Le Parc ou cette jungle pour enfants

Bonjour,IMG_1156

Voilà un moment que j’avais envie de faire ce billet, j’en avais même commencé une ébauche et puis… et puis sur le coup j’ai dû manquer d’inspiration et voilà un long moment que le début végète sur mon PC ! En fait, ce billet j’avais commencé à l’écrire quand je fréquentais le Parc principalement pour Melle C. car Petite L. était trop petite… résultat aujourd’hui on y va à la demande de Melle C. mais aussi de Petite L.

S’il y a bien une chose que je n’aime pas dans mon rôle de Maman c’est bien aller au Parc. J’ai fini par m’y faire et c’est moins désagréable maintenant que les filles sont plus grandes mais franchement ce n’est pas ma tasse de thé. Il y a encore un an je n’aurais pas hésité à vous dire que je haïssais le Parc. Si ce n’est plus de la haine ce n’est toujours pas l’amour fou loin de là. Mais il faut admettre qu’au Parc on a apprend plein de choses sur la nature humaine ! Je crois que les sociologues pourraient en tirer de grandes études comportementales !

Commençons par définir ce qu’est le Parc. Mamie Tahiti croyait que c’était un espace vert avec de arbres où les enfants s’ébattaient en toute tranquillité. Non un endroit comme cela n’existe pas lorsqu’on habite comme nous en ville ! Ici ce qu’on appelle Parc est une aire de jeux destinées aux enfants avec des structures de type toboggan, balançoires, cheval à bascule… le tout recouvert d’un sol plastifié devant amortir les chocs. Nous avons la malchance d’en avoir deux à proximité de chez nous : le Grand Parc et le Petit Parc. Pendant longtemps nous allions au Petit Parc mais Melle C. a grandit et nous sommes désormais des habitués du Grand Parc. Rien que d’écrire que nous sommes des habitués cela me déprime ! Je dois admettre que pour moi le Grand Parc est à la fois mieux car je suis sûre de trouver une place pour m’assoir et plus stressant car les structures sont plus grandes et l’espace de jeux plus important à scanner du regard !

Le Parc c’est un peu mon enfer sur terre. Pourquoi je n’aime pas cela ? Au choix et sans mention inutile à rayer : je m’y ennuie, j’ai l’impression de faire potiche, y’a souvent trop de monde à mon goût, cela fait ressortir mes plus vilains instincts, et parfois cela m’oblige même à être sociable ! Et on y croise souvent les mêmes personnes : certaines agréables, d’autres insupportables.

Ainsi selon les heures, la fréquentation n’est pas la même mais on y trouve une certaine récurrence. Déjà la majorité des adultes sont des femmes, je ne dis pas qu’il n’y a pas de papas mais il faut l’admettre ils sont souvent sous-représentés. Pour les papas célibataires il y a probablement un vivier à explorer ! On retrouvera ensuite 3 grands groupes d’accompagnants : les nounous, les Grands-Parents et les Parents.

En général les nounous sont entre elles, elles forment un gang soudé. Pour les reconnaitre facile : elles ont des poussettes doubles et elles semblent aussi à l’aise que des poissons dans l’eau. Elles papotent, jettent un coup d’œil de temps en temps sur la progéniture qu’elles sont censée garder. De temps en temps on entend un rappel à l’ordre. Et si l’on tend l’oreille pour écouter leurs conversations cela tourne souvent sur leurs employeurs c’est-à-dire les parents des dits enfants qui jouent. Au début cela me choquait de les entendre casser du sucre sur le dos des parents. Probablement parce que je suis moi-même maman et employeur. Mais je me suis aussi rappelée que lorsque l’on travaille en entreprise on se prive pas de critiquer les chefs… c’est le jeu ! Pas très juste, pas très cool mais c’est comme cela je crois. Bon là où ça m’agace c’est que la relation assistante maternelle/employeur n’est pas du tout une relation conventionnelle de patron/employé. Mais cela pourrait faire l’objet d’un billet ! Bref, les nounous du Grand Parc sont loin d’être les plus désagréables et gênantes. Il est par contre assez difficile d’intégrer ce gang. Lorsqu’on connait quelques nounous on est admis du bout des lèvres mais il faut montrer pattes blanches. Cela permet parfois de faire passer le temps plus vite en apprenant des ragots d’autres parents !

Les Grands-Parents sont assez drôles. Ils ne sont clairement pas dans leur univers. On aura deux sortes de Grands Parents d’ailleurs : ceux qui gardent régulièrement leurs petits-enfants et les autres. Les premiers sont un peu plus habitués à être là, ils connaissent les jeux, savent qu’il faut prendre son mal en patience. Ils s’assoient et attendent en regardant la progéniture de leur progéniture s’amuser. Et puis il y a les autres. Là c’est un peu plus drôle. Déjà ils se demandent ce qu’ils sont venus faire dans cette galère.  Ils me font penser à des moutons égarés dans un enclot de loups. Déjà ils sont souvent venus à deux afin, peut-être, d’être plus fort dans l’adversité. Ils n’ont pas compris que leurs petits-enfants veulent juste jouer tranquillement avec leurs amis. Ils sont donc derrières leurs dos. Si par hasard ils sont en charge de petits, ils les surveillent comme du lait sur le feu. On les sent en stress et ils prennent le premier prétexte pour fuir !

Enfin nous avons les parents ! Là encore on pourrait sous diviser les groupes :

  • Les jeunes parents sont touchants. Pour les repérer facile : ils suivent leur petit bout à la culotte. Souvent d’ailleurs celui-ci ne marche pas encore très bien. Ils ont avec eux un sac contenant tout leur appartement. Chacun d’entre nous est passé par cette étape-là, certains étant juste un peu plus stressé que d’autre (et non ce n’était pas mon cas mais par contre c’est celui de L’Homme) ! Ils n’ont pas encore intégrer les règles tacites qui s’appliquent au Parc : le Parc c’est la jungle et non un état de droit. Ils tentent de faire respecter l’ordre et la discipline et réglementer le temps de passage à la balançoire, l’ordre au toboggan. Comme ils ne comprennent pas encore la notion de communautarisme qui y règne. C’est d’ailleurs assez drôle de les voir catastrophés quand leur chérubin emprunte une trottinette, une poussette, un ballon et outré lorsqu’un enfant fait mine d’emprunter un jeu de leur cher petit. Ils apprendront assez vite que ce qu’on apporte au Parc peut être susceptible d’être manipuler par tous, si on ne le veut pas alors cela reste à la maison. Malgré tout ce ne sont pas les plus désagréables, ce sont des justes primipares qui ne peuvent pas s’empêcher de juger les autres parents, ceux qui comme moi laisse leurs enfants en paix ! Au fil des années ils comprendront et changeront de catégories !
  • Les plus enquiquinants ce sont ceux qui viennent pour retrouver leurs copains : déjà ils squattent les bancs comme un troupeau et si possible les meilleures places ! Vous savez celle qui permettent d’avoir une vue d’ensemble du Parc sans avoir à se lever et qui sont au soleil l’hiver et à l’ombre l’été. Ceux-là m’agacent car ils ne viennent pas pour leurs enfants mais pour eux-mêmes et laisse aux autres parents le soin de s’occuper de leurs enfants. Pour eux le Parc est finalement une halte-garderie avec pleins d’adultes chargés de veiller, amuser leurs enfants sans que cela ne leur coûte un sous. Et je les soupçonne de briefer leurs enfants avant car au moindre souci ils viennent te voir toi et pas leurs mères. Tu es foutue si ton enfant a le malheur d’avoir un/une copin(e) dont la mère appartient à cette catégorie. L’extrême vu pendant les vacances : la maman a laissé ses filles pour aller faire quelques courses. Comment je m’en suis aperçue : la petite s’est fait mal et personne pour la consoler.
  • Enfin on aura les autres. Parmi celles-là, il y aura la maman qui veut se faire des amis et qui t’abordera en te flattant le plus souvent, la maman flippée qui ne laisse pas son môme faire un pas, celles qui flippent mais laisse leurs enfants tenter leurs expériences en se rongeant les ongles jusqu’au sang, celles qui passent leur temps à crier, à encourager, à menacer, celles qui se demandent ce qu’elles font dans cette galère et qui regardent l’heure pour calculer quand elles pourront donner le signal du départ… Je me retrouve dans toutes ses mamans car selon mon humeur, l’humeur de mes filles je suis tour à tour toutes ces mamans à la fois.

Au Parc j’y vais par obligation et rarement par plaisir mais après quelques années j’ai appris à ne plus le détester autant. Je pourrais presque prendre du plaisir à voir mon petit ouistiti s’éclater quitte à me faire quelques cheveux blancs au passage. Mais ce que j’aime le plus c’est le retour des beaux jours qui me permettent de ne plus y aller car on peut réinvestir le jardin de la résidence !

L.

Les activités extra-scolaire – 2ème année

Hello,

Oui je sais je vous ai fait FullSizeRenderun billet un peu similaire l’année dernière (https://laetitiaeva.wordpress.com/2014/09/24/attendre-encore-et-toujours/) mais j’avais juste envie de pousser à nouveau un coup de gueule. Je ne sais pas comment ça se passe chez vous mais ici c’est la foire d’empoigne et c’est pire d’année en année ou alors c’est pareil et en vieillissant ma patience s’amenuise !

La fin de l’année scolaire rime avec fin des activités extra-scolaires et renouvellement ou non des adhésions. Se pose alors l’éternelle question de ce que voudrait faire Melle C. l’année suivante.

L’année dernière elle faisait natation/danse/éveil musical à raison d’une heure environ par cours (45 min pour la piscine). Le rythme était soutenu mais rien au final rien d’insurmontable pour notre marmotte. Comme je l’imaginais, même si c’était mal parti, elle s’est prise de passion pour la natation et a beaucoup aimé la danse et la musique. Restait donc à savoir si on l’obligeait à lâcher quelque chose ou non. Pas question pour elle d’arrêter la piscine, je tenais à ce qu’elle poursuive la musique. La question de la danse est restée en suspens oui, non, non, oui… Une fois décidé les emm*** peuvent commencer : tracasseries administratives, tenter de ficeler un emploi du temps supportable et qui, si possible, ne fasse pas concurrence à celui d’un ministre, envisager de demander un prêt à notre banquier afin de financer tout cela (!),  et  surtout, surtout, prendre son mal en patience !

Côté natation cette année Melle C. passe dans le groupe supérieur. Résultat nous passons de 45 min d’entrainement par semaine à 2h. Rien que ça ! Voyons le bon côté des choses ma cotisation me revient deux fois mon cher (bizarre mon banquier n’est pas sensible à cet argument). Melle C. est ravie, elle adore son entraineur, elle adore nager et pour le coup elle est plutôt douée (ce n’est pas moi qui le dit, même si je le pense, c’est son entraineur). Moi j’appréhende un peu la fatigue surtout le vendredi soir avec un entrainement de 19h à 20h. Mais au moins de ce côté-là cela a été relativement simple car pas de tests à passer cette année. Il a « juste » fallu déposer le dossier à des heures et dates précises : le soir en plein pendant la rentrée à l’autre bout de la ville ! L’Homme s’y est collé. C’était le bordel, il y a passé plus d’une heure juste pour déposer un chèque, un certificat médical et récupérer un bonnet de bain.  Il n’a pas aimé du tout !

Côté danse : surprise de fin d’année le conservatoire change sa politique de cours. Désormais les élèves de CP auront en danse 2 cours d’1heure par semaine afin de faire du classique et du moderne dans l’idée de se spécialiser l’année suivante. Impossible de ne faire qu’une heure ça serait trop simple. Je n’ai pas trop compris le but. Est-ce qu’ils espèrent repérer de futurs petits rats pour l’opéra ou une danseuse étoile ou est-ce juste le nouveau directeur qui veut marquer son territoire ? Soyons réaliste et objectif Melle C. ne sera jamais une danseuse étoile. Ma fille a beaucoup de qualités et de facilité dans certains domaines mais la danse n’en fait définitivement pas partie ! Elle aime danser mais elle n’est pas douée. C’est un loisir et un plaisir pour elle et c’est parfait. C’est bien à cela que serve les activités extra-scolaires non ? Je veux qu’il en soit toujours ainsi. Le niveau d’excellence recherché par le conservatoire ne colle donc.

En outre, 2h de danse par semaine ce n’est pas clairement possible et encore moins raisonnable. La décision est donc prise d’arrêter la danse avec le conservatoire. Je pensais donc qu’on en avait définitivement fini avec la danse. Mais voilà ma fille m’a arnaqué dans les grandes largeurs en me demandant d’en refaire avec l’association où elle était la 1ère année (à l’époque je ne savais pas que les inscriptions se faisait avant la fête des associations et je n’avais donc pas eu de place au conservatoire). Oui je sais c’est mon rôle de parents de mettre des limites et pas à elle de décider de tout… Mais là elle a trouvé en la maman de sa copine Melle A. une alliée de taille. Résultat on a craqué et dit oui. Je sais qu’elle s’y amusera, il ne s’agit que d’un cours par semaine. L’idée maitresse reste le plaisir avant tout et c’est parfait pour nous !

Comme nous n’y étions plus l’année dernière, impossible d’avoir le droit aux inscriptions prioritaire. Il a fallu donc se rendre à la fête des associations. Etant échaudée par les années précédentes je décide de m’y rendre pour 9h soit 1h avant l’ouverture officielle. Ah pas de pot cette année, ils ont changé la donne on ne peut pas rentrer avant l’heure d’ouverture officielle ! Malgré tout il y a déjà du monde devant moi. Ô joie de passer mon samedi matin sous la pluie à attendre, sans la certitude d’avoir une place. Bon ma stratégie a été payante (ou pas) mais Melle C. et Melle A. ont eu une place. Nous étions les 1ers au stand et heureusement car il n’y avait que 6 places.

Côté musique ça se complique. Toujours en lien avec leur nouvelle politique (à la c** si vous voulez mon avis) l’heure d’éveil musicale à laquelle je pensais l’inscrire n’existe plus. Désormais le conservatoire offre deux possibilités pour les élèves entrant en CP :

  • L’élève sait déjà quel instrument il veut faire et a obtenu une place : il devra faire 30 min de solfège/semaine et 1h du dit instrument
  • L’élève n’a aucune idée de ce qu’il veut faire (comme nous) et il pourra faire 1h de solfège/chorale puis s’il obtient une place 1h de découverte d’instruments. Ils testeront en petits groupes 6 instruments dans l’année.

Cela vous parait simple ? Dis comme cela ça l’est. Sauf que pour arriver à comprendre cela il m’a fallu beaucoup de temps et de patience. Nous avons reçu un courrier en fin d’année afin de nous expliquer tout cela. Résultat sur 4 parents avec qui j’en ai discuté, aucun n’a compris la même chose et au final personne n’a rien compris. J’ai fini par aller sur place pour demander des éclaircissements… La pauvre secrétaire en savait à peu près autant que moi. Elle m’a toutefois appris que si on le voulait, Melle C. pouvait déjà choisir un instrument, ah mais je ne l’avais pas noté dans sa feuille de réinscription ? Euh non étant donné que cela n’était demandé nulle part. Dommage ! Comme nous ne l’avons pas inscrit en souhait avant elle n’aura probablement pas de places (mais je ne savais pas qu’il fallait l’inscrire puisque ce n’était pas écrit, argh). En outre elle m’explique qu’a priori le cours de découverte d’instruments n’aura pas de créneaux fixes. Pardon ? Oui les horaires changeront plusieurs fois dans l’année. Euh pardon ? Et lorsqu’on a plusieurs enfants comment fait-on ? Et bien vous passez votre vie au  conservatoire Madame c’est le plus simple…. Mais bien sûre.

Au final en rappelant une nouvelle fois afin de tenter d’avoir d’autres infos (je n’aime pas ne pas comprendre) et afin de tenter de savoirs quels instruments il restait de dispo je démêle un peu tout cela. Côté instruments il ne reste plus que le violoncelle, la contrebasse et la harpe. Euh, comment dire, ça ne va pas être possible. J’ai pitié de mes voisins et de nos oreilles. Les instruments à cordes sans façon. A la limite la guitare mais c’est tout. Donc on se positionne pour l’option 2. Elle m’explique qu’il y aura deux créneaux dans l’année soit elle commence le lundi après-midi et changera en février soit elle commence le mercredi et passera au lundi. Ah mais le lundi c’est en même temps que le cours de solfège. Donc au final il faut espérer pouvoir l’inscrire sur le créneau du mercredi pour le solfège afin qu’elle puisse assister au cours de découverte des instruments du lundi. C’est aussi clair que du jus de boudin. Elle conclue en me disant que de toute façon il faudra venir le 14 septembre à partir de 16h30 pour l’inscrire au cours de solfège car ce qu’on a rempli en juin n’est que l’inscription administrative et on verra à ce moment-là.

Donc hier je me pointe. Les inscriptions devaient commencer à 16h30. Je sais qu’il y aura du monde, je m’organise avec la maman de Melle A. : elle récupère les filles à l’école et moi je vais faire la queue. J’arrive pour 16h en me disant qu’il y aura probablement du monde mais que 1/2h en avance ça devrait être jouable. Quelle naïve : il y a bien 100 personnes devant moi. Je découvre au détour d’une conversation que les 1ers sont là depuis… 13h. Franchement les gens n’ont que ça à faire. Dans quel monde vit-on pour venir plus de 3h avant pour inscrire des enfants à une activité extra-scolaire ? Sachant en plus que ce n’est que pour le solfège.

Une heure plus tard je ressors, je m’estime plutôt chanceuse au final : je n’ai assassiné personne et j’ai réussi à obtenir le créneau souhaité.

Par contre côté découverte des instruments c’est la douche froide. Melle C. a été inscrite suite à mon appel mais pas Melle A. Soucis c’est la maman de Melle A. qui s’occupe des trajets (oui je sais si j’avais mon permis… blablabla on ne va pas revenir dessus ok ?!). En outre les instruments proposés ne vendent pas du rêve : accordéon, hautbois, saxo, flûte à bec, harpe et trompette. Melle C. rêvait d’essayer la clarinette ou la flûte traversière. Raté.

On se pose donc la question de savoir si elle va ou non suivre ce cours. En termes d’organisation cela nous complique sérieusement les choses en tout cas. J’ai jusqu’à samedi pour décider.

Je m’estime malgré tout chanceuse car ceux dont les enfants font un instrument doivent remettre cela aujourd’hui afin de choisir le créneau qui leur convient/ou qu’il reste.

Et cela ce n’était que pour Melle C. d’ici quelques jours il va falloir que j’affronte les inscriptions pour Petite L. et si c’est comme l’année dernière cela va être encore folklo et interminable.

Tout cela me laisse un goût amer. C’est à te dégouter d’inscrire tes enfants à des activités extra-scolaire. J’ai la chance d’être dispo car en congé parental, mais comment font les parents qui travaillent ? Poser  après-midi de suite afin d’inscrire son enfant à la musique ? Oui il est toujours possible de s’entendre avec d’autres parents, mais faut-il en connaitre ? A la fête des associations des parents voulaient inscrire leurs enfants au conservatoire : « Ah mais on ne prend pas d’inscription ici, et puis c’est trop tard c’était la semaine dernière ». Alors certes l’année prochaine ils seront qu’attendre la fête des associations ne sert à rien, mais à quoi sert-elle alors ? Je pensais que le but était de permettre aux Massicois de découvrir toutes les associations présentent en ville et de choisir une activité sportive pour ceux qui le souhaite. Parce que le nombre d’association jouant le jeu est de plus en plus restreint.

Tant que les gens continueront à se pointer 3h avant ce sera toujours la foire mais cela signifie peut-être qu’il faut revoir le système des inscriptions non ? Alors c’est vrai chaque année je râle mais je joue aussi le jeu. Mais soyons honnête je n’ai pas vraiment le choix si je veux que Melle C. continue à faire ce qui lui plait. Toutefois l’année prochaine on réfléchira quand même à deux fois pour la musique.

Moi qui avais toujours traité de fous les parents qui multipliaient les activités pour leurs enfants sans leur laisser le temps de s’ennuyer je trouve que cette année on est plus que limite et cela ne me plait pas beaucoup. Et du coup alléger son emploi du temps avec une heure de musique en moins est très tentant.

L.

P.S : et dans mes malheurs j’ai la chance de ne pas avoir à faire la course au certificat médicale exigé pour la natation et pour la danse. Je les fais faire par ma pédiatre au début de l’été, ils sont valables 3 mois donc c’est parfait. Et cette année il m’en manquait un, elle me l’a fait et laissé au secrétariat pour que je le récupère !

Statu quo… ou l’envie de se taper la tête contre les murs

Bonjour,

Voilà un moment que je n’ai pas pris le temps de me mettre à mon clavier pour vous donner des nouvelles. Les dernières semaines ont été assez mouvementées.

L’Homme a passé son endoscopie le 25 septembre. Retour à la maison le 26 avec pas mal de suite désagréable : grosses douleurs à la poitrine et dans tout le haut du corps. Résultat un week-end un peu galère pour lui. Nous attendions avec impatience, euh c’est une façon de parler, la grande messe du 30 septembre. Il s’agissait du Comité, le but était de nous expliquer ce qu’au vu des examens les médecins savaient de son cancer et nous donner enfin le protocole du traitement (même si on en avait eu une ébauche par Gentil Doc).

Autant vous dire que  lorsque nous sommes arrivés sur le parking de l’IGR, le 30,  je n’en menais pas large. En plus nous étions en retard (un peu de ma faute et beaucoup de celle d’un fichu accident à la noix). Retour dans la même salle d’attente que pour Dr Moumoute. Après, seulement, une demi-heure c’est à nous.

Nous rencontrons un nouvel ORL. Pourquoi pas. Il est accompagné d’internes. On les repère facilement ils se déplacent en troupeau et surtout ils font considérablement baisser la moyenne d’âge. Mais surtout, ce n’est pas la politesse qui les étouffe. Peut-être que quelqu’un devrait envisager de rajouter un module politesse et bienséance en fac de médecine. Et tant qu’à revoir les programmes je conseille aussi un module empathie, ça ne leur ferait pas de mal.

Bref, Nouveau Doc  nous explique qu’on sait déjà tout donc qu’il ne va pas se donner la peine de tout nous réexpliquer. Euh bon ben si il veut. Merci Gentil Doc d’avoir pris du temps la semaine d’avant pour le faire.

Il demande à L’Homme de s’installer pour l’examiner et nous explique qu’il y a juste un léger souci. En effet, les résultats de l’endoscopie et de la biopsie ne sont pas probants. Mais encore ? Ah,  ils n’ont rien trouvé. Euh pardon, comment ça rien trouvé ?

Les tissus prélevés étaient sains et, par conséquent, cela va nécessiter une nouvelle biopsie cette fois plus profonde. L’amygdale n’est pas plane et faite de crypte donc les cellules cancéreuses aiment jouer à cache-cache. Fichues cellules cancéreuses à la con (pardon je suis vulgaire).

Afin de s’assurer qu’au visuel la tumeur est toujours là, Nouveau Doc examine L’Homme entouré de sa bande d’interne. Et là j’ai hésité entre rire, pleurer ou piquer une crise. D’un  seul coup les 4 internes se sont presque battus pour pouvoir regarder au fond de la gorge de L’Homme. J’ai eu l’espace d’un instant l’impression de me retrouver à la sortie scolaire de Melle C. lorsque les enfants se battaient pour regarder les crottes de lapin montrées par le garde-chasse. L’Homme était devenu une bête de foire pour petits cons en mal d’apprentissage. Bien évidemment personne ne se soucie de savoir s’il a mal, aucune remarque compatissante et aucun un regard pour moi. Une fois qu’ils ont eu fini de voir ce qu’il y avait à voir, ils sont repartis toujours sans un regard, ni une parole gentille et encore moins un au revoir. Ah non j’exagère, le dernier s’est senti obligé de dire au revoir car Nouveau Doc nous saluait également.

Au final, nous ressortons de ce Comité un peu abasourdis. A la fois pour la façon nous avons été traité et à la fois par les nouvelles. Nous attendons patiemment la secrétaire qui doit nous indiquer la date de la prochaine biopsie.

C’est programmé pour vendredi 03 octobre. Cette fois ce sera en ambulatoire, nous devons être à 7h30 à l’IGR et L’Homme sortira dans l’après-midi. Me voilà une fois encore à tenter de jongler avec les agendas et trouver des solutions pour garder les filles. Ma Petite Sœur me propose de s’occuper des filles le matin, d’amener Melle C. et sa copine Melle A. à l’école et de s’occuper de Petite L. jusqu’à mon retour.  Le mari de Meilleure Amie est réquisitionné pour venir chercher L’Homme dans l’après-midi afin de le raccompagner à la maison.

Bon finalement le RDV est décalé à 8h30 ce qui nous va très bien, cela ne devrait toutefois pas retarder la sortie de L’Homme. Je fais donc un aller-retour à l’IGR, je laisse L’Homme somnolant (le chanceux) sur un lit peu confortable. Vers 11h, mon téléphone sonne, c’est l’IGR. L’opération s’est bien passée mais L’Homme va rester en observation pour la soirée et ne sortira que demain. Pffff… Une fois encore je me retrouve à jongler avec les emplois du temps de chacun et prévoir au cas où il resterait plus. Je me prépare également à annoncer à Melle C. que son père ne rentrera pas ce soir mais peut-être demain et surtout, que je ne pourrais pas l’accompagner à la piscine comme promis le matin même. Vraiment j’aime notre vie en ce moment.

Dans l’après-midi je finis par avoir L’Homme et là j’apprends qu’en fait les biopsies n’ayant toujours rien donné, le chirurgien a fini par lui retirer l’amygdale. Pardon ? Nous aurons plus d’info dans la semaine après le retour de l’anapath. Cela devrait être rapide vu qu’ils ont décidé de garder le créneau du 14 pour commencer la chimio.

Nous sommes le 9 octobre. Toujours pas de news. L’Homme est désormais contraint à un régime liquide et il morfle question douleurs. Mardi petite frayeur qui lui a valu un nouveau détour par l’IGR suite à des saignements. Il rencontre un Nouveau nouveau Doc qui lui explique que les saignements ne sont pas graves, que l’on a toujours pas de nouvelles de l’anapath et que l’on en aura probablement pas avant 15 jours mais que L’Homme est prié de se présenter le 14 octobre pour sa chimio.

Pardon ???? Donc on nous a expliqué qu’en l’absence de confirmation biologique, on ne pouvait pas se fier exclusivement aux différents scanners et qu’il fallait refaire une biopsie. En effet, il était inenvisageable de commencer une chimio sans être certain de savoir à quoi nous sommes réellement confrontés. Et maintenant on nous explique qu’il n’y a peut-être rien, que l’on sait toujours pas mais quand même au cas où on va commencer la chimio. Non mais c’est quoi ce bordel ????

L’Homme essaye de contacter Dr Moumoute, sa secrétaire nous apprend que nous avons rdv avec lui le 15 et qu’elle va se renseigner pour le 14.

Bref plus d’un mois de passé, beaucoup de stress pour toute la famille et nos amis, beaucoup de douleurs pour L’Homme, de nombreuses nuits blanches pour moi et nous en sommes toujours au même point : nous ne savons pas.

L.

Pourquoi…

Bonjour,

Déjà de retour. Promis je vous poste très vite le dernier billet sur l’école. Pour tout vous dire il est enregistré sur le blog mais comme je n’en suis pas totalement satisfaite je ne l’ai pas encore mis ligne ! En attendant encore un billet sur Melle C.

La période des pourquoi tout parent y passe un jour, chez nous cela a commencé vers les 2 ans de Melle C.. Elle ne parlait pas super bien qu’elle nous posait pleins de questions. Trop de questions. Tout le monde m’avait dit que cela ne durerait pas. Cela fait juste 3 ans que cela dure ! Et contrairement à une publicité pour une marque de pomme numérique il ne suffit pas d’avoir une tablette pour avoir toutes les réponses !

Ici il y a un pourquoi pour tout. Pourquoi le ciel est bleu, pourquoi elle doit manger, pourquoi les nuages ne sont pas tous pareil, pourquoi elle doit se laver les mains avant de manger, pourquoi il pleut, pourquoi il est l’heure d’aller au lit…

Alors parfois il est simple de répondre, parfois elle veut juste qu’on lui réponde qu’on ne sait pas afin qu’elle puisse nous expliquer ce qu’elle elle sait. Et puis parfois je me sens très seule ! Qu’il est tentant de répondre « parce que » ! Mais dans la mesure du possible nous évitons, surtout que soyons honnête ça ne fonctionne pas et amène immanquablement un « parce que quoi ? »

Ses derniers temps quand je sèche je botte en touche et lui dit qu’elle n’a qu’à demander à Super Maîtresse. Oui je sais ce n’est pas super cool pour Super Maîtresse mais je sais qu’en général le lendemain elle a oublié sa question (jusqu’à la prochaine fois !) ! Toutefois, au cas où, j’ai avoué à Super Maîtresse que cela m’arrivait « occasionnellement » de lui renvoyer la patate chaude. Et avant de me jeter la pierre essayez de me dire comment on fabrique un os ou pourquoi une main s’appelle une main ou encore qui a décidé que 2+2 cela faisait 4.

Et puis il y a des questions plus personnelles, plus délicates auxquelles seule moi peux répondre. Sa dernière question porte sur mon père… Cette question je savais qu’un jour elle me la poserait, je ne m’attendais peut-être pas à ce qu’elle arrive si tôt.

Jusque-là elle trouvait normal d’avoir d’un côté un papy et une mamie et de l’autre juste une mamie. Mais voilà aujourd’hui elle a envie de savoir pourquoi je n’ai pas de papa et il faut bien l’avouer c’est son droit. Dans un monde idéal j’aurais préféré qu’elle ne se pose pas la question, voir qu’elle n’ait pas de raison de se poser la question mais nous ne sommes pas dans un monde idéal. Dans mon monde j’ai une famille différente de la norme avec seulement une maman.

Savoir comment répondre à cette question cela fait 5 ans que je me la pose et je n’ai jamais trouvé la réponse. Pendant longtemps je me suis dit on verra quand on y sera. Voilà on y est… et maintenant je dis quoi moi ? La vérité. C’est la seule certitude que j’ai toujours eu. Sauf que la vérité n’est pas si simple et déjà difficile à comprendre pour moi alors pour une enfant de 4 ans.

Je lui ai donc expliqué que tout le monde n’avait pas la chance d’avoir un papa aussi formidable que le sien qui l’aime de tout son cœur et probablement plus encore, que le mien n’était pas comme cela justement. Et que c’est pour cela qu’il ne fait pas partie de nos vies. Alors elle m’a juste répondu en me faisant un gros câlin, qu’elle était triste pour moi et que si je voulais elle me prêtais son papa !

Je sais que cette réponse ne la satisfera pas longtemps, d’ailleurs elle a tenté de revenir sur le sujet mais nous étions sur le trajet de l’école et ce n’était définitivement pas le bon moment pour approfondir cette discussion. Je redoute ce moment, non pas parce que je veux lui cacher quelque chose, mais parce qu’il va falloir que je lui explique qu’il y a dans notre monde des gens qui ne sont pas gentils, des gens qui ne savent pas aimer les autres et que ces personnes-là il faut les fuir pour éviter d’être blessée. Et à sa très probable question « pourquoi il existe des gens comme cela », je n’aurai pas de réponse cette fois.

L.

Décidément le mammouth va mal

Hello

 Et oui déjà de retour ! J’avais oublié quel plaisir j’avais de me mettre à mon clavier pour écrire, et tant pis si au vu des stats personne ne me lit !

Aujourd’hui je voulais vous parler de l’école, l’Education Nationale et tutti quanti. Un vaste sujet n’est-ce pas ! Tellement vaste que c’est ma 3ème ébauche de billet sur le sujet. Le 1er que j’ai commencé à rédiger en fin d’année dernière était censé être un bilan de la première année d’école de Melle C. sauf que voilà je n’ai jamais eu le temps de le finir et je trouve que faire le bilan de la petite section alors que le milieu de la moyenne section est déjà passé ça n’a plus que peu d’intérêt ! Le 2ème je l’ai commencé hier mais je n’ai pas eu le temps de le finir qu’il a fallu aller chercher Melle C. à l’école justement (et puis entre temps je dois avouer j’ai écrit sur un autre sujet un peu plus facile !). Et voilà que dans le cahier de liaison je trouve un gentil mot d’information des fédérations de parents d’élèves. Et au vu du mot je me suis dit que j’allais finalement changer un peu la ligne directrice de mon billet. Enfin non je vais en faire un 3ème billet et je tenterai de terminer la semaine prochaine le 2ème. Donc le 2ème paraitra après le 3ème qui finalement sera  le 1er vu que le 1er restera inachevé. Je vous ai perdu peut-être ?! Comme ça cela m’évitera de tout mélanger.

Avant toutes et afin que nous soyons claire aujourd’hui je ne compte pas parler des maîtresses (oui je sais professeur des écoles, mais convenez avec moi que maîtresse reste plus couramment utilisé.) ni des ATSEMS ni même du travail scolaire. Aujourd’hui ce qui m’interpelle, me hérisse, m’agace pour ne pas dire me fait sortir de mes gonds c’est plus l’administration qui régit l’école, que ce soit d’un point de vu national ou local.

On va partir du local et on parlera ensuite du national !

Donc voici le mot reçu qui m’a rendu passablement folle (disons plus que je ne le suis dans mon état normal) :

« Information sur l’évolution du groupe scolaire Moreau-Joliot-Curie

 L’ouverture d’une 4ème classe dans l’école maternelle Joliot-Curie [celle de Melle C.] est envisagée pour la rentrée de 2014, à la place du centre de loisirs actuel.

Le soir et le mercredi, la vingtaine d’enfants qui fréquentent aujourd’hui le centre de loisirs Joliot-Curie rejoindraient les quatre-vingts enfants du centre de loisirs de la maternelle Moreau.

Il n’est pas prévu de dortoir supplémentaire.

A plus long terme (probablement dès 2015), il sera sans doute nécessaire d’ajouter d’autres classes aux 11 classes de maternelles et 18 classes d’élémentaires du groupe scolaire.

L’équipe municipale propose d’agrandir la cantine (au mieux pour la rentrée 2015) et de construire un de centre de loisir élémentaire indépendant dans l’ouest de la ville (au mieux pour la rentrée 2016).

Les associations des parents d’élèves regrettent le manque d’anticipation de l’équipe municipale et demandent la création d’un nouveau groupe scolaire à l’ouest du RER. »

Quelques petites précisions s’imposent pour ceux qui ne connaissent pas notre école.

L’école de Melle C.  est une petite école puisqu’il n’y a que 3 classes. Elle est accolée à un groupe scolaire plus ancien et monstrueux qui comprend une autre école maternelle (11 classes) et une école primaire (18 classes). Elle a été ouverte y’a 3 ans pour pallier le manque de place lié à l’essor du quartier.

Elle est petite par son nombre de classes mais également par sa superficie. Aujourd’hui nous avons :

–          un centre de loisir qui est en fait une salle de classe normale équipée de toilettes.

–          Un dortoir réservé à la petite section

–          3 classes

–          1 préau

–          Des toilettes avec de mémoire 7 toilettes

–          2 bureaux administratifs

–          1 cour avec une structure de jeux assez petite.

Et cela pour 82 élèves. Oui ça fait déjà beaucoup d’élèves et lorsqu’ils sont tous dans la cour ça fait vraiment beaucoup d’élèves. Autant vous dire que l’ouverture d’une 4ème classe ne réjouit personne.

Ce qui me fait bondir dans ce courrier c’est, comme le souligne les associations des parents d’élèves, le manque d’anticipation de la part de l’équipe municipale. L’ouverture d’une classe supplémentaire on en n’avait vaguement entendu parler l’année dernière puis finalement au vu des effectifs cela ne s’était pas fait. Mais ça n’en restait pas moins inéluctable. Depuis 3 ans que notre école est ouverte il a bien dû se construire au bas mot 4/5 immeubles dans le quartier. Il était évident que dans ses immeubles habiteraient des familles avec enfants donc pourquoi rien n’a été envisagé quant à la scolarisation de ces enfants (on ne parlera pas du problème de places de crèches car c’est encore pire : 2 crèches dans le quartier seulement.) ? Il me semble pourtant que c’est la mairie qui délivre les permis de construire, et même si ce n’est pas le cas ils sont quand même au courant de ce qui se construit sur la commune non ? Alors pourquoi ne pas avoir envisagé de créer une nouvelle école ?

Aujourd’hui la cantine est partagée entre les 2 écoles maternelles et l’école primaire. Le manque de place impose la mise en place de plusieurs services. Résultat en primaire certains élèves ont à peine le temps de prendre le temps de déjeuner qu’il faut déjà retourner en classe. Alors comment cela va se passer avec une classe supplémentaire ? Parce que même si on table sur le fait que tout le monde ne mange pas à la cantine, sur une classe moyenne de 26 élèves il y en a quand même une petite vingtaine qui y mange.

Côté dortoir : pas de place pour entre construire un nouveau chez nous. Aujourd’hui par manque de place les élèves de moyenne section ne font plus la sieste : le temps calme se fait donc dans la classe assis sur une chaise et la tête sur la table. La classe de Melle C. est composée de gros dormeurs avec plus d’1/3 des élèves qui sont comme elle de fin d’année. Va-t-on demander aux parents (mères) des petites sections qui ne travaillent plus de ne pas mettre leurs enfants à l’école l’après-midi afin d’assurer une place à ceux dont les parents travaillent (bouh ! les mauvaises mères).

Et qu’en sera-t-il ensuite ? Parce qu’il y aura toujours des enfants dans le quartier et dans notre école c’est sûr une fois cette 4ème classe ouverte il n’y aura plus de places. A moins qu’ils envisagent de faire des classes de 40 élèves.

Mais finalement le pire dans tout cela c’est que nous sommes début mars que la nouvelle vient tout juste de tomber mais rien n’a été fait en concertation avec l’équipe enseignante. J’ai donc découvert avec stupeur que les maîtresses n’en savent pas plus que nous. Aucune idée de la composition de l’effectif, d’où cette classe sera exactement et de comment tout cela sera organisé. Je trouve tout ça ubuesque.

Enfin si le centre de loisirs est délocalisé dans l’école d’à côté, comment cela va s’organiser ? Que deviendra l’équipe actuellement en place ? L’intérêt de notre école et de son centre de loisir est son  côté cocon. On repassera pour le côté cocon quand il y aura une centaine de gamins dans un même centre. Et côté place les murs du centre ne sont pas non plus extensibles, surtout que l’année prochaine marque également la mise en place de la réforme sur les rythmes scolaires.

Tiens parlons en des rythmes scolaires… encore un vaste sujet d’énervement. Certains pourraient dire ou penser que j’arrive après la bataille, ce billet peut-être, mon énervement lui est réel depuis le début. J’ai assisté l’année dernière à une réunion organisée par la mairie qui était une « concertation » pour savoir comment Massy allait mettre en place la réforme. J’ai bien failli tomber de ma chaise plus d’une fois.

Pour rappel, l’idée de cette, énième, réforme c’est de repasser sur un rythme de 4.5 jours pour les enfants. Et cela non pas en raison d’un accroissement du temps scolaire mais en vue d’un allègement des journées. En contrepartie sera instauré des activités pédagogiques complémentaires en  groupe restreint. Vous aussi vous avez du mal à voir la logique ? Rassurez-vous vous n’êtes pas les seuls.

Dans l’absolu passer à 4,5 jours j’ai envie de dire pourquoi pas mais je ne vois pas vraiment en quoi cela va alléger les journées de nos enfants. Parce qu’il ne me semble pas que pour les parents qui travaillent les journées vont, elles aussi, être allégées afin de leur permettre d’aller chercher leurs enfants plutôt. Donc au final le temps de présence des enfants à l’école sera les lundi/mardi/jeudi et vendredi le même, reste que désormais ils y seront également le mercredi. Alors certains diront mais pour ceux qui vont au centre le mercredi cela ne change rien. Euh admettons. Je ne suis pas persuadée que pour un enfant une matinée au centre soit la même chose qu’une matinée à l’école.

A moins que cela ne soit un moyen déguisé pour ramener les mères à la maison afin d’inverser la courbe du chômage.

Et comme nous ne sommes plus à une connerie près, parlons des fameuses activités pédagogiques. Parce que si cette demi-journée était du temps scolaire en plus, permettant un approfondissement des connaissances, un meilleur soutien des élèves en difficulté fait par les enseignants cela m’irait très bien mais non le temps scolaire lui ne change pas : il sera toujours de 24h par semaine. Ce temps en plus est donc pour permettre aux communes d’organiser et de mettre en place des activités périscolaires appelées également TAP (Temps d’Activité Périscolaire).

Notre cher maire a lui décidé que cela ne l’intéressait pas. Ses arguments : pas de personnel, pas de place, pas de financement. Dans l’absolu je pourrais presque le comprendre mais j’ai quand même eu l’impression qu’il n’avait pas consacré plus d’une minute au problème et, que par principe, il n’en voulait pas donc on fera sans. C’est peut-être ce qui m’a le plus agacé (pour ne pas dire plus) lors de la réunion de concertation cette sensation que nous étions dans une parodie de démocratie où notre présence était requise afin de nous faire de nous faire croire que la décision était encore à prendre et que nous parents/enseignants nous avions le droit à la parole alors que la décision était prise et que rien ne le ferait changer d’avis. Pas du tout l’impression d’être prise pour une conne.

Résultat il y a quelques jours nous avons reçu un joli courrier de la mairie nous indiquant le nouvel emploi du temps de nos enfants. A partir de septembre voici la semaine de Melle C. :

  7h30-8h30 8h30-11h30 11h30-13h30 13h30-16h 16h-19h
Lundi ALSH Ecole Déjeuner Ecole ALSH
Mardi ALSH Ecole Déjeuner Ecole ALSH
Mercredi ALSH Ecole Déjeuner Centre de loisirs  
Jeudi ALSH Ecole Déjeuner Ecole ALSH
Vendredi ALSH Ecole Déjeuner 13h30-15h Ecole ALSH

Donc non seulement nos enfants vous passer plus de temps à l’école mais ce sera pour être plus à la garderie. Garderie où je vous le rappelle ils seront au bas mot une centaine. Très reposant en effet. En outre avec leurs nouveaux horaires il devient impossible aux parents qui arrivaient à finir plutôt le vendredi afin de récupérer leurs enfants de continuer à le faire. Et qu’est-ce que pourront bien faire les maîtresses en 1h30 ? A 15h les petits n’ont pas forcément fini leur sieste, il faudra donc les réveiller ? Super question rythmes de l’enfant.

Et côté financier cela va retomber en intégralité sur les parents qui devront donc payer plus avec un pouvoir d’achat qui pourtant lui est en constante baisse.

Avec une application telle quelle de la réforme celle-ci perd tout intérêt (s’il y en avait un). Pourquoi notre gouvernement s’est obstiné dans cette voie ? Qu’y avait-il de si urgent pour que cette réforme soit mise en application au plus tard à la rentrée 2014 ? Pourquoi est-ce qu’une fois de temps en temps au Ministère de l’Education Nationale ils ne font pas de réformes en concertation avec les principaux intéressés à savoir le corps enseignant et les parents ? Cette réforme est tellement mal faite qu’au prochain changement politique elle sera annulée et qui en aura payé les conséquences en attendant ?

Et dans un contexte rendu déjà chaotique par cette réforme à la noix, il ne trouve rien de mieux que de nous ouvrir une nouvelle classe sans en concerté une nouvelle fois l’équipe pédagogique, sans avoir réfléchi une fois encore à une solution pérenne.

Voilà seulement deux ans que je fréquente le système scolaire public et je suis déjà blasée devant tant incompétences. Et malgré tout je relativise en me disant qu’au moins nous avons la chance d’avoir une équipe pédagogique au top : des maîtresses et des ATSEMS géniales ! Maintenant c’est une certitude Melle C. ira dans le privé pour son entrée en primaire et Petite L. dès son entrée en maternelle. Certains me diront que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs mais je sais au moins que l’on sera moins tributaire des abrutis qui dirige l’éducation nationale.

A très vite.

L.

Mes nuits en enfer… ou presque !

Bonjour, 

Voici le pendant de ma journée en enfer… ou presque ! Un petit billet pour justifier ma trop rare présence sur ce blog !

Ce billet j’aurais pu l’appeler : presque 4 ans sans une nuit complète !

Lorsqu’on attend son premier enfant on a toujours un tas de copines qui vous rappelle sans cesse qu’il faut profiter de ce moment béni où nous sommes encore nullipare pour dormir, qu’ensuite les nuits seront plus compliquées, en tout cas les premiers mois. Je les ai écoutées, j’avoue que parfois elles me saoulaient un peu mais au vu de leurs cernes je subodorais qu’elles n’avaient pas tout à fait tort. Alors pendant ma grossesse et une fois arrêtée j’ai tenté de dormir le plus possible afin d’être reposée le jour J. Sauf que 36h de travail ont largement anéanti tout le stock que j’avais pu faire. Mais une chose est sûre personne ne m’avait dit que ça ne durerait pas quelques mois mais plusieurs années. Et que l’arrivée d’une 2ème ne fait qu’empirer les choses.

Pourtant sur le papier cela avait plutôt bien commencé : Melle C. a fait sa 1ère nuit à 2 mois et Petite L. à 1 mois. Oui je sais dit comme cela je vends du rêve ! Sauf qu’en réalité je devrais plutôt dire à 2 mois et à 1 mois mes filles ont arrêté de réclamer à manger la nuit. Parce qu’elles n’ont pas arrêté de se réveiller et donc de nous réveiller.

Je ne dis pas que je n’ai jamais eu de nuits complètes. J’en ai eu… juste assez pour ne pas être bonne à être internée ! En fait cela fonctionne par période, sauf que maintenant qu’elles sont deux leurs périodes ne tombent jamais au même moment. Résultat depuis 1 an je n’ai pas eu plus de 2 bonnes nuits d’affilées !

Mais comme il vaut mieux en rire qu’en pleurer voici toutes les excuses que me sort Melle C. pour nous réveiller :

1-      Maman, j’ai envie de faire pipi (euh ma chérie tu sais où sont les toilettes alors pourquoi me réveilles tu ???)

2-      Maman, j’ai peur du noir (tu as 2 veilleuses ma chérie c’est peut-être suffisant)

3-      Maman, j’ai fait un cauchemar (les loups/crocodiles/sorcières n’existent pas mais si moi à ce rythme-là je vais me transformer en sorcière !)

4-      Maman, tu peux rester avec moi un petit moment ? (euh il est 4h du mat ma chérie)

5-      Maman, je voulais juste un bisou/un câlin (ça ne pouvait pas attendre demain ?)

6-      Maman, j’ai froid tu peux me remettre la couette ? (tu pourrais peut-être tendre la main pour l’attraper toi-même ?)

7-      Maman, j’ai perdu mon doudou préféré… (tu as 10 doudous autour de toi, tu ne peux pas en choisir un autre ?)

8-      Maman, j’ai plus sommeil (à 3h du mat’ ? moi j’ai ENCORE sommeil)

9-      Maman, je n’arrive pas à dormir (y’a encore 2 minutes tu dormais alors continue)

10-   Maman, tu m’aimes ? (à cette heure-ci ? je n’en suis plus très sûre)

Et comme c’est plus drôle certaines nuits on cumule. En moyenne nous sommes à deux réveils par nuit. Depuis quelques semaines, sur les conseils de ma pédiatre, nous avons édicté des règles : seul un motif valable me fera lever, comprenez par-là : pipi (parce que changer des draps en pleine nuit ce n’est pas mon truc !) et/ou un cauchemar, seulement la maline a trouvé la faille : il m’est difficile de m’assurer que le motif soit valable sans me lever, alors une fois debout et bien puisque j’y suis autant faire un bisou/remettre la couverture/chercher doudou… etc… Une vrai arnaqueuse qui histoire d’éviter de se faire gronder se rendort en me murmurant « je t’aime fort jusqu’au bout du ciel ».

Petite L. était encore trop petite son nombre d’excuses est plus limitées… mais elle fait déjà preuve d’inventivité !

1-      Maman, mon reflux m’embête (put** de RGO à la c***)

2-      Maman le médicament que tu me donnes pour mon reflux me fait mal au ventre (put*** de médicament à la c*** – motif qui n’a duré qu’une petite semaine mais quelle semaine !)

3-      Maman, il est 4h c’est l’heure de se lever (non 4h n’est jamais une heure pour se lever)

4-      Maman, il est 5h je ne veux vraiment plus dormir (5h non plus… réessaye dans 1h ce sera à ton père de se lever)

5-      Maman, il est 5h je veux m’amuser à faire le tour de mon lit et à papoter avec ma sœur (pitié ne réveille pas ta sœur)

6-      Maman j’ai fait un cauchemar

7-      Maman, il y a eu un petit bruit de rien du tout qui m’a réveillée et comme j’ai pas assez dormi je suis de mauvaise humeur (moi non plus j’ai pas assez dormi et je suis également de mauvaise humeur).

Et comme pour sa sœur les motifs se cumulent parfois. Résultat en ce moment je tourne à 4 réveils par nuit : mes filles aiment la parité : 2 réveils chacune. Bref, il faut que je l’admette une bonne fois pour toutes mes filles ont un sommeil de m*** et génétiquement parlant je dois être la fautive !

Alors je prends mon mal en patience et j’imagine ma douce vengeance quand elles seront plus âgées :

1-      Réveil en fanfare le dimanche matin après une soirée de fiesta

2-      Les réveiller pour leur demander un câlin/un bisou

3-      Les réveiller pour leur raconter mes cauchemars

4-      … j’ai encore quelques années pour peaufiner ma liste !

Des idées pour compléter cette liste ? Ou mieux des idées pour les faire dormir ?

Bisous

L.

Une journée en enfer… ou presque !

Je me décide enfin à reprendre le chemin de mon clavier. Depuis un an j’ai un peu délaissé mon blog, manque de temps, manque d’inspiration, trop fatiguée par des nuits trop courtes et encore trop souvent entrecoupée de réveils multiples. Tiens faudrait que j’en parle dans un prochain billet !

Aujourd’hui je voulais vous raconter ma journée d’hier. Ici ce sont les vacances scolaires, ouf elles s’achèvent à la fin de la semaine ! (EDIT : billet commencé vendredi et fini aujourd’hui jour de rentrée !) J’adore Melle C. mais 15 jours de vacances c’est l’équivalent de 15 mercredis d’affilés. Et je ne sais pas pourquoi mais le mercredi est le seul jour de la semaine où Melle C. se lève aux aurores sans difficultés. Tous les autres jours de la semaine je dois la réveiller pour qu’elle se prépare à aller à l’école mais le mercredi alors que cette année elle pourrait en profiter pour dormir un peu plus, elle se réveille sans difficultés. Et 15 mercredis c’est également 15 idées de repas à trouver le midi en plus de ceux du soir. Faites des enfants !

Bref tout cela pour dire que, comme nous ne partons pas, il m’a fallu trouver des activités pour l’occuper. Et cette fois L’Homme a proposé que nous allions tous les 3 au Salon de l’Agriculture (Petite L est restée bien au chaud chez Super Nounou, la chanceuse !). Déjà sur le papier je n’étais pas des masses emballée mais cela faisait plaisir au père et à la fille. Qui suis-je pour leur refuser ? Le salon de l’agriculture je l’avais déjà fait un fois avec L’Homme. Impossible de me souvenir en quelle année c’était, si Melle C. était avec nous ou si c’était avant son arrivée. Je n’en ai qu’un souvenir diffus : du monde, du monde et du monde… tout ce que j’adore !

Nous voilà donc parti, sous la pluie… même le temps a essayé de me dire que ce n’était pas une bonne idée… mais je n’ai pas voulu voir les signes. Dommage ! Je vous passe le trajet en RER qui a été plutôt tranquille, Melle C. contrairement à son père est une habituée de ce mode de transport. Cela n’a toutefois, pas été le cas du trajet en tramway : un avant-goût de ce qui allait nous attendre : du monde, du monde et du monde… pas très poli, pas de très bonne humeur et vraiment pas sympathique. J’ai réussi à caser Melle C. dans un coin afin qu’elle ne se fasse pas piétiner. C’est dingue comme les adultes ne font jamais attention aux plus petits. Bref.

Enfin nous y voilà. Il était recommandé aux familles de faire leur entrée par la porte B, mais au vu de l’averse et du monde nous entrons par la première porte que nous apercevons ! Tant pis pour le sac plein de prospectus que nous aurions pu avoir ! Je suis vraiment triste de rater le bon gratuit pour une barbe à papa.

Une fois à l’intérieur nous entrons dans le 1er pavillon que nous apercevons et tant pis si ce n’est pas par-là que nous voulions commencer. J’ai marché dans une flaque et une de mes Converse a pris l’eau, j’ai froid et j’ai déjà envie de rentrer chez moi alors le plan et l’ordre de la visite conseillée je m’en fiche un peu ! Comment ça je n’y mets pas de la bonne volonté ?! Ok, peut-être je peux vous l’accorder mais je n’aime pas la foule.

Nous commençons donc par le pavillon réservé aux chiens et aux chats. Je n’ai pas tout à fait compris le rapport avec l’agriculture mais pourquoi pas. Et puis je me dis que comme ça j’obtiendrai peut être un coup de pouce de Melle C. pour que nous prenions enfin un chien. La première chose que l’on découvre, avant les animaux, ce sont les stands qui vendent tout et n’importe quoi. Euh je me suis trompée en fait nous sommes à la foire de Paris, c’est ça ? Ah ça y’est voilà les chats. Melle C. est aux anges même si je la sens quelque peu angoissée par le monde : telle mère, telle fille ! Les chats sont magnifiques, euh exception faite du chat sans poils… ce n’est vraiment pas beau ! J’entends la propriétaire vanter ses qualités : doux, sage et affectueux, et moi je ne peux m’empêcher de penser à l’épisode Friends où Rachel a acheté un chat sans poil qui se révèle être un véritable monstre ! Il faut bien l’avouer les chats sont d’un calme qui m’étonne au vu de la foule qui s’amasse devant leurs vitrines.

Au tour des chiens beaucoup plus représentés. Et là premier choc, les cages dans lesquels ils sont plus petites que ma table basse. Eux contrairement aux chats ne sont pas en vitrine et donc beaucoup plus exposés aux mains baladeuses et au bruit. Ils ont l’air franchement malheureux. Je suis assez scandalisée et je n’ai pas tout vu. Un peu plus loin installé en rotonde de minuscules cages où l’on retrouve encore des chiens… mais cette fois on trouve avec eux dans les cages les maîtres qui semblent pour certains s’ennuyer ferme. Je trouve une certaine justice à voir ses gens enfermés eux aussi en cage, même si je me dis qu’eux l’ont choisi alors que les animaux non.

Melle C. reste ravie, elle a pu voir des chiens qui ressemblaient à des loups (on est en pleine phase d’amour/répulsion pour les loups), elle a aussi trouvé « trop mignon » un yorkshire. Mais là je pense que ce sont surtout les couettes qu’elle a aimé. Mais au cas où je ne vais peut-être pas la rallier à mon projet « je veux un chien », parce que personnellement je déteste les yorkshires (je n’aime pas trop les petits chiens, enfin si on peut appeler cela un chien !).

Il est temps pour nous de changer de pavillon et d’aller voir de vrais animaux de ferme. Je vous fait la version courte, nous entre-apercevrons des chevaux, des ânes, des moutons, des porcs mais surtout et avant tout un nombre de stands qui vendent de tout (et n’importe quoi) : cela va de la machine agricole (ça je peux comprendre), aux vêtements (admettons), à la nourriture pour animaux (ok), en passons par des peluches (euh…), de la brosse qui nettoie tout, aux attrapes rêves et autres choses totalement inutiles.

Les vrais stars de ce salon restent les vaches et c’est probablement les animaux qui l’on peut le mieux voir. Bon en même temps une vache (ou un taureau) c’est loin de passer inaperçu. Les enclos n’en sont pas vraiment et une fois de plus je suis impressionnée par le côté zen des animaux. Heureusement car j’imagine que ce serait un gros bazar si le plus gros taureau du salon (1691 kg) se mettait à ruer. Nous avons même la chance d’apercevoir Bella. Alors si comme moi vous pensiez que Bella était l’héroïne d’une série de romans pour jeunes adultes, je vais vous apprendre qu’il s’agit en fait de La Star du salon : celle qui a son œil un peu partout en photo. D’ailleurs son statut de star lui permet d’avoir un enclos plus grand que mon salon rien que pour elle ! Elle parait toute petite dedans !

Nous avons fini par le pavillon dédié aux régions. En gros là où nous trouverons à manger ! Pour le coup ne nous sommes pas dans un salon touristique, les régions sont représentées par leurs spécialités culinaires et principalement par le vin ! Nous sommes bien en France ! Ce qui aura le plus intéressé Melle C. c’est la glace au chocolat que je lui ai achetée (parfois la foule me fait faire n’importe quoi… heureusement j’ai un bon détachant !). Pour nous la visite s’est terminée là, en voyant le monde qui semble s’être démultiplier depuis notre arrivée je me suis dit qu’il était temps de rentrer.

Ce que je retiendrais de ce salon ? Le monde ! Non plus sérieusement, pas grand-chose. La prochaine fois nous irons à la ferme, nous verrons mieux les animaux et je n’aurais pas mal au cœur en voyant les conditions dans lesquels ils sont traités. Maintenant le but de notre visite était avant tout de distraire Melle C. et ça semble lui avoir plu. Nous avons volontairement sauté toute la partie liée à l’agriculture et son avenir, les nouvelles technologies, la partie culture etc… Je pense que pour le coup Melle C. était encore trop jeune. Est-ce que je le referai ? Non, L’Homme amènera seule Petite L. lorsqu’elle en aura l’âge !

Bisous et à très vite.

L.

RGO ou paye tes nuits pourries

Bonsoir,

Avant tout je voulais dédier ce billet à toutes les mamans qui comme moi galère ou ont galéré et surtout à ma Mimi sans qui j’aurais probablement craqué depuis longtemps.modilac-lait-expert-riz-ar-1a

RGO ou reflux gastro œsophagien pour les non-initiés. Que j’aimerai faire partie de ses non-initiés qui ne connaissent pas la chance qu’ils ont. Pour faire simple c’est lorsque l’estomac de bébé (ou des adultes d’ailleurs) laisse remonter son contenu dans l’oesophage. En général c’est du à une immaturité du clapet qui ne joue pas son rôle. Il peut être interne c’est à dire qu’on ne voit pas le contenu remonter ou externe et là il vaut mieux avoir un bon stock de bavoir ! Le soucis c’est que ce qui remonte est rempli de suc gastrique et donc extrêmement acide ce qui est très douloureux.

Le reflux je croyais connaître avec Melle C. Ben oui y’a une composante héréditaire à cette m*** sinon ça ne serait pas drôle ! Sauf que pour Melle C. nous avions eu la version super light et super soft !

Bon à l’époque je ne le savais pas et je trouvais déjà que c’était une m*** sans nom. En tant que jeune maman j’ai eu du mal à identifier ce qui faisait souffrir mon bébé. Je trouvais juste que la quantité de lait recrachée était importante et l’explication donné par le premier pédiatre ne me satisfaisait pas vraiment. Pour moi il y avait quelque chose de pas normal mais quoi ? C’est une puéricultrice qui en me rendant visite m’a donné un début de solution. Mais voilà nous étions suivi par un abruti de pédiatre (et je reste polie) qui n’avait pas envie de creuser le sujet et trouvait plus pratique de me faire passer pour une folle, hystérique qui crie au loup pour rien (c’est le même qui m’a traité de mère indigne quand je lui ai dit que je ne voulais plus allaiter). Ma fille étant déjà têtue et adorable avait cru bon lui prouver son incompétence et défendre l’honneur de sa mère en lui régurgitant dessus lors d’une visite ! C’est fou mais d’un seul coup je n’étais plus une mère totalement hystérique qui s’inquiétait pour un rien. Il nous avait donc prescrit un traitement et un nouveau lait. Bon comme il était vraiment nul il avait oublié de me préciser que le traitement était plus efficace s’il était pris avant le biberon et non après ce qui fait qu’on avait encore galéré jusqu’à rencontre notre pédiatre actuelle.
Après avoir connu quelques galères de lait et d’épaississant tout était rentré dans l’ordre pour les 3 mois de Melle C. Elle a été sous traitement jusqu’à ses 9 mois puis on a pu tout arrêter. Alors certes il y avait eu quelques journées difficiles, des nuits un peu compliquées mais je peux maintenant dire avec le recul que dans l’ensemble cela avait été géré assez facilement ! Et surtout à l’époque je n’avais qu’elle à m’occuper !

Mais voilà Crapouillette semble être encore plus têtue que sa soeur. Pendant presque 9 mois alors qu’elle était encore dans mon ventre j’ai passé mon temps à lui faire quelques recommandations… Bien manger pour bien grossir (ok, j’avais juste oublié de préciser que c’était valable à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de mon bidou), prendre les yeux de son papa (pour le moment ok), mes cheveux (raté), et surtout et si elle ne devait faire qu’une seule chose ne pas avoir de RGO. Raté !!! Oui bon je sais ce n’est pas de sa faute mais elle aurait pu faire semblant de m’écouter !

Au moins cette fois ci j’ai su détecter tout de suite son reflux : on aurait pu croire que je donnais des chewing gum à ma fille tellement elle mâchouillait. Sauf qu’on était déjà sorti de la maternité et que le rdv chez la pédiatre était pas pour tout de suite. Donc je suis allée à la PMI pour voir avec eux ce que je pouvais faire. Grosse erreur ! Bon déjà comme l’abruti de pédiatre de Melle C. la puéricultrice n’a pas voulu me croire… mais comme sa sœur, Crapouillette est une petite fille qui adore sa Maman et qui n’aime pas qu’on la prenne pour une idiote ! Résultat la puéricultrice n’a pas eu d’autre choix que de me croire. Sauf qu’elle n’y connaissait rien… et quand je dis rien je suis loin du compte ! Le seul conseil valable a été allez voir votre pédiatre ! Mais quelle bonne idée ! Je n’y avais pas pensé !

Bref en attendant un rdv (vive les vacances scolaires !) j’ai pris sur moi de changer de lait et de reprendre celui qu’on prenait pour sa sœur, de l’amener chez l’ostéo et d’espérer très fort que cela suffise. Après avoir noté une légère amélioration c’est reparti de plus belle. A moi les lessives quotidienne, la bonne odeur de lait caillé qui m’entoure constamment, les changements de fringues alors que nous sommes en retard… mais surtout une petite fille qui détestait la voiture, le transat et qui n’était bien que dans mes bras en position debout… dans la journée ça le fait mais la nuit… dormir debout je ne sais pas faire ! Bref retour 3 ans et 1/2 en arrière avec une différence de taille : la journée pas moyen de comater : vive les vacances scolaire et Melle C. elle dort la nuit elle !

On a du attendre deux mois avant d’avoir enfin une prise en charge médicamenteuse et pourtant je sais maintenant que nous n’avions pas encore vécu le pire ! Retour au cocktail détonnant : fenouil/banane ! Non mais sérieusement y’a un mec dans un labo qui s’est dit à quoi pouvons nous parfumer un sirop pour enfant ? Quel est le mélange le plus ignoble qu’il existe histoire de bien embêter les parents ? Fenouil/banane ! Non mais quelle bonne idée ! Il mériterait que je lui en fasse boire quelques bouteilles… quoi qu’une seule pipette devrait lui remettre les idées en place ! Et encore cette fois j’ai eu un peu moins à me battre pour que ma Crapouillette l’accepte. Ouf car rien que de me souvenir combien cela avait été difficile au début avec Melle C. me donne envie de pleurer.

Sauf que là où cela avait été presque miraculeux pour Melle C. cela s’est avéré être totalement inefficace pour Crapouillette. Et plus les jours passaient et plus elle souffrait : le reflux entraînant un probable début d’œsophagite. La conséquence première et directe a été de compliquer sérieusement nos nuits. Alors qu’elle ne réclamait plus de biberons la nuit depuis un petit moment, la douleur la réveillait. passage au plan B : changement de lait… grosse grosse bêtise. Dormir ? euh cela signifie quoi déjà ! Donc on est repassé à notre lait et on met en place le plan C. Heureusement que nous avions été prévoyant et que nous avions prévu 3 plans. Cette fois on sort l’artillerie lourde : un inhibiteur de la pompe à proton. Késako ? Pour faire simple cela neutralise l’acidité de l’estomac. Cela n’empêche en rien que cela remonte mais au moins cela ne brûle plus ! Là où je tic c’est qu’il n’y a pas d’autorisation de mise sur le marché pour les bébés. Mais bon si cela peut la soulager je suis preneuse. Et surtout si cela peut me permettre de dormir j’avoue je prends tout !

Ce nouveau médoc ne semble pas être parfumée avec un parfum ignoble. 1er jour de traitement. Oh ma fille sait sourire ! Elle peut même rester quelques minutes dans son transat ! Ne pas crier au miracle tout de suite, surtout ne pas nous porter la poisse… mais je ne peux m’empêcher d’espérer, j’ai tellement envie de croire que combiné au lait AR et au Gaviscon nous avons trouvé le cocktail miracle. Allez je ne vais pas faire durer le suspense… Raté ! Nous avons connu la pire semaine de notre vie depuis la naissance de Crapouillette. Alors oui les régurgitations ne sont plus douloureuses. Désormais Crapouillette nous fait même de beaux sourires tout en recrachant la moitié de son bib (l’inventeur de la machine à laver et de la lessive est mon Dieu !). Sauf que, ben oui faut bien qu’il y ait un sauf que… sauf que ce fichu médicament lui donne des coliques. Donc maintenant nous avons un bébé qui ne se tord plus de douleur parce qu’elle a mal à la gorge, nous avons un bébé qui se tord de douleur car elle a mal au ventre. Et la seule chose qui la calme ce sont les bras. Facile me direz vous ! Oui sauf qu’elle a besoin que nous marchions. Le balancement la calme et lui permet de s’endormir quelques minutes. Quelques minutes de calme où elle se détend un peu. Quelques minutes où je peux contempler mon bébé sans me sentir coupable de tout ce qu’elle endure. Mais surtout ne pas s’arrêter, ne pas envisager de la reposer sous peine de la réveiller et de la voir pleurer à nouveau. Ouf, au vu de l’heure je n’ai rien d’autre à faire. Ah oui je ne vous ai pas dit… ses crises se déroulent à partir de 3h30… j’ai passé donc quelques jours nuits à faire les cents pas dans mon salon tout en envisageant sérieusement de faire du couloir de l’immeuble une annexe à ma piste de marche. L’Homme prenait le relais au petit matin afin que je puisse envisager de dormir une petite heure avant le réveil de Melle C. et que ma journée ne commence. J’ai tenu 4 nuits… la 5ème j’ai craqué et j’ai réveillé L’Homme après que l’espace d’un instant j’ai envisagé de sauter par la fenêtre pour fuir les pleurs et la douleur. Et surtout je suis retournée voir notre pédiatre. Quitte à faire un piquet de grève devant son bureau il n’était pas question de partir sans une nouvelle solution. Et cette fois une solution qui me permette de dormir… 3 mois et 1/2 de nuits sans une vrai nuit commençait sérieusement à altérer mes facultés mentales et j’avais l’impression de perdre pieds.

Je crois que la pédiatre en me regardant a compris la gravité du problème. Nous arrêtons sur le champ le médicament. Il n’est pas question de la laisser souffrir plus, c’est inhumain pour tout le monde. Reste plus qu’à trouver une nouvelle solution. Car ce put*** de reflux est toujours là, sournois prêt à réapparaître. Dernière piste non explorée : l’IPLV (l’intolérance aux protéines de lait de vache). Au vu de mes antécédents, de mes allergies cela ne semble pas totalement stupide. Me voilà donc avec un nouveau lait à tester. Un lait à base de protéines de riz hydrolysées toujours épaissis (on ne prend pas de risque !). Seul soucis, oui rien n’est simple avec nous, ce lait est sorti sur le marché au début de mois et la plus part des pharmacies ne l’ont pas encore. En fait la majorité des pharmacies que j’appelle, pour ne pas dire la totalité, ne savait même pas qu’il existait un tel lait. Et en attendant sans autre traitement que le Gaviscon, les régurgitations de ma puce ont repris le dessus. Ouf les coliques s’éloignent. Mais j’ai un peu l’impression d’avoir le choix entre la peste et le choléra. J’ai le choix un bébé qui régurgite et risque l’œsophagite ou un bébé qui a des coliques… je préférerai l’option un bébé qui ne souffre pas. Non ce n’est pas possible ? Pas tant que je n’aurais pas trouvé ce fichu lait.

Voilà 1 mois et 1/2 que nous avons changé de lait. La première semaine a été compliqué car elle refusait de boire son biberon… en même temps rien qu’en regardant la tête du lait ça ne donne pas envie de le boire (si vous avez déjà pris du Smecta vous avez une bonne idée de la consistance du lait) ! Mais elle n’a pas le choix et elle a fini par s’y faire. Les jours passant nous avons noté une nette amélioration. Il y a encore des régurgitations mais elles ne sont plus douloureuses et petit à petit elles s’espacent et diminuent. Depuis quelques jours j’arrive à lui retirer son bavoir après manger, chose jusque là impensable. Nous avons été jusqu’à utiliser 8 bavoirs par jour ! Mais surtout nous avons redécouvert notre petite fille. Un bébé zen, patiente, avec toujours le sourire qui ne pleure que lorsqu’elle a sommeil ou faim. Nos nuits ? Nous avons encore eu le droit à des réveils nocturnes mais ne nécessitant plus forcément de devoir marcher (enfin sauf quand c’est L’Homme qui s’y colle, mais je soupçonne ma Crapouillette de faire tourner son père en bourrique), puis depuis quelques jours cela va mieux. Elle est un peu matinale à notre goût mais rien à voir avec ce qu’on a pu endurer. Et chut mais depuis deux jours nos nuits sont parfaites… enfin sauf que Melle C. trouve drôle de me réveiller pour avoir un bisou. Oui oui elle veut juste un bisou avant de retourner ronfler ! Grrrr…

Il nous aura fallu 4 mois pour trouver une solution pérenne, 4 mois pour que notre bébé arrête de souffrir, 4 mois pour découvrir que notre petite fille était un ange. 4 mois de souffrance, 4 mois de nuits pourries, 4 mois de doutes, 4 mois de culpabilité, 4 mois de gâché… J’ai envie de croire que tout cela est derrière nous maintenant mais je sais que le reflux est une bête immonde qui reste tapit dans l’ombre et que le moindre changement peut venir tout remettre en question. Je sais aussi que le temps joue pour nous. Nous avons commencé la diversification un peu plus tôt que prévu pour essayer d’enrayer le problème, mais aussi pour des questions d’allergies et pour qu’elle envisage de prendre du poids. Quand à l’IPLV nous tenterons une réintégration progressive vers ses 1 ans. Plus de 90% des IPLV passe avant les 3 ans.

Allez on croise les doigts tout va aller pour le mieux désormais !

Bisous

L.

Quand la vie prend une direction un peu différente…

Bonjour,

Voilà un moment que je traîne l’idée de faire se billet sans vraiment y arriver.

En fin d’année dernière, nous sommes rentrés chez moi. Voilà 8 ans que je n’étais pas retournée dans mon île. Pendant longtemps cela ne m’a pas manqué, mais avec la naissance de Petite Puce le mal du pays s’est fait de plus en plus sentir. Il devenait important et viscérale que ma fille connaisse mon île, une partie de mon histoire, mes amis. Je voulais qu’elle sache qui je suis. Alors lorsque l’opportunité s’est présentée nous n’avons pas hésité : il était temps de rentrer au pays.

Petite Puce et moi avons passé un mois au Fenua, un mois qui m’a permis de prendre conscience de ce que j’avais volontairement occulté, ce que ces dernières années j’avais tenté, non pas de renier, mais de minimiser : je ne suis peut-être pas née là-bas mais ça n’en reste pas moins mon pays. Ma famille y habite, mes amis y habitent, mes souvenirs y sont liés et je suis viscéralement attachée à cette terre, à cette île. Pendant longtemps sous prétexte que je n’étais pas née là-bas je me suis cru interdite de penser, de croire que c’était chez moi. Cela peut paraître stupide mais je pensais n’avoir pas la légitimité pour dire que cette île était aussi la mienne alors adolescente je l’ai détestée autant que je l’ai aimé et j’ai choisi de la fuir pour apprendre et comprendre combien elle faisait partie de moi.

Pour la première fois je me suis permise d’y croire et de le penser. Pour la première fois depuis des années je me suis sentie à ma place, je n’avais plus l’impression d’être un imposteur. J’étais enfin rentrée chez moi.

Mais voilà il a fallu repartir en métropole car nos vies étaient là-bas. Le retour a été plus que difficile pour tout le monde. Melle C. ne comprenait pas pourquoi sa Grand-mère n’était plus auprès d’elle, pourquoi elle devait s’habiller, pourquoi il faisait froid. L’Homme et moi nous ne comprenions pas l’agressivité des gens autour de nous, pourquoi nous devions supporter ce froid. Je n’arrêtais pas de me demander ce que je faisais là. Je me sentais comme une étrangère dans cette ville, dans cette vie. J’ai pris conscience que ce n’était pas, ce n’était plus la vie que je voulais. Alors après en avoir longuement discuté avec L’Homme nous avons décidé qu’il était temps pour notre bien être à tous de rentrer chez moi. Nous nous sommes laissé l’année pour organiser le déménagement, trouver des boulots avec l’objectif de passer Noël en famille à la maison.

J’ai enfin pu rêver d’une autre vie, d’une vie pas forcément plus facile mais entourée des gens que j’aime dans un environnement où je me sens bien. Mais voilà, parfois la vie ne va pas dans la même direction que celle que vous aviez imaginée et elle nous amène à faire des choix. Et alors que ce projet mûrissait et se dessinait doucement il a fallu que je fasse un choix.

En fait ce n’est pas totalement comme cela que cela s’est passé. Peut-être que cela aurait été moins douloureux si j’avais vraiment eu le choix. Mais cela s’est imposé à moi comme une évidence et la conséquence a été de devoir renoncer, au moins temporairement à partir.

Renoncer à un rêve, à un plan de vie c’est faire le deuil d’un futur idéalisé. Peut-être que partir était une mauvaise idée, peut-être que cela se serait soldé par un échec. Je ne le sais pas, je ne le saurais pas. Nous étions préparés à un échec possible mais je me disais qu’au moins j’aurais essayé. Cela aurait été difficile et douloureux mais certainement moins que de devoir y renoncer sans même avoir tenté.

On pourrait croire que renoncer à un rêve pour un autre rend les choses plus faciles, mais ce n’est pas le cas. Il m’a fallu du temps pour le digérer et l’accepter.

Aujourd’hui c’est un peu plus facile, toujours un peu douloureux mais moins. Les difficultés à traverser se sont finalement envolée pour ne laisser place qu’un joli bonheur et cela a beaucoup aidé.

Je me suis rattachée à des évidences et des bonheurs. Le contexte économique n’est certainement pas favorable à un déménagement, quitter un job et un appartement pour un rêve c’est facile lorsqu’on est seul ou deux, plus compliqué et peu raisonnable à quatre. Et cette famille à quatre je l’ai tellement désirée, souhaitée, rêvée qu’elle est plus importante que de rentrer à la maison.

Un jour nous partirons tous ensemble pour nous installer définitivement au Fenua, ce n’est que partie remise ! Ce jour-là sera le bon moment et nous y serons heureux en famille.

L.

P.S : promis mes prochains billets seront plus légers !

Quand attendre un enfant n’est pas une évidence…

(Billet rédigé il y a déjà plusieurs mois)

Bonjour,

Voilà un billet pour le coup beaucoup plus personnel et beaucoup moins léger que les précédents mais il me tenait à cœur. J’ai toutefois longtemps hésité avant de le faire car il touche à l’intimité d’un couple et ce n’est pas quelque chose que j’aime exposer. C’est drôle et léger de parler de notre mariage, beaucoup  moins de parler de la difficulté à concevoir un enfant.

Pour beaucoup vouloir et faire un enfant est quelque chose qui va de pair. C’est souvent une décision de couple, parfois même un accident mais dans tous les cas une volonté qui se réalise très facilement, tellement facilement que l’on ne s’imagine pas à quel point cela peut être un parcours douloureux, long et semer d’embûches.

Tout commence dans la douleur, la douleur de voir chaque mois que ce n’est pas encore pour ce mois-ci, la douleur de voir ses amies tomber enceinte, la douleur de voir des inconnues enceintes dans la rue, la douleur chaque mois de ne pas comprendre pourquoi cela arrive aux autres et pas à nous. La douleur de se sentir se renfermer sur soi, devenir une autre, une personne jalouse qui a de plus en plus de mal à se réjouir du bonheur des autres. On se sent une horrible personne, la pire des amies. Chaque réunion entre amis est redoutée et appréhendée : « quelle nouvelle va-t-on bien nous apprendre ? ». Tout comme on a de plus en plus de mal à répondre à cette horrible question : « et le 2ème c’est pour quand ? » avec à chaque fois l’envie de répondre : « mais en quoi ça te regarde co*** ? ». On devient champion dans l’art de l’éviction, on botte en touche, on fait semblant de ne pas avoir entendu ou pire on ment « oh pour le moment un nous suffit ». Quel horrible mensonge.

Après quelques mois d’attente on n’imagine pas toujours qu’il y a un vrai problème mais cela commence à faire long alors on retourne voir son médecin. Il se veut rassurant à cette 1ère visite. Selon lui un tout petit coup de pouce aidera, on va quand même faire des analyses de sang au cas où, mais c’est sûrement rien. Et à en croire ses 1ers résultats oui c’est probablement rien. Et puis on a déjà une magnifique petite fille c’est donc bien la preuve qu’il ne peut pas y avoir de problème.

Mais voilà on laisse passer encore quelques mois et toujours rien. Le temps est passé tellement vite que cela fait déjà 1 an ½ que l’on porte dans nos têtes, dans nos cœurs ce 2ème enfant qui ne se décide pas à arriver. Cette fois le corps médical est moins rassurant et des examens plus poussés sont à effectuer.

Et le verdict tombe un jour : infertilité. S’accompagne de ce mot tant redouté tout un tas d’acronymes plus barbares les uns que les autres. Un langage qu’on va vite devoir apprendre à décoder, à comprendre et à assimiler car désormais notre quotidien pour les mois à venir, voire les années à venir risque de ne tourner qu’autour d’eux. On croyait que les difficultés s’arrêteraient une fois le diagnostic posé… en fait elles ne font que commencer. Désormais c’est un parcours semé d’embûches qui nous attend, un parcours bien plus long que celui que l’on a déjà vécu, un parcours bien plus ardu que ce soit physiquement ou moralement, un parcours qu’on ne souhaite à personne, pas même à son pire ennemi. On découvre un monde qui jusque-là nous était inconnu et que l’on aurait aimé ne pas connaitre. On comprend aussi très vite que désormais nos amis seront rangés en deux catégories : ceux qui sont passés par là et qui peuvent comprendre et les autres. En effet, celui qui n’est pas passé par là ne peut pas comprendre, il peut tenter, essayer mais ne comprendra pas. C’est au-delà de l’inimaginable. Ce n’est pas grave, c’est juste comme ça. Cette dichotomie de notre monde s’effacera probablement quand tout cela sera derrière nous.

La première chose que l’on découvre en mettant un orteil en PMA c’est qu’il faut s’armer de beaucoup de patience et s’aimer très très fort. Car seul un amour indestructible peut nous permettre d’affronter tout ce qui nous attend.

Une fois le diagnostic posé, notre médecin nous a aiguillés vers un centre de PMA. En effet, il n’est pas compétent pour gérer des cas comme le nôtre. Il nous faut nous entourer d’une équipe qui sera là pour nous aider à concevoir cet enfant tant désiré. Mais avoir le droit de les rencontrer n’est pas si simple et les rendez-vous difficiles à obtenir : 2 mois d’attente. Deux mois de perdu dans notre bataille contre le temps. Deux mois qui nous amène aux portes de l’été et qui nous amènera immanquablement à cet automne et en moins de deux probablement à l’année prochaine. Il faut en prendre son parti, en profiter pour lâcher prise avant de s’attaquer aux choses sérieuses, prendre des forces car l’avenir s’annonce un peu plus compliqué que prévu. Il s’agit aussi de faire le deuil d’un « bébé couette », de nos projets de vies pour les mois (années) à venir. Et finalement deux mois n’est pas de trop pour appréhender ce qu’il nous attend, le comprendre et l’accepter.

Ces deux mois permettent aussi de découvrir ce qui nous attend. On découvre et on rencontre des copinautes qui sont passées par là, où qui sont dans la même galère. Chacune avec une histoire un peu différente mais avec toutes le même point commun cette souffrance face à ce qui nous arrive et en même temps une farouche volonté d’en découdre avec ce qui ne sera pas une fatalité. Il n’est pas question de rendre les armes sans se battre. L’entraide et l’écoute sont de mise. On tremble pour leurs rendez-vous, on espère en même temps qu’elles, on souffre quand cela ne fonctionne pas. Cette fois plus de jalousie, juste l’envie que cela marche pour elle car cela nous laisse l’espoir que cela peut fonctionner aussi pour nous.

Ces deux mois passent à la fois très vite et très lentement. La distorsion du temps est vraiment quelque chose de particulier. Deux mois pendant lesquels on a parfois l’impression de s’arrêter de vivre, notre univers se résout à une date : celle de notre rendez-vous. Il n’existe pas d’avenir au-delà pour le moment. Et un jour ça y’est nous y sommes. Ce rendez-vous on en attend beaucoup : des réponses, des explications et surtout on vient y chercher un avenir, un avenir à 4. On en ressortira avec nos questions, nos doutes le tout accompagné de nouvelles analyses, de nouveaux examens et un prochain rendez-vous qui nous amène comme on le craignait à cet automne.

Et puis un jour le miracle que l’on attendait plus, celui qu’on nous avait annoncé comme impossible arrive, sans que l’on s’y attende vraiment, sans qu’on veuille y croire totalement. Bonheur et peur sont inextricablement liés jusqu’à ce qu’on entende enfin les premiers battements de ce petit cœur en nous. Pour nous le parcours tant redouté n’aura finalement pas lieu d’être… Cette vie à quatre va enfin être une réalité.

Maintenant il ne reste plus qu’à profiter de ce bonheur inespéré, de le savourer et d’en prendre soin car nous savons mieux que quiconque à quel point il est précieux.

L.