Le Parc ou cette jungle pour enfants

Bonjour,IMG_1156

Voilà un moment que j’avais envie de faire ce billet, j’en avais même commencé une ébauche et puis… et puis sur le coup j’ai dû manquer d’inspiration et voilà un long moment que le début végète sur mon PC ! En fait, ce billet j’avais commencé à l’écrire quand je fréquentais le Parc principalement pour Melle C. car Petite L. était trop petite… résultat aujourd’hui on y va à la demande de Melle C. mais aussi de Petite L.

S’il y a bien une chose que je n’aime pas dans mon rôle de Maman c’est bien aller au Parc. J’ai fini par m’y faire et c’est moins désagréable maintenant que les filles sont plus grandes mais franchement ce n’est pas ma tasse de thé. Il y a encore un an je n’aurais pas hésité à vous dire que je haïssais le Parc. Si ce n’est plus de la haine ce n’est toujours pas l’amour fou loin de là. Mais il faut admettre qu’au Parc on a apprend plein de choses sur la nature humaine ! Je crois que les sociologues pourraient en tirer de grandes études comportementales !

Commençons par définir ce qu’est le Parc. Mamie Tahiti croyait que c’était un espace vert avec de arbres où les enfants s’ébattaient en toute tranquillité. Non un endroit comme cela n’existe pas lorsqu’on habite comme nous en ville ! Ici ce qu’on appelle Parc est une aire de jeux destinées aux enfants avec des structures de type toboggan, balançoires, cheval à bascule… le tout recouvert d’un sol plastifié devant amortir les chocs. Nous avons la malchance d’en avoir deux à proximité de chez nous : le Grand Parc et le Petit Parc. Pendant longtemps nous allions au Petit Parc mais Melle C. a grandit et nous sommes désormais des habitués du Grand Parc. Rien que d’écrire que nous sommes des habitués cela me déprime ! Je dois admettre que pour moi le Grand Parc est à la fois mieux car je suis sûre de trouver une place pour m’assoir et plus stressant car les structures sont plus grandes et l’espace de jeux plus important à scanner du regard !

Le Parc c’est un peu mon enfer sur terre. Pourquoi je n’aime pas cela ? Au choix et sans mention inutile à rayer : je m’y ennuie, j’ai l’impression de faire potiche, y’a souvent trop de monde à mon goût, cela fait ressortir mes plus vilains instincts, et parfois cela m’oblige même à être sociable ! Et on y croise souvent les mêmes personnes : certaines agréables, d’autres insupportables.

Ainsi selon les heures, la fréquentation n’est pas la même mais on y trouve une certaine récurrence. Déjà la majorité des adultes sont des femmes, je ne dis pas qu’il n’y a pas de papas mais il faut l’admettre ils sont souvent sous-représentés. Pour les papas célibataires il y a probablement un vivier à explorer ! On retrouvera ensuite 3 grands groupes d’accompagnants : les nounous, les Grands-Parents et les Parents.

En général les nounous sont entre elles, elles forment un gang soudé. Pour les reconnaitre facile : elles ont des poussettes doubles et elles semblent aussi à l’aise que des poissons dans l’eau. Elles papotent, jettent un coup d’œil de temps en temps sur la progéniture qu’elles sont censée garder. De temps en temps on entend un rappel à l’ordre. Et si l’on tend l’oreille pour écouter leurs conversations cela tourne souvent sur leurs employeurs c’est-à-dire les parents des dits enfants qui jouent. Au début cela me choquait de les entendre casser du sucre sur le dos des parents. Probablement parce que je suis moi-même maman et employeur. Mais je me suis aussi rappelée que lorsque l’on travaille en entreprise on se prive pas de critiquer les chefs… c’est le jeu ! Pas très juste, pas très cool mais c’est comme cela je crois. Bon là où ça m’agace c’est que la relation assistante maternelle/employeur n’est pas du tout une relation conventionnelle de patron/employé. Mais cela pourrait faire l’objet d’un billet ! Bref, les nounous du Grand Parc sont loin d’être les plus désagréables et gênantes. Il est par contre assez difficile d’intégrer ce gang. Lorsqu’on connait quelques nounous on est admis du bout des lèvres mais il faut montrer pattes blanches. Cela permet parfois de faire passer le temps plus vite en apprenant des ragots d’autres parents !

Les Grands-Parents sont assez drôles. Ils ne sont clairement pas dans leur univers. On aura deux sortes de Grands Parents d’ailleurs : ceux qui gardent régulièrement leurs petits-enfants et les autres. Les premiers sont un peu plus habitués à être là, ils connaissent les jeux, savent qu’il faut prendre son mal en patience. Ils s’assoient et attendent en regardant la progéniture de leur progéniture s’amuser. Et puis il y a les autres. Là c’est un peu plus drôle. Déjà ils se demandent ce qu’ils sont venus faire dans cette galère.  Ils me font penser à des moutons égarés dans un enclot de loups. Déjà ils sont souvent venus à deux afin, peut-être, d’être plus fort dans l’adversité. Ils n’ont pas compris que leurs petits-enfants veulent juste jouer tranquillement avec leurs amis. Ils sont donc derrières leurs dos. Si par hasard ils sont en charge de petits, ils les surveillent comme du lait sur le feu. On les sent en stress et ils prennent le premier prétexte pour fuir !

Enfin nous avons les parents ! Là encore on pourrait sous diviser les groupes :

  • Les jeunes parents sont touchants. Pour les repérer facile : ils suivent leur petit bout à la culotte. Souvent d’ailleurs celui-ci ne marche pas encore très bien. Ils ont avec eux un sac contenant tout leur appartement. Chacun d’entre nous est passé par cette étape-là, certains étant juste un peu plus stressé que d’autre (et non ce n’était pas mon cas mais par contre c’est celui de L’Homme) ! Ils n’ont pas encore intégrer les règles tacites qui s’appliquent au Parc : le Parc c’est la jungle et non un état de droit. Ils tentent de faire respecter l’ordre et la discipline et réglementer le temps de passage à la balançoire, l’ordre au toboggan. Comme ils ne comprennent pas encore la notion de communautarisme qui y règne. C’est d’ailleurs assez drôle de les voir catastrophés quand leur chérubin emprunte une trottinette, une poussette, un ballon et outré lorsqu’un enfant fait mine d’emprunter un jeu de leur cher petit. Ils apprendront assez vite que ce qu’on apporte au Parc peut être susceptible d’être manipuler par tous, si on ne le veut pas alors cela reste à la maison. Malgré tout ce ne sont pas les plus désagréables, ce sont des justes primipares qui ne peuvent pas s’empêcher de juger les autres parents, ceux qui comme moi laisse leurs enfants en paix ! Au fil des années ils comprendront et changeront de catégories !
  • Les plus enquiquinants ce sont ceux qui viennent pour retrouver leurs copains : déjà ils squattent les bancs comme un troupeau et si possible les meilleures places ! Vous savez celle qui permettent d’avoir une vue d’ensemble du Parc sans avoir à se lever et qui sont au soleil l’hiver et à l’ombre l’été. Ceux-là m’agacent car ils ne viennent pas pour leurs enfants mais pour eux-mêmes et laisse aux autres parents le soin de s’occuper de leurs enfants. Pour eux le Parc est finalement une halte-garderie avec pleins d’adultes chargés de veiller, amuser leurs enfants sans que cela ne leur coûte un sous. Et je les soupçonne de briefer leurs enfants avant car au moindre souci ils viennent te voir toi et pas leurs mères. Tu es foutue si ton enfant a le malheur d’avoir un/une copin(e) dont la mère appartient à cette catégorie. L’extrême vu pendant les vacances : la maman a laissé ses filles pour aller faire quelques courses. Comment je m’en suis aperçue : la petite s’est fait mal et personne pour la consoler.
  • Enfin on aura les autres. Parmi celles-là, il y aura la maman qui veut se faire des amis et qui t’abordera en te flattant le plus souvent, la maman flippée qui ne laisse pas son môme faire un pas, celles qui flippent mais laisse leurs enfants tenter leurs expériences en se rongeant les ongles jusqu’au sang, celles qui passent leur temps à crier, à encourager, à menacer, celles qui se demandent ce qu’elles font dans cette galère et qui regardent l’heure pour calculer quand elles pourront donner le signal du départ… Je me retrouve dans toutes ses mamans car selon mon humeur, l’humeur de mes filles je suis tour à tour toutes ces mamans à la fois.

Au Parc j’y vais par obligation et rarement par plaisir mais après quelques années j’ai appris à ne plus le détester autant. Je pourrais presque prendre du plaisir à voir mon petit ouistiti s’éclater quitte à me faire quelques cheveux blancs au passage. Mais ce que j’aime le plus c’est le retour des beaux jours qui me permettent de ne plus y aller car on peut réinvestir le jardin de la résidence !

L.

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Une nouvelle Crapouillette est attendue !

Bonsoir,

Voilà un moment que j’ai déserté le clavier mais je ne trouvais pas de sujet inspirant. Euh ce n’est pas que j’en ai trouvé un ce soir mais j’avais juste envie de retrouver le plaisir de taper sur mon clavier en espérant que cela ne parte pas dans tous les sens !

Ce soir j’avais envie de vous parler de cette 2ème grossesse car finalement j’ai assez peu abordé le sujet sur ce blog. Seuls 3 petits articles consacrés dont 2 qui sont passés inaperçus car je n’en ai pas fait la promotion sur un célèbre réseau social (vous n’avez plus qu’à chercher !) !

En même temps moins de choses à raconter et oui pas de poussette à acheter, ni de chambre à commander, pas même besoin de vêtements (bon j’ai quand même pas pu résister à l’envie d’acheter 2/3 petites choses). Pas même de nounou à chercher puisque nous avons la chance de garder Super Nounou pour Crapouillette ! Les seules choses qui nous manquaient ne nécessitaient pas de faire des articles ! Quoiqu’en y réfléchissant je ferais peut-être un appel au secours pour choisir un nouveau tapis d’éveil ! Et oui pour un 2ème enfant on a déjà beaucoup de choses voir quasiment tout et surtout si, comme nous, vous attendez une 2ème petite fille ! Et je ne vous cache pas que mon banquier a été plutôt soulagé d’apprendre qu’il s’agissait d’une Crapouillette : il n’a pas eu besoin de me demander de calmer une éventuelle fièvre acheteuse liée aux hormones de grossesse !

Mais du coup c’est un peu frustrant. J’ai eu l’impression de consacrer moins de temps à cette nouvelle grossesse, de lui donner moins d’importance et je me suis immanquablement posée la question de mes sentiments vis à vis de ce bébé : est-ce que je serais capable de l’aimer autant que mon aînée. Bon question stupide, je vous l’accorde mais parfois avec les hormones on déraille un peu ! Et en même temps qu’elle future Maman, que ce soit pour le 1er, le 2ème ou même j’en suis persuadée les suivants, ne se posent pas la question ! Allez, je vais être joueuse que la 1ère qui ne s’est pas posée la question me jette la 1ère pierre virtuelle (je vous laisse trouver un émoticône en forme de pierre !).

Cette 2ème grossesse est à la fois un recommencement de ce que l’on connait déjà et en même temps totalement différente de la 1ère.  Une sage-femme a gentiment tenté de m’expliquer c’était une nouvelle grossesse donc une nouvelle aventure et qu’il fallait faire table rase du passé : dans l’absolu je suis d’accord avec elle : nouveau bébé, contexte différent etc… Mais en réalité on ne peut pas faire abstraction de notre vécu,  cela n’est pas possible, ou tout du moins moi je n’y suis pas arrivée. Les petits bobos ne sont pas forcément les mêmes mais ils n’en sont pas moins là, mais surtout les angoisses sont toujours belles et bien présentes voir encore plus présentes. Par contre elles sont différentes. J’ai traversé ma 1ère grossesse sur un nuage, je planais littéralement sans me rendre compte des dangers que nous courrions avec Melle C.. Sauf que cette fois je n’ai pas décollée, entre temps j’avais pris conscience des risques auxquels nous avions échappé et j’ai donc passé une partie de mon temps à appréhender que cela n’arrive à nouveau. Pas vraiment facile d’être sereine dans ses conditions.

Cette 2ème grossesse me permet déjà d’appréhender ce qui finalement me fait le plus peur : apprendre à partager mon temps entre mes filles. Comment leur apporter tout ce dont elles ont besoin sans en léser une et sans me perdre. Je suis issue d’une fratrie un peu particulière qui fait de moi une « quasi » fille unique en raison de la grosse différence d’âge entre mes frères et sœurs et moi, et mon homme lui est totalement fils unique (pour mon plus grand malheur !)… alors tout cela est nouveau pour moi. Il s’agit probablement d’une angoisse pré-natale car quelque chose me dit qu’une fois Crapouillette là, je n’aurais pas trop le temps de me poser des questions ! Mais ça n’en reste pas moins une source de stress… surtout que cette année n’ayant plus d’activité professionnelle j’ai consacré plus de temps à Melle C., alors comment lui en consacrer moins sans que cela ne la blesse ? Partager mon temps de manière comptable : il y a longtemps que je sais que la vie ne fonctionne pas comme cela ! Je n’ai pas encore trouvé la solution et je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’intuition qu’il n’existe pas de solution parfaite !

Mais cette 2ème grossesse est aussi magique, magique car tellement désirée et surtout magique car je la partage avec L’Homme mais cette fois également avec Melle C. et ça c’est le meilleur remède à mes angoisses. Nous avons fait le choix de la laisser libre de s’y impliquer ou non. La seule chose à laquelle j’ai tenu c’est qu’elle soit la 1ère informée. Je ne voulais pas qu’elle l’apprenne autrement que par nous et qu’elle n’ait pas l’impression qu’on la laissait de côté. Sur le coup à part nous dire « je veux une petite sœur » on a eu le sentiment que ça lui passait largement au-dessus de la tête ! Au moins je n’ai pas eu l’impression de l’avoir perturbée. Puis petit à petit l’idée a du faire son chemin et elle a commencé à en parler : c’est finalement elle qui l’a annoncé à nos amis les plus proches. Au fur et à mesure que mon ventre s’arrondissait elle a fini par s’intéresser à ce qu’il pouvait bien y avoir dedans. Elle n’a d’ailleurs jamais voulu démordre que c’était une petite fille ! Enfin sauf le jour où nous avons pu lui annoncer qu’elle avait raison et qu’elle allait bien avoir une petite sœur, j’étais tellement heureuse de pouvoir le lui annoncer que sa réaction m’a laissé sans voix ! Nous avons eu le droit a : « mais moi je veux un petit frère ! ». Chipie va !

Les mois passant elle s’est mise à vouloir communiquer avec cette petite sœur : elle lui parle, chaque matin ou presque elle lui explique le déroulement de nos journées, elle lui fait des bisous et notamment des « bisous-prout ». Parfois elle nous raconte ce que sa petite sœur fait dans mon ventre (j’ai parait-il une véritable bibliothèque en moi !). Et puis quand elle n’est pas d’humeur elle m’explique que sa sœur elle n’en veut pas alors charge à nous de lui expliquer qu’elle n’est pas forcée de l’aimer, de la vouloir mais qu’elle est là et que c’est comme ça. Et même si cela changera son quotidien cela ne changera jamais l’amour que nous avons pour elle. Cette petite sœur elle l’attend avec beaucoup d’impatience, peut-être encore plus que nous ! Et ça c’est génial !

Cette 2ème grossesse est vraiment différente je n’ai peut-être pas autant de temps à lui consacrer mais elle est déjà entourée de beaucoup d’amour et finalement c’est ça le plus important non ?

A très vite

Bisous

L.

Moi mère fusionnelle et fière de l’être !

Bonsoir,

Me revoilà, pas avec le billet que j’avais initialement prévu de vous faire mais un autre qui me tient tout autant à cœur.

L’idée m’est venue après une discussion avec une amie sur le co-sleeping et sur l’éducation de nos enfants au sens large. D’ailleurs avez-vous remarqué cette sémantique qui veut que l’on parle de « méthodes d’éducation » ou de « méthodes éducatives », à croire qu’il existe une méthode pour élever nos enfants !

Mais mon billet n’a pas pour but de faire de la sémantique ! Il y a maintenant un peu plus de 2 ans je vous parlais de la culpabilité qui s’abattait sur nous pauvres mères (https://laetitiaeva.wordpress.com/2010/03/02/culpabilite-quand-tu-nous-tiens/). Culpabilité qui à mon sens a deux sources principales : LA norme sociétale du moment et notre éducation judéo-chrétienne.

Aujourd’hui ce billet est un peu la suite logique au premier. La culpabilité est toujours là, moindre que les premiers mois mais tapit dans l’ombre ne demandant qu’à venir me ronger à nouveau. Mon dernier sujet de préoccupation qui est à l’origine de ce billet finalement : le co-sleeping ou cododo.

Comme son nom l’indique le cododo est le fait de faire dormi son bébé dans sa chambre ! C’est aujourd’hui quelque chose qui commence tout juste à être admis dans notre société. On l’accepte, on le tolère pour un nouveau-né. Je me suis notamment aperçue de ce changement lors de la naissance du fils de Meilleure Amie. Nous avons accouché à 1ans ½ d’intervalle dans le même hôpital. A la naissance de ma fille, alors que je tentais d’expliquer aux puéricultrices que ma puce ne voulait dormir que sur moi et que peut-être, la solution pour que je dorme également était de répondre à sa demande, j’ai eu l’impression d’être une horrible mère : préférer mon sommeil à la vie de ma fille, oui rien que ça la vie de ma fille ! En effet, je pourrais malencontreusement écraser ma fille, l’étouffer ou la faire tomber… 1 ans ½ plus tard, l’hôpital s’est équipé d’écharpe de portage et préconise le co-sleeping !

Personnellement, après une nuit d’enfer à essayer de poser et re-poser Petite Puce dans son berceau et qui hurlait à chaque fois, j’ai vite compris que dormir avec elle serait la meilleure solution pour elle et moi ! Autant vous dire que mon choix a été vite vu ! Et alors qu’avec L’Homme nous avions dit avant l’arrivée de notre merveille : jamais dans notre lit nous avons vite revu notre copie ! Nous avons continué comme cela quelque temps, jusqu’à ce que Petite Puce accepte d’elle-même de faire ses nuits dans son berceau puis dans son lit. Nous avons fait le choix de la garder près de nous lorsqu’elle est malade car cela la rassure et moi cela me permet de garder un œil sur elle tout en ayant quelques heures de sommeil nécessaire ! Mais voilà depuis quelques semaines, les cauchemars sont venus nous rendre visite, désormais les réveils à 4h du matin par une Petite Puce pleurant sont devenus notre quotidien. Et là que faire quand Petite Puce ne veut plus se rendormir dans son lit ? La facilité a été de la prendre avec nous : pas l’envie de batailler alors que la seule chose à laquelle j’aspire est de retrouver la chaleur de ma couette. Et puis sentir le corps de Petite Puce se lover contre moi tout en se rendormant c’est un moment magique. Bon en contrepartie j’ai le droit à un concours de ronflements avec son père mais je m’y suis faite !

Sauf qu’à un moment donné, ma culpabilité a profité d’un moment de faiblesse pour venir me submerger… Est-ce que je ne donne pas de mauvaises habitudes à ma Puce ? N’est-elle pas trop vieille pour finir ses nuits entre nous ? Est-ce que, sous couvert de cauchemars, tout cela ne serait pas juste un caprice ? Alors j’ai voulu mettre à terme à cette habitude en me disant que c’était mieux ainsi… ouais sauf que nous avons passé une des pires nuits depuis sa naissance : réveil toutes les heures, impossible d’éteindre la lumière du couloir… à 6h du mat’ j’ai craqué je l’ai rapatrié avec nous et nous avons tous dormi pour une super grasse mat’.

Nous avons donc décidé que notre qualité de sommeil à tous prévalait sur les normes et les diktats. Et si Petite Puce éprouvait le besoin de finir ses nuits avec nous, alors c’est ce qu’il y a de mieux pour elle. Après tout après un cauchemar pour me rendormir sereinement rien de telle que de me retrouver dans les bras de L’Homme alors pourquoi exiger que Petite Puce se rendorme seule ?

Aujourd’hui je trouve qu’il existe un certain nombre de poncifs véhiculé en partie par les médias et qui reflètent assez bien les normes sociétales en vigueur : ne pas dormir avec son enfant en est un. Choisir de porter, de chouchouter son enfant, de répondre à sens attentes nous catalogue alors en mère fusionnelle d’un enfant roi qui sera forcément mal élevé, égoïste et un inadapté de la vie en société.

Mais est ce que mère fusionnelle signifie forcément mère totalement folle ? Le stéréotype est la mère qui se prend pour la meilleure amie de sa fille, qui lit son journal intime, qui s’habille comme sa fille, qui ne vit que par ou pour sa fille avec un père totalement absent, totalement écrasé par ce couple « mère/fille ».Est-ce que vouloir par-dessus tout le bonheur de ma fille signifie que je vais en faire une inadaptée de la vie ?

Je ne me retrouve pas dans ses stéréotypes que certains média décrivent. Et pourtant je sais au fond de moi que je suis fusionnelle avec ma fille. Elle fait partie de moi, de ma chair, son absence me prend aux tripes et rien ne me rend plus heureuse que de l’avoir contre moi, de la câliner. Je n’ai pas le sentiment que cette relation « mère/fille » soit à l’encontre d’une relation « père/fille ». Ce n’est pas trop faible que de dire que L’Homme adore sa fille, que son absence lui est tout autant difficile qu’à moi et il est le premier à répondre à ses envies de câlins ! Notre vie de famille est une vie de famille à trois où mon couple est tout aussi important que les relations que nous avons avec notre fille.

Dire que nous sommes à sa disposition serait faux mais nous essayons d’être à son écoute et de répondre au mieux à ses attentes, ses besoins sans pour autant en faire une petite fille capricieuse, sans pour autant lui donner l’impression que nous sommes à sa disposition. Elle sait et comprend qu’il y a des moments où nous ne donnerons pas suite à ses demandes car nous sommes occupés. . Je ne suis pas adepte de cette philosophie post soixante-huitarde qui voulait qu’il soit interdit d’interdire. Je ne pense pas qu’il soit bon de faire croire à l’enfant qu’il peut obtenir tout ce qu’il veut, quand il le veut en l’exigeant. Et à l’inverse je ne crois pas non plus à l’éducation basée sur l’autorité absolue d’une figure paternelle qui impose un point de vu auquel l’enfant doit se conformer sans en comprendre les raisons sous peine d’être puni.

Des limites nous en posons, elle les connait et les respecte car elle les comprend. Elle sait qu’elle n’a pas le droit de les dépasser.

Nous lui apprenons l’autonomie, le respect des autres et notamment des adultes, la politesse : des valeurs auxquelles nous croyons. Nous lui apprenons aussi à s’interroger, à nous interroger pour savoir et comprendre. Nous essayons de répondre au mieux à ses questions et croyez-moi au bout du 150ème « pourquoi ? » de la journée j’ai par moment l’envie de lui répondre « parce que ! » !

Je reste persuadée que lui expliquer les choses, communiquer avec elle, lui permettra de mieux appréhender les attentes d’une société toujours plus exigeante et d’y évoluer en toute confiance.Nous sommes là pour elle, nous avons fait le choix de lui apporter un environnement sécurisant qui lui permette de s’épanouir à son rythme sans pour autant lui faire croire que la vie est simple et facile.

Je ne crois pas que faire le choix d’une éducation non violente basée sur la communication et l’échange, vouloir que notre maison soit un lieu d’échange, de tendresse et d’amour soit néfaste à l’équilibre de notre fille.

Alors oui je suis une mère fusionnelle, je le revendique haut et fort et j’en suis fière ! Non mais !

Bisous

L.

Coup de g*** du jour !

Bonsoir,

Voilà quelques jours que le clavier me démange et que je réfléchis désespérément à une idée de billet… alors je tente un retour parmi vous. J’ai longuement hésité : vous parler des préparatifs du mariage : rien de passionnant ou de drôle à raconter, de la dernière bêtise de Petite Puce… j’ai arrêté de les comptabiliser, du boulot : trop risqué et pourtant il y’aurait beaucoup à raconter !

Quand je me suis souvenue que cela fait un moment que j’avais envie de pousser un petit coup de g*** au sujet d’un certain nombre d’articles parut dans la presse féminine. Enfin dans un magazine car je n’en n’achète pas moi-même mais la Mère de L’Homme est abonné à un hebdomadaire et me passe les numéros une fois lu. En général je les lis en diagonale.

Alors passons sur les thèmes récurrents : le régime pré-été, pré-fêtes, post-fêtes, de la rentrée… à chaque fois différents et toujours extraordinaire, les articles sur la mode : le it-bag, les it-shoes, la it-robe… chaque semaine différent bien évidement et coûtant au bas mot un SMIC à chaque fois. Je passerai également sur ses mannequins photoshoper en couvertures qui doivent suivre scrupuleusement chaque régime cités plus haut. J’exagère une fois par an environ nous avons le droit à ce qu’ils appellent « un mannequin XL » comprenez une nana normalement constituée (et encore) qui n’a pas la « chance » de faire une taille 36 anorexique et qui doit tout de même faire un grand 38.

Caché au milieu de cela et entre deux pages de publicité pour un parfum, des fringues, du maquillage (en alternance) se trouve quelques articles de fond sur un sujet à la mode : le mariage de William et Kate, la grossesse présumée de Carla, et probablement sur le dernier numéro l’affaire DSK (je ne l’ai pas encore récupéré)…

Bref, en général toute cette futilité m’amuse et surtout ne me prend pas beaucoup de temps pour les lire ni ne mobilise une trop grande part de mon cerveau. Parfait à lire quand je prends le temps d’un bain.

Mais depuis quelques temps j’ai vu fleurir des articles sur la parentalité, l’éducation et les relations parents/enfants. Valorisons-nous trop nos enfants ? Mères/Filles : sommes-nous trop fusionnelles ? Quel avenir pour les enfants de divorcés ? etc etc…

Et après chaque lecture ce même constat : à les écouter nous sommes tous d’atroces parents. Nous sommes ainsi entrain de créer une nouvelle génération sans repères, totalement névrosée. Quel est l’intérêt d’écrire de tels articles ? En général quelques conseils sont parfois distillés mais dans l’ensemble à la fin de la lecture de tels articles on n’en ressort démunis.

Alors aujourd’hui qu’est ce que c’est qu’être de bons parents ? Comment réussir à concilier ce diktat de la perfection qui envahit nos vies avec la réalité ? Quelle éducation pour nos enfants ? Mais à qui s’adresse ses fichus magazines ?

Comme j’ai l’habitude de commencer mes romans par la fin (surtout les polars) je vais répondre en commençant par la fin… ou tout du moins tenter de répondre !

A qui s’adressent ses magazines ?

Une chose est certaine pas à moi. J’hésite entre plusieurs types de population… La parisienne d’une quarantaine d’années, probablement femme au foyer mère de deux adolescents ultra looké et détestable avec un Homme qui finance crèmes de beauté, parfums, fringue avec son pendant la version divorcée.

Je pense qu’on peut également y mettre la provinciale (ou banlieusarde), qui rêve d’avoir la vie de la 1ère (la parisienne citée plus haut) et qui à défaut d’avoir sa vie, crois pouvoir s’en rapprocher en ayant les même lectures.

Et enfin toutes personnes ayant plus de 10 minutes d’attente dans une salle d’attente d’un médecin !

(ceci est une analyse totalement personnelle, totalement partiale. J’en suis pleinement consciente et surtout j’assume !)

Comment concilier vie réelle avec tous ses diktats imposés ?

Instinctivement je dirais il suffit de ne pas les écouter. Mais je sais que ce n’est ni faisable ni possible : la pression sociale est forte et passer outre demande une volonté que je suis loin d’avoir. J’essaye de faire avec. Je suis réaliste je ne ferais jamais un 36, je n’aurais jamais des jambes longues à ne plus savoir où les mettre mais je continuerai à espérer qu’une jolie paire de chaussures feront de moi d’un coup de baguette magique la plus belle et je continuerai à me damner pour un beau sac (au grand dam de L’Homme) !

Et comme au fond de moi sommeil une Bridget Jones, je continuerai à noyer mon chagrin avec une bonne cuillère de Nutella ou de glace en regardant ce qu’appelle certains un film de pleureuse !

Je ne suis pas parfaite, je ne le serais jamais. Et tant pis si je ne réponds pas à 100% aux normes édictées par la société. Me rendre malheureuse à cause de cela n’empêchera pas la terre de tourner ! Alors pourquoi me prendre la tête ces articles ? Tout simplement parce que je suis fatiguée d’avoir toujours l’impression de passer pour une horrible mère, fatiguée de lire que l’avenir de ma fille sera ce qu’il peut se faire de pire.

Et surtout je me demande quelle est l’impact sur des jeunes mamans plus démunies que moi ? Quel est l’intérêt pour ces journalistes de nous culpabiliser ainsi ? Est-ce une manière pour eux de se décharger de leurs angoisses ?

Et surtout si nous avons tout faux donnez-nous la recette miracle !

Qu’est ce qu’être un bon parent ? Quelle éducation pour nos enfants ?

Je n’ai pas les réponses. Et celui qui les a est prié de me les donne !

Je sais qu’aujourd’hui je fais de mon mieux pour transmettre à ma fille les bases de l’éducation et les valeurs que ma mère m’a enseignée.

Je fais et ferais probablement des erreurs. Je ferais probablement les choses différemment avec le (ou la) cadet(te) et encore différemment avec le (ou la) benjamin(e) et mes enfants me le reprocheront un jour ! Mais ce n’est ce pas ça être parents ?

Une chose est certaine Petite Puce elle se régale de pouvoir « lire » (le plus souvent à l’envers) et déchirer toutes ses inepties publiées. Et finalement c’est peut-être la meilleure utilisation que l’on peut en faire !

Et vous qu’en pensez vous ? Pour ou contre ce type d’article ?

Gros bisous et à très vite avec des articles plus léger sur le mariage et les bêtises de Petite Puce !

L.

Histoire de poussette FIN !

Bonjour !

En relisant quelques billets du blog je me suis aperçue que je n’ai pas fini de vous raconter mes histoires de poussettes. En effet lors de mon précédent post à ce sujet Mini-Nous n’était pas encore parmi nous et le monstre que me semblait être ma poussette n’était pas encore dompté.

 En vu d’être une maman parfaite et fin prête je nous avais prévu un programme de formation « Poussette-Cosy-Nacelle » avec au menu

– Apprendre à mettre et à enlever la nacelle sans réveiller bébé,

– Plier/déplier la poussette d’une main et

– Apprendre à mettre bébé dans le cosy sans le tordre dans tous les sens.

 Bref, un super programme avec dans le rôle de Mini-nous une peluche. Au début je voulais prendre le chat(qu’il serve au moins à quelque chose), mais cet abruti aurait mis pleins de poils dedans.

Etonnamment ce programme n’a pas soulevé un enthousiasme débordant chez l’Homme… et notre monstre est resté sagement replié dans la chambre. D’un commun accord, on donc a remis à plus tard cet alléchant programme. Et puis on avait le temps, Mini-Nous était sensée arriver début décembre et à écouter le corps médical était même partie pour faire du rab.

On aurait peut-être du écouter le diction « ne jamais remettre au lendemain ce qui peut être fait le jour même », et savoir que notre fille était bien la digne héritière de ses parents… Elle est arrivée avec un peu (beaucoup) d’avance. Résultat je me suis retrouvée hospitalisée sans avoir touché au monstre !

C’est pas compliqué quand mon médecin m’a annoncé que j’allais finalement accoucher le lendemain (enfin le surlendemain) les premières choses qui me sont venues à l’esprit sont :

– euh ma valise est pas prête

– ouf, on a finit la chambre de bébé avant hier

– je sais pas me servir de ma poussette

– je suis pas prête !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! (mais ça c’est encore un autre sujet !).

Une semaine plus tard nous voilà donc à sortir de l’hôpital avec notre Petite Merveille. En père dévoué et attentionné, l’Homme a bien évidement pas pris le temps de fixer le kit auto dans la voiture mais il m’assure que c’est super simple… Nous voilà donc dans le parking de l’hôpital à tenter de fixer la nacelle. Heureusement pour lui c’était en effet super simple. Pour la poussette ben on verra plus tard, pour le moment nous n’en avons pas besoin.

Deux jours plus tard, première sortie en famille… et là plus moyen de reculer, il nous faut sortir la Bête de son antre. Et là, miracle en moins de 2 la poussette est dépliée, la nacelle fixée et notre Merveille installée confortablement et au chaud. Trop trop facile ! Et tout le reste va nous sembler aussi simple.

Je ne sais pas à quoi est ce du. Devenir parent déclenche un gène récessif qui permet de comprendre d’un seul coup le fonctionnement et le maniement d’une poussette qui semblait jusque là être un objet non identifié ? Le corps scientifique devrait peut être se pencher sur cette étonnante question.

Une chose est sûre :  après onze mois d’utilisation intensive, je ne regrette pas notre achat et pour rien au monde je n’échangerai ma poussette. Elle est parfaite ! Enfin si un bémol, rose n’était peut être pas la couleur la plus passe partout et la plus raisonnable surtout si notre 2ème Merveille s’avère être un Mini-L’Homme. Tant pis on verra en temps voulu !

C’est ainsi que s’achève mon haletante histoire de poussette !

Bisous

L.

Culpabilité quand tu nous tiens…

Coucou !

 

Voilà un bon moment que je n’avais pas pris le temps de me mettre à mon clavier. En même tps je suis sois un peu occupée à contempler ma pte merveille  (et à la prendre en photo) ou moins glamour à laver, changer, nourrir, laver, changer, nourrir mon petit fauve…

Mais voilà toutes les bonnes choses ont une fin et dans une semaine c’est le retour à la réalité : RER-Boulot-Dodo. Enfin pas tout à fait car je compte bien intercaler dans ce programme alléchant câlins mais également changer, laver et nourrir mon fauve ! Il me faut sortir de cette bulle dans laquelle je m’étais enfermée depuis qq mois. Du coup je me suis dit que pour marquer cela j’allais reprendre le chemin du clavier. 

Et pour ça quoi de mieux qu’une douloureuse prise de conscience doublé d’un bon coup de gu**

 

Aujourd’hui j’ai pris conscience de ce que j’avais déjà entrevue depuis la naissance de ma puce c’est que devenir Maman s’accompagne d’une bonne dose de culpabilité qui s’abat sur nous une fois remise de l’émotion engendrée par la lecture du test de grossesse et qui j’en ai bien peur ne me quittera plus jamais. Désormais je dois vivre avec, elle est là tapis au fond de moi et prête à s’acharner sur moi pauvre mère en détresse. En plus d’apprendre à s’occuper de ce pt être il me faut apprendre à vivre avec, à la supporter et à la faire taire.

 

Tout commence avant la grossesse quand l’idée de fonder une famille s’impose à nous. La première question que l’on ne peut s’empêcher de se poser c’est "Est ce que je serais une bonne mère ?". Le fond du problème c’est que je suis incapable définir ce qu’est une bonne mère.

Si l’on en croit les différents forums une bonne mère est une mère qui allaite à la demande pendant au moins 6 mois, qui n’utilise aucun produit chimique, qui va jusqu’à fabriquer ses produits de beauté, sa lessive, ses compotes et purée, qui met à son enfant des couches lavables. On se dit qu’on verra bien quand on y sera !

 

Tout s’accélère dès les 1ers jours de grossesse : un verre de vin pris alors qu’on ne savait pas encore qu’on était enceinte, une cigarette de fumé à la suite d’un coup de stress. Et si ce petit moment de plaisir avait des horribles conséquences pour notre bébé ? Et cela nous poursuit tout au long de la grossesse : parfois de manière légère et insignifiante : une envie irrésistible de tartare ou de sashimis, mais plus souvent plus grave et plus lourd de conséquence : un examen non prescrit par notre médecin mais qui pourrait révéler la présence d’un diabète gestationnel : aurais-je du demander à le faire ? le douloureux choix ou non du tri-test qui pourrait détecter un problème génétique…

Mais aussi parfois totalement absurde : est ce que je regarde trop la tv, mon bébé pourrait déjà être accroc dans mon ventre, est ce que je devrais lui parler plus ? dois-je lui lire des histoires ? Si oui lesquelles ? est ce que je n’en fait pas trop ? Ai-je choisi la bonne chambre ? la bonne poussette ? le bon transat ? ai-je vérifié qu’il n’y avait pas de Bisphénol A dans mes bib’…

 

Et pourtant je vous assure que j’ai eu une grossesse zen !

 

Et puis se rajoute à cette pression que l’on se met soi-même, celle qui nous ai imposé par la société : comment ça tu n’as pas choisi LA maternité à la mode ? tu oses demander la péridurale ? tu envisages de ne pas allaiter ? tu continues à mettre des produits non bio sur la peau ? tu vas lui mettre des couches jetables ? comment ça tu ne sais pas qu’il existe de la lessive bébé ? tu ne fais pas toi même ta lessive ? etc, etc,… et ce n’est qu’une infime partie de toutes les inepties que l’on peut lire ou entendre.

 

Naïvement j’ai cru qu’une fois mon bébé né cela me passerait. Sauf que cela empire. On devient responsable d’un petit être qui est totalement dépendant de nous. Comment être sûr de toujours faire le bon choix ?

 

Pour moi cela a commencé avec mon accouchement qui a été long et douloureux. Après 24h de douleurs j’ai voulu demander une césarienne car j’étais à bout… sauf qu’oser dire au personnel soignant que l’on ne supporte plus la douleur est difficile, je n’ai pas été entendu et l’on m’a culpabilisé d’oser demander un sédatif histoire de pouvoir souffler un peu. J’ai voulu un enfant je n’ai plus qu’à supporter les douleurs. Sauf que moi ma fille elle n’avait pas demander à sortir, on le lui a imposé, et de facto je lui ai imposé la souffrance qu’il en a résulté. Je n’ai pas su imposer mon opinion, ma volonté à un personnel médical trop occupé par ses statistiques. Au final après 38h j’ai fini par avoir ma césarienne. 38h pendant lesquelles ma fille a souffert par ma faute.

 

J’aurais pu croire qu’après tout irait mieux, que la culpabilité qui me rongeait déjà ne trouverait pas d’autres moyens de me poursuivre… sauf que je n’ai pas pu allaiter et que j’ai pris la décision seule de vouloir arrêter. J’ai choisi de continuer de donner mon lait à ma fille en le tirant. Jusque là je pouvais juguler cette culpabilité latente, sans l’allaiter je lui donner les bienfaits du lait maternel. Mais voilà ce n’était pas une solution viable à long terme et au bout d’un mois j’étais à bout et j’ai envisagé d’arrêter. Haro de mon pédiatre : quoi je veux arrêter d’allaiter ? Sans oser toutefois mettre des mots sur sa réprobation j’ai senti que j’étais à ses yeux une mère indigne. Quid de ce grand discours galvaudé des sages femmes : "mieux faut un bib donné avec amour qu’un allaitement subit ?" parti en fumé. De nos jours faire le choix de ne pas allaiter est le pire des crimes qu’une mère peut connaitre. Et aucunes raisons ne peuvent justifier cette abomination.

 

Mais comment vivre avec cette culpabilité ? Culpabilité accrue une fois qu’on a lu la composition du lait artificiel : présence d’OGM, de taurine et autres cochonneries. Faire le choix d’un lait bio… pas possible ma fille souffre d’un RGO qui m’oblige à lui donner un lait épaissit… j’ai le choix entre sa santé à court terme et sa santé à plus long terme : j’expose ma fille à des cochonneries dont on a aucune idée de l’impact que cela pourrait avoir.

 

Voilà désormais l’histoire de ma vie : je reprends le boulot résultat je culpabilise de laisser ma fille chez une nounou. Et plus tard je culpabiliserai probablement de ne pas lui donner systématiquement du fait maison, de ne pas l’inscrire forcément dans la meilleur école et que ne sais je encore…

 

Elisabeth Badinter remet en cause cette pression que fait exercer sur nous pauvre mère la moral bien pensante à la mode et le lobbying de ses nouvelles "Maman Nature". Elle n’a pas tort mais qu’est ce que cela change ? Savoir que finalement je ne suis pas la mère indigne que dans mes moments de crise je m’imagine être ne change rien car finalement  je culpabilise de ne pas être une mère parfaite. Mais c’est peut être ce qui fait de moi une pas si mauvaise mère que ça !

 

L.