11 classes) et une école primaire (18 classes). Elle a été ouverte y’a 3 ans pour pallier le manque de place lié à l’essor du quartier.

Elle est petite par son nombre de classes mais également par sa superficie. Aujourd’hui nous avons :

–          un centre de loisir qui est en fait une salle de classe normale équipée de toilettes.

–          Un dortoir réservé à la petite section

–          3 classes

–          1 préau

–          Des toilettes avec de mémoire 7 toilettes

–          2 bureaux administratifs

–          1 cour avec une structure de jeux assez petite.

Et cela pour 82 élèves. Oui ça fait déjà beaucoup d’élèves et lorsqu’ils sont tous dans la cour ça fait vraiment beaucoup d’élèves. Autant vous dire que l’ouverture d’une 4ème classe ne réjouit personne.

Ce qui me fait bondir dans ce courrier c’est, comme le souligne les associations des parents d’élèves, le manque d’anticipation de la part de l’équipe municipale. L’ouverture d’une classe supplémentaire on en n’avait vaguement entendu parler l’année dernière puis finalement au vu des effectifs cela ne s’était pas fait. Mais ça n’en restait pas moins inéluctable. Depuis 3 ans que notre école est ouverte il a bien dû se construire au bas mot 4/5 immeubles dans le quartier. Il était évident que dans ses immeubles habiteraient des familles avec enfants donc pourquoi rien n’a été envisagé quant à la scolarisation de ces enfants (on ne parlera pas du problème de places de crèches car c’est encore pire : 2 crèches dans le quartier seulement.) ? Il me semble pourtant que c’est la mairie qui délivre les permis de construire, et même si ce n’est pas le cas ils sont quand même au courant de ce qui se construit sur la commune non ? Alors pourquoi ne pas avoir envisagé de créer une nouvelle école ?

Aujourd’hui la cantine est partagée entre les 2 écoles maternelles et l’école primaire. Le manque de place impose la mise en place de plusieurs services. Résultat en primaire certains élèves ont à peine le temps de prendre le temps de déjeuner qu’il faut déjà retourner en classe. Alors comment cela va se passer avec une classe supplémentaire ? Parce que même si on table sur le fait que tout le monde ne mange pas à la cantine, sur une classe moyenne de 26 élèves il y en a quand même une petite vingtaine qui y mange.

Côté dortoir : pas de place pour entre construire un nouveau chez nous. Aujourd’hui par manque de place les élèves de moyenne section ne font plus la sieste : le temps calme se fait donc dans la classe assis sur une chaise et la tête sur la table. La classe de Melle C. est composée de gros dormeurs avec plus d’1/3 des élèves qui sont comme elle de fin d’année. Va-t-on demander aux parents (mères) des petites sections qui ne travaillent plus de ne pas mettre leurs enfants à l’école l’après-midi afin d’assurer une place à ceux dont les parents travaillent (bouh ! les mauvaises mères).

Et qu’en sera-t-il ensuite ? Parce qu’il y aura toujours des enfants dans le quartier et dans notre école c’est sûr une fois cette 4ème classe ouverte il n’y aura plus de places. A moins qu’ils envisagent de faire des classes de 40 élèves.

Mais finalement le pire dans tout cela c’est que nous sommes début mars que la nouvelle vient tout juste de tomber mais rien n’a été fait en concertation avec l’équipe enseignante. J’ai donc découvert avec stupeur que les maîtresses n’en savent pas plus que nous. Aucune idée de la composition de l’effectif, d’où cette classe sera exactement et de comment tout cela sera organisé. Je trouve tout ça ubuesque.

Enfin si le centre de loisirs est délocalisé dans l’école d’à côté, comment cela va s’organiser ? Que deviendra l’équipe actuellement en place ? L’intérêt de notre école et de son centre de loisir est son  côté cocon. On repassera pour le côté cocon quand il y aura une centaine de gamins dans un même centre. Et côté place les murs du centre ne sont pas non plus extensibles, surtout que l’année prochaine marque également la mise en place de la réforme sur les rythmes scolaires.

Tiens parlons en des rythmes scolaires… encore un vaste sujet d’énervement. Certains pourraient dire ou penser que j’arrive après la bataille, ce billet peut-être, mon énervement lui est réel depuis le début. J’ai assisté l’année dernière à une réunion organisée par la mairie qui était une « concertation » pour savoir comment Massy allait mettre en place la réforme. J’ai bien failli tomber de ma chaise plus d’une fois.

Pour rappel, l’idée de cette, énième, réforme c’est de repasser sur un rythme de 4.5 jours pour les enfants. Et cela non pas en raison d’un accroissement du temps scolaire mais en vue d’un allègement des journées. En contrepartie sera instauré des activités pédagogiques complémentaires en  groupe restreint. Vous aussi vous avez du mal à voir la logique ? Rassurez-vous vous n’êtes pas les seuls.

Dans l’absolu passer à 4,5 jours j’ai envie de dire pourquoi pas mais je ne vois pas vraiment en quoi cela va alléger les journées de nos enfants. Parce qu’il ne me semble pas que pour les parents qui travaillent les journées vont, elles aussi, être allégées afin de leur permettre d’aller chercher leurs enfants plutôt. Donc au final le temps de présence des enfants à l’école sera les lundi/mardi/jeudi et vendredi le même, reste que désormais ils y seront également le mercredi. Alors certains diront mais pour ceux qui vont au centre le mercredi cela ne change rien. Euh admettons. Je ne suis pas persuadée que pour un enfant une matinée au centre soit la même chose qu’une matinée à l’école.

A moins que cela ne soit un moyen déguisé pour ramener les mères à la maison afin d’inverser la courbe du chômage.

Et comme nous ne sommes plus à une connerie près, parlons des fameuses activités pédagogiques. Parce que si cette demi-journée était du temps scolaire en plus, permettant un approfondissement des connaissances, un meilleur soutien des élèves en difficulté fait par les enseignants cela m’irait très bien mais non le temps scolaire lui ne change pas : il sera toujours de 24h par semaine. Ce temps en plus est donc pour permettre aux communes d’organiser et de mettre en place des activités périscolaires appelées également TAP (Temps d’Activité Périscolaire).

Notre cher maire a lui décidé que cela ne l’intéressait pas. Ses arguments : pas de personnel, pas de place, pas de financement. Dans l’absolu je pourrais presque le comprendre mais j’ai quand même eu l’impression qu’il n’avait pas consacré plus d’une minute au problème et, que par principe, il n’en voulait pas donc on fera sans. C’est peut-être ce qui m’a le plus agacé (pour ne pas dire plus) lors de la réunion de concertation cette sensation que nous étions dans une parodie de démocratie où notre présence était requise afin de nous faire de nous faire croire que la décision était encore à prendre et que nous parents/enseignants nous avions le droit à la parole alors que la décision était prise et que rien ne le ferait changer d’avis. Pas du tout l’impression d’être prise pour une conne.

Résultat il y a quelques jours nous avons reçu un joli courrier de la mairie nous indiquant le nouvel emploi du temps de nos enfants. A partir de septembre voici la semaine de Melle C. :

  7h30-8h30 8h30-11h30 11h30-13h30 13h30-16h 16h-19h
Lundi ALSH Ecole Déjeuner Ecole ALSH
Mardi ALSH Ecole Déjeuner Ecole ALSH
Mercredi ALSH Ecole Déjeuner Centre de loisirs  
Jeudi ALSH Ecole Déjeuner Ecole ALSH
Vendredi ALSH Ecole Déjeuner 13h30-15h Ecole ALSH

Donc non seulement nos enfants vous passer plus de temps à l’école mais ce sera pour être plus à la garderie. Garderie où je vous le rappelle ils seront au bas mot une centaine. Très reposant en effet. En outre avec leurs nouveaux horaires il devient impossible aux parents qui arrivaient à finir plutôt le vendredi afin de récupérer leurs enfants de continuer à le faire. Et qu’est-ce que pourront bien faire les maîtresses en 1h30 ? A 15h les petits n’ont pas forcément fini leur sieste, il faudra donc les réveiller ? Super question rythmes de l’enfant.

Et côté financier cela va retomber en intégralité sur les parents qui devront donc payer plus avec un pouvoir d’achat qui pourtant lui est en constante baisse.

Avec une application telle quelle de la réforme celle-ci perd tout intérêt (s’il y en avait un). Pourquoi notre gouvernement s’est obstiné dans cette voie ? Qu’y avait-il de si urgent pour que cette réforme soit mise en application au plus tard à la rentrée 2014 ? Pourquoi est-ce qu’une fois de temps en temps au Ministère de l’Education Nationale ils ne font pas de réformes en concertation avec les principaux intéressés à savoir le corps enseignant et les parents ? Cette réforme est tellement mal faite qu’au prochain changement politique elle sera annulée et qui en aura payé les conséquences en attendant ?

Et dans un contexte rendu déjà chaotique par cette réforme à la noix, il ne trouve rien de mieux que de nous ouvrir une nouvelle classe sans en concerté une nouvelle fois l’équipe pédagogique, sans avoir réfléchi une fois encore à une solution pérenne.

Voilà seulement deux ans que je fréquente le système scolaire public et je suis déjà blasée devant tant incompétences. Et malgré tout je relativise en me disant qu’au moins nous avons la chance d’avoir une équipe pédagogique au top : des maîtresses et des ATSEMS géniales ! Maintenant c’est une certitude Melle C. ira dans le privé pour son entrée en primaire et Petite L. dès son entrée en maternelle. Certains me diront que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs mais je sais au moins que l’on sera moins tributaire des abrutis qui dirige l’éducation nationale.

A très vite.

L.

Moi mère fusionnelle et fière de l’être !

Bonsoir,

Me revoilà, pas avec le billet que j’avais initialement prévu de vous faire mais un autre qui me tient tout autant à cœur.

L’idée m’est venue après une discussion avec une amie sur le co-sleeping et sur l’éducation de nos enfants au sens large. D’ailleurs avez-vous remarqué cette sémantique qui veut que l’on parle de « méthodes d’éducation » ou de « méthodes éducatives », à croire qu’il existe une méthode pour élever nos enfants !

Mais mon billet n’a pas pour but de faire de la sémantique ! Il y a maintenant un peu plus de 2 ans je vous parlais de la culpabilité qui s’abattait sur nous pauvres mères (https://laetitiaeva.wordpress.com/2010/03/02/culpabilite-quand-tu-nous-tiens/). Culpabilité qui à mon sens a deux sources principales : LA norme sociétale du moment et notre éducation judéo-chrétienne.

Aujourd’hui ce billet est un peu la suite logique au premier. La culpabilité est toujours là, moindre que les premiers mois mais tapit dans l’ombre ne demandant qu’à venir me ronger à nouveau. Mon dernier sujet de préoccupation qui est à l’origine de ce billet finalement : le co-sleeping ou cododo.

Comme son nom l’indique le cododo est le fait de faire dormi son bébé dans sa chambre ! C’est aujourd’hui quelque chose qui commence tout juste à être admis dans notre société. On l’accepte, on le tolère pour un nouveau-né. Je me suis notamment aperçue de ce changement lors de la naissance du fils de Meilleure Amie. Nous avons accouché à 1ans ½ d’intervalle dans le même hôpital. A la naissance de ma fille, alors que je tentais d’expliquer aux puéricultrices que ma puce ne voulait dormir que sur moi et que peut-être, la solution pour que je dorme également était de répondre à sa demande, j’ai eu l’impression d’être une horrible mère : préférer mon sommeil à la vie de ma fille, oui rien que ça la vie de ma fille ! En effet, je pourrais malencontreusement écraser ma fille, l’étouffer ou la faire tomber… 1 ans ½ plus tard, l’hôpital s’est équipé d’écharpe de portage et préconise le co-sleeping !

Personnellement, après une nuit d’enfer à essayer de poser et re-poser Petite Puce dans son berceau et qui hurlait à chaque fois, j’ai vite compris que dormir avec elle serait la meilleure solution pour elle et moi ! Autant vous dire que mon choix a été vite vu ! Et alors qu’avec L’Homme nous avions dit avant l’arrivée de notre merveille : jamais dans notre lit nous avons vite revu notre copie ! Nous avons continué comme cela quelque temps, jusqu’à ce que Petite Puce accepte d’elle-même de faire ses nuits dans son berceau puis dans son lit. Nous avons fait le choix de la garder près de nous lorsqu’elle est malade car cela la rassure et moi cela me permet de garder un œil sur elle tout en ayant quelques heures de sommeil nécessaire ! Mais voilà depuis quelques semaines, les cauchemars sont venus nous rendre visite, désormais les réveils à 4h du matin par une Petite Puce pleurant sont devenus notre quotidien. Et là que faire quand Petite Puce ne veut plus se rendormir dans son lit ? La facilité a été de la prendre avec nous : pas l’envie de batailler alors que la seule chose à laquelle j’aspire est de retrouver la chaleur de ma couette. Et puis sentir le corps de Petite Puce se lover contre moi tout en se rendormant c’est un moment magique. Bon en contrepartie j’ai le droit à un concours de ronflements avec son père mais je m’y suis faite !

Sauf qu’à un moment donné, ma culpabilité a profité d’un moment de faiblesse pour venir me submerger… Est-ce que je ne donne pas de mauvaises habitudes à ma Puce ? N’est-elle pas trop vieille pour finir ses nuits entre nous ? Est-ce que, sous couvert de cauchemars, tout cela ne serait pas juste un caprice ? Alors j’ai voulu mettre à terme à cette habitude en me disant que c’était mieux ainsi… ouais sauf que nous avons passé une des pires nuits depuis sa naissance : réveil toutes les heures, impossible d’éteindre la lumière du couloir… à 6h du mat’ j’ai craqué je l’ai rapatrié avec nous et nous avons tous dormi pour une super grasse mat’.

Nous avons donc décidé que notre qualité de sommeil à tous prévalait sur les normes et les diktats. Et si Petite Puce éprouvait le besoin de finir ses nuits avec nous, alors c’est ce qu’il y a de mieux pour elle. Après tout après un cauchemar pour me rendormir sereinement rien de telle que de me retrouver dans les bras de L’Homme alors pourquoi exiger que Petite Puce se rendorme seule ?

Aujourd’hui je trouve qu’il existe un certain nombre de poncifs véhiculé en partie par les médias et qui reflètent assez bien les normes sociétales en vigueur : ne pas dormir avec son enfant en est un. Choisir de porter, de chouchouter son enfant, de répondre à sens attentes nous catalogue alors en mère fusionnelle d’un enfant roi qui sera forcément mal élevé, égoïste et un inadapté de la vie en société.

Mais est ce que mère fusionnelle signifie forcément mère totalement folle ? Le stéréotype est la mère qui se prend pour la meilleure amie de sa fille, qui lit son journal intime, qui s’habille comme sa fille, qui ne vit que par ou pour sa fille avec un père totalement absent, totalement écrasé par ce couple « mère/fille ».Est-ce que vouloir par-dessus tout le bonheur de ma fille signifie que je vais en faire une inadaptée de la vie ?

Je ne me retrouve pas dans ses stéréotypes que certains média décrivent. Et pourtant je sais au fond de moi que je suis fusionnelle avec ma fille. Elle fait partie de moi, de ma chair, son absence me prend aux tripes et rien ne me rend plus heureuse que de l’avoir contre moi, de la câliner. Je n’ai pas le sentiment que cette relation « mère/fille » soit à l’encontre d’une relation « père/fille ». Ce n’est pas trop faible que de dire que L’Homme adore sa fille, que son absence lui est tout autant difficile qu’à moi et il est le premier à répondre à ses envies de câlins ! Notre vie de famille est une vie de famille à trois où mon couple est tout aussi important que les relations que nous avons avec notre fille.

Dire que nous sommes à sa disposition serait faux mais nous essayons d’être à son écoute et de répondre au mieux à ses attentes, ses besoins sans pour autant en faire une petite fille capricieuse, sans pour autant lui donner l’impression que nous sommes à sa disposition. Elle sait et comprend qu’il y a des moments où nous ne donnerons pas suite à ses demandes car nous sommes occupés. . Je ne suis pas adepte de cette philosophie post soixante-huitarde qui voulait qu’il soit interdit d’interdire. Je ne pense pas qu’il soit bon de faire croire à l’enfant qu’il peut obtenir tout ce qu’il veut, quand il le veut en l’exigeant. Et à l’inverse je ne crois pas non plus à l’éducation basée sur l’autorité absolue d’une figure paternelle qui impose un point de vu auquel l’enfant doit se conformer sans en comprendre les raisons sous peine d’être puni.

Des limites nous en posons, elle les connait et les respecte car elle les comprend. Elle sait qu’elle n’a pas le droit de les dépasser.

Nous lui apprenons l’autonomie, le respect des autres et notamment des adultes, la politesse : des valeurs auxquelles nous croyons. Nous lui apprenons aussi à s’interroger, à nous interroger pour savoir et comprendre. Nous essayons de répondre au mieux à ses questions et croyez-moi au bout du 150ème « pourquoi ? » de la journée j’ai par moment l’envie de lui répondre « parce que ! » !

Je reste persuadée que lui expliquer les choses, communiquer avec elle, lui permettra de mieux appréhender les attentes d’une société toujours plus exigeante et d’y évoluer en toute confiance.Nous sommes là pour elle, nous avons fait le choix de lui apporter un environnement sécurisant qui lui permette de s’épanouir à son rythme sans pour autant lui faire croire que la vie est simple et facile.

Je ne crois pas que faire le choix d’une éducation non violente basée sur la communication et l’échange, vouloir que notre maison soit un lieu d’échange, de tendresse et d’amour soit néfaste à l’équilibre de notre fille.

Alors oui je suis une mère fusionnelle, je le revendique haut et fort et j’en suis fière ! Non mais !

Bisous

L.